Switzerland

Reconnaissance et visibilité: L’Espace Artistes Femmes ouvre à Paudex

Bonne nouvelle pour la Journée internationale des droits de la femme, le projet lancé il y a une année par l’historienne de l’art Marie Bagi est en passe de se concrétiser cristallisant déjà une cinquantaine de sensibilités artistiques.

Cette année, les expositions montreront par tournus de deux mois les travaux de cinq ou six artistes. Ici de gauche à droite: Lutfia Muntasser, Ray Monde, Anat, Isabelle Ardevol et Kar Noush.

Cette année, les expositions montreront par tournus de deux mois les travaux de cinq ou six artistes. Ici de gauche à droite: Lutfia Muntasser, Ray Monde, Anat, Isabelle Ardevol et Kar Noush.

Vanessa Cardoso

C’est encore une couleur neutre qui orne les murs du loft souterrain d’une centaine de mètres carrés à Paudex. Mais dès le 22 avril, le lieu mis à disposition dans un immeuble résidentiel, prendra la couleur d’une réussite. Même d’une libération! L’excitation volubile qui accompagne l’ouverture de l’Espace Artistes Femmes en dit long sur l’attente, comme sur le besoin. Elles sont une cinquantaine, vivant en Suisse ou à l’étranger, comme la Française Orlan, à avoir rejoint l’association de Marie Bagi, gage d’une sororité et d’une visibilité. Daniela Mossenta arrive de Neuchâtel, son pastel sous le bras. «J’avais 21 ans en 1971, militante féministe, j’ai pourtant attendu la retraite pour réaliser le rêve de ma jeunesse. À l’époque, un prof de dessin m’avait renvoyé à mes devoirs: créer une famille.»

«J’ai attendu la retraite pour réaliser mon rêve de jeunesse. À l’époque, un prof de dessin m’avait renvoyé à mes devoirs: créer une famille.»

Daniela Mossenta, pastelliste

Lorsqu’il y a une année, l’historienne de l’art lausannoise, auteure de «L’art au féminin» dessinait dans nos colonnes les contours de ce projet, elle voulait y croire. Mais l’horizon semblait encore un peu celui du rêve même si les idées étaient déjà bien arrêtées – l’espace ne devrait obéir ni aux codes d’une galerie, ni à ceux d’une institution – et les risques sectaires identifiés. «Féministes, on l’est toutes un peu, glissait alors la trentenaire. Mais il ne faut pas tomber dans les travers et rester dans l’action.»

Marie Bagi n’a pas chômé depuis! Prenant le contre-pied de Simone de Beauvoir assurant qu’on «ne naît pas femme mais qu’on le devient», elle a matérialisé son idée dans un format associatif pour «contribuer à la reconnaissance de ces femmes qui sont nées artistes». Comme dans un dispositif virtuel qui dégaine interviews et portraits des membres. Mais – et il y en a – comment canaliser cet appel d’air, comment ne pas biaiser le regard, ni créer un ghetto? Et comment sérier l’aspect qualitatif? Si elle est empathique, la belle idée n’en a pas moins des responsabilités, elle se doit d’être prescriptive si elle veut être crédible, donc forcément limitative. «Dans les échanges, je dois ressentir ce besoin de créer, c’est quelque chose de très intime et de sensible qui amène à cette impulsion si forte. Si je sens des motivations autres que cette nécessité intérieure, ça ne marche pas. Ma mission, ma passion, reprend la fondatrice d’Espace Artistes Femmes, est de rendre visibles ces sensibilités qui me touchent. C’est ce qui me fait vivre!»

Le vécu face aux chiffres

Les chiffres du déséquilibre et des inégalités sont connus, clamés à travers le porte-voix des instances militantes comme les Guerrilla Girls ou le National Museum of Women in the Arts à Washington, avec deux exemples saillants: sur les 100 personnalités qui comptent dans le monde de l’art, le pourcentage de femmes stagne à 30-40%. Et il descend à seulement 5% dans les collections du MoMA à New York. Devant les escaliers menant à l’espace d’exposition de Paudex, ces chiffres deviennent des vécus.

«C’est aussi une place que nous les femmes devons prendre.»

Isabelle Ardevol, sculptrice

«Il y a un semblant d’éveil, mais je pense que c’est ensemble que nous avons plus de chances de faire bouger les choses», lance Dessa, établie à Pully. La sculptrice lausannoise Isabelle Ardevol mise sur une proactivité de groupe: «C’est aussi une place que nous les femmes devons prendre.» Le débat s’anime, l’Espace Artistes Femmes a déjà remporté une bataille en libérant la parole. Toutes veulent la prendre, partager, dire ce qui blesse comme lorsqu’on demande à la photographe vaudoise Audrey Piguet, si c’est son hobby ou à Alexia Weill, sculptrice sur pierre franco-suisse, si c’est vraiment elle qui a réalisé cette œuvre monumentale! Il y a aussi la crainte de payer la révélation des inégalités par une possible exclusion. L’une d’elles vient d’ailleurs de subir un crève-cœur: le chagrin est lourd, la pression toujours forte.

www.espaceartistesfemmes.ch

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