Switzerland

Une question de cohérence

Gy, 9 février

Des activistes d’Extinction Rebellion bloquent temporairement le parking de Rive un samedi de marché au cri d’«alerter la population sur le réchauffement climatique en ciblant la pollution émise par l’industrie automobile».

Je ne comprends pas bien; des marchandes et des marchands qui proposent leurs produits du terroir en venant à la rencontre des consommatrices-teurs; quel meilleur moyen de favoriser une économie locale, voire circulaire?

Ces productrices-teurs qui étaient déjà sur place très tôt, de nuit, par des températures négatives pour assurer leur modeste revenu (alors que d’autres étaient encore bien au chaud sous la couette...) sont pris en otages car le parking de leurs client-e-s serait l’icône de la pollution automobile.

Lorsque l’on considère la moyenne d’âge desdites personnes qui mettent le moyen de transport de leurs victuailles dans un parking, ne prend-on pas aussi en otage une catégorie de personnes qui ont de la peine à porter leur cabas?

Pendant ce temps, le même jour, des dizaines de milliers de voitures parcourent au moins deux à trois fois plus de kilomètres pour passer la frontière et aller faire leurs achats en zone frontalière; ces actes ne génèrent-ils pas plus de pollution tout en n’apportant aucun retour sur l’économie locale?

Ne se trompe-t-on pas de cible? Ou l’euphorie d’une vague populaire alibi de tout fait-elle perdre la notion d’une cohérence qui m’apparaissait évidente?

J’ose espérer qu’au moins le bon goût a été de mise pour que la soupe et les crêpes distribuées aient été réalisées à base de produits locaux.