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Switzerland

Quinze grévistes du climat renvoyés devant la justice

En 2020, de nombreux jeunes adeptes des manifestations vont être jugés au Palais de justice. Mardi déjà, un militant proclimat passera au tourniquet du Tribunal de police pour une manifestation en 2018 devant le Credit Suisse. Selon nos informations, quinze autres activistes proclimat comparaîtront devant la même instance ce printemps pour «refus d’obtempérer à une injonction de la police dans le cadre d’une manifestation sur le domaine public». Enfin, des jeunes qui revendiquaient le droit d’occuper une maison à Malagnou sous les fenêtres du conseiller d’État Serge Dal Busco en 2018 se retrouveront aussi dans le courant de l’année sur le banc des accusés.

Le sit-in pacifique des 15 militants proclimat sur la promenade de la Treille remonte au 15 mars 2019. Il a suivi une manifestation pour la grève du climat, qui a traversé notamment le pont du Mont-Blanc. «Nous plaiderons l’acquittement, notamment dans la mesure où il s’agit d’une énième restriction disproportionnée de l’exercice de la liberté de réunion, explique Me Raphael Roux, l’un des avocats de la défense, à la «Tribune de Genève». Le respect de l’exercice de cette liberté est d’autant plus important que l’importance et la justesse de cette mobilisation ne sont plus à remettre en doute.»

Comme l’a révélé le site Renversé au début de l’année, une vingtaine de personnes ayant participé à cette grève ont reçu des amendes pour un montant total de 13'000 francs: «Parmi elles, six personnes mineures ont été acquittées et cinq n’ont malheureusement pas pu faire recours pour diverses raisons.»

Le comité genevois d’organisation de la grève du climat disait à l’époque avoir négocié avec la police un parcours devant passer par l’Hôtel de Ville. L’objectif était de présenter une lettre de doléances au Conseil d’État concernant «sa politique de soutien aux destructeurs du climat». Bon nombre d’élèves estimaient que cette initiative était légitime face à un gouvernement genevois «qui fait davantage parler de lui pour ses soucis de probité interne plutôt que pour son action décidée contre le réchauffement climatique».

Un autre programme

Selon le comité, l’autorisation de passer devant l’Hôtel de Ville avait dans un premier temps été donnée par les forces de l’ordre, puis retirée le jour même, alors que le cortège était déjà en route. Mais le département précise qu’une autorisation de passer par la Vieille-Ville n’a pu être retirée puisqu’elle n’a jamais été délivrée. La police estime qu’elle n’est pas responsable des messages erronés qui ont pu circuler au sein des manifestants au sujet du parcours.

Après être passés sur la place Neuve, quelques dizaines de jeunes ont voulu s’approcher de la Vieille-Ville pour remettre leur lettre de revendications au Conseil d’État. Ils ont alors emprunté la promenade de la Treille et se sont retrouvés face aux policiers. Le dialogue a capoté rapidement. Les grévistes affirment que la police les a repoussés physiquement, suscitant une vague de désapprobation dans l’assemblée, qui s’est assise par terre et a entamé un pique-nique pendant un peu plus d’une heure en guise de protestation.

Bloqués par la police

Les autorités estiment que la manifestation pour le climat n’a pas débouché sur des débordements, les organisateurs s’étant conformés aux conditions de l’autorisation. En revanche, des problèmes sont survenus peu après.

«Suite à la dissolution de la manifestation par l’organisateur, une vingtaine d’activistes proclimat se sont regroupés, explique Laurent Paoliello, porte-parole du département chargé de la sécurité. Leur intention était de se rendre à la rue de l’Hôtel-de-Ville pour remettre un manifeste aux autorités du canton.»

Au bas de la Treille, poursuit le porte-parole, ces personnes ont été bloquées par les forces de l’ordre. «Au sujet de leur action et de leur intention, nous relevons qu’aucune demande d’autorisation n’avait été sollicitée. Celle-ci ne s’inscrivait plus dans le cadre de l’autorisation de la marche sur le climat. Pour preuve, la grande majorité des participants de la marche sur le climat ne s’est pas associée à cette initiative, quittant les lieux normalement après la dissolution.»

Les manifestants de la Treille ont-ils outrepassé l’autorisation reçue par les autorités? Le Tribunal de police examinera la situation le 23 mars, en se penchant sur cette présumée violation de la loi sur les manifestations sur le domaine public (LMDPu).

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