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Switzerland

Le «théâtre des rêves» du LS lève un coin de rideau

La Pontaise

1954 Le Stade olympique de Lausanne est inauguré le 23 mai après 4 ans de travaux.

Coût 7,3 millions de francs (correspondant à 32,5 millions aujourd’hui), dont 5,8 pour la Ville et 1,5 attribué par le Sport-Toto.

Capacité 60'000 spectateurs, dont 9000 dans les tribunes couvertes. En cas d’attribution des JO 1960, la Ville voulait la porter à 100'000! Actuellement, elle est de 15'700.

Construction 7900 m3 de béton armé et 990 tonnes d’acier.

La Tuilière

2020 Inauguration fin juillet après 2 ans et demi de travaux.

Coût 80 millions de francs financés par la Ville de Lausanne (76,6 millions de crédit plus 3 millions, avancés par le LS, pour le fonds d’équipements pour exploiter le stade). Il faut ajouter plusieurs millions – chiffre non dévoilé – d’Ineos pour ses aménagements (espaces VIP, éclairage LED, écrans géants, etc.).

Capacité 12'000 places.

Construction 13'078 m3 de béton armé et 1765 tonnes d’acier.


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Dans le nouveau stade de la Tuilière, à la sortie des vestiaires situés en sous-sol, les joueurs du Lausanne-Sport apparaîtront sur le terrain, sous les vivats, en gravissant les marches d’un large escalier. Derrière sa silhouette élégante et design, digne d’un «stade à l’anglaise», le futur théâtre des rêves lausannois révèle déjà ses particularités. Il devrait être inauguré fin juillet 2020, soit au début du prochain championnat, ou lors d’un match de gala. Alors que la construction bat son plein, nous avons pu le visiter en primeur et déjà mesurer l’ambiance promise dans la nouvelle enceinte sportive.

Pouvant accueillir 12'000 spectateurs, le nouveau stade ne se distingue pas par ses dimensions spectaculaires. La Tuilière n’est pas la Pontaise, inaugurée en mai 1954 et construite pour accueillir 60'000 spectateurs avec possibilité de pousser la capacité, de manière provisoire, jusqu’à 90'000 pour de grandes manifestations. Et si la ville obtenait les JO de 1960, elle prévoyait même de la porter à 100'000 spectateurs. Lausanne n’aura jamais son Maracana!

L’ovale plus à la mode

Aujourd’hui, la mode n’est plus aux temples du football de formes ovales, si beaux vu du ciel, mais au style britannique et ses angles droits qui rapprochent les spectateurs au plus près du terrain de jeu. Pour le stade de la Tuilière, le bureau d’architectes biennois: mlzd + Sollberger Bögli, lauréat du concours, a même accentué ce caractère avec des coins majestueux en forme de triangle 3D, appelés naturellement les corners. «Cette architecture donne une identité forte au stade, il est très expressif et très compact, observe Natacha Litzistorf, municipale du Logement, de l’Environnement et de l’Architecture. Il est un emblème à cette entrée de la ville.»

Les corners, qui servent de portiques d’accès aux spectateurs à l’intérieur du stade, sont d’autant plus impressionnants qu’ils sont aussi un élément central de la structure porteuse. Bien visibles, ces quatre coins en forme de voiles inclinées en béton armé font toute l’originalité architecturale et d’ingénierie du nouvel édifice. De 60 cm d’épaisseur, ces voiles sont reliées à plus de 300 pieux qui descendent jusqu’à 20 mètres dans le sol en molasse pour assurer la résistance. Les voiles en forme de triangle sont arrimées entre elles par un système de tirant horizontal formé par deux câbles de précontrainte en acier disposés à l’intérieur de la dalle de circulation du public tout autour de l’enceinte – une sorte d’anneau géant – aux deux tiers de la hauteur. Ce système d’ingénierie, complexe même s’il paraît simple, explique l’architecte cheffe de projet Joanna Fowler, s’apparente à des modèles utilisés dans l’édification de ponts.

Lire aussi: https://www.24heures.ch/signatures/editorial/Au-LS-le-soleil-se-leve-au-Nord/story/12065387

Surmontés d’une terrasse, les angles relevés possèdent sur leur face intérieure des marches qui permettent aux spectateurs de patienter pendant les pauses. Ils sont reliés à la galerie vitrée qui fait le tour des tribunes au sommet des gradins, laissant admirer le paysage extérieur, d’un côté le Jura et le vallon boisé du Petit-Flon, de l’autre, à l’est, les Alpes et une partie du futur écoquartier des Plaines-du-Loup. Rien à envier au stade olympique! «Ce n’est pas un stade refermé sur lui-même», remarque la municipale.

Cette zone de promenade – quasi un chemin de ronde – avec vue sur l’environnement extérieur a fait l’objet d’une réflexion particulière des bâtisseurs. La toiture qui couvre cette galerie ainsi que les tribunes est formée d’une structure métallique composée de profilés en acier et de tôles profilées ainsi qu’un revêtement pour l’étanchéité. Les panneaux photovoltaïques qui la surmontent lui apporteront son label écologique. Dans le projet final, explique Natacha Litzistorf, la Ville a demandé à abaisser la pente de cette toiture afin d’améliorer l’absorption acoustique. Mais ce changement permet également, selon elle, non seulement de canaliser le bruit, mais aussi de renforcer l’effet chaudron à l’intérieur de l’enceinte. Sur les gradins en béton des tribunes, encore vides, on peine à se représenter l’ambiance sonore qui en résultera. Mais pas de doute: ce match est gagné haut la main face à la Pontaise.

Simplicité pour les fans

«Le spectateur sera aussi bien que dans son salon», se réjouit la municipale, tout en rappelant que la Ville avait pour volonté de donner au stade un visage simple. «Les matériaux sont bruts. Le principe de sobriété nous tient à cœur. Il n’y a pas de bling-bling.» Les buvettes sous les gradins ne sont pas sans rappeler celles de feu Malley 1.0, en extérieur mais à l’abri de la pluie. Les flux de spectateurs – fans locaux et adverses (600 places leur sont réservées) – répondent aux dernières exigences des instances du football, comme tous les aspects de sécurité bien sûr. Rappelons que le stade pourra accueillir d’autres événements que le football, comme des concerts.

La grande façade principale, toute vitrée, face à l’aéroport, ressemble par sa forme à un rideau de scène. De quoi renforcer l’image du théâtre des rêves! Elle cache la tribune principale, comprenant douze loges confortables et des espaces d’accueil VIP très «habillés», qui contrasteront avec la simplicité voulue dans les autres zones de supporters. Ces espaces ont été sensiblement modifiés à la demande d’Ineos, devenu propriétaire du club de foot en cours de projet et qui va gérer le stade. L’aménagement intérieur d’un certain standing fait penser à la zone VIP du nouveau temple de glace du LHC. Il y aura des salles de conférences et de réception, lounge-bars, restaurant, avec vue côté «cour de jeu» et côté jardin. Mais tout reste à faire d’ici à mai quand les bâtisseurs livreront le stade.

Dans leurs chaussures à crampons, les joueurs eux seront pas mal lotis non plus. Certes, les entrailles du stade qui leur sont réservées ne ressemblent pas tout à fait à ceux d’Old Trafford, le «Théâtre des rêves» de Manchester United, ou de Santiago-Bernabéu (Real de Madrid) avec ses luxueux vestiaires jouxtant piscine, jacuzzi, cabines de douches hydromassantes, etc. Mais tout de même, les équipements seront à la hauteur des nouvelles ambitions du club. Le vestiaire du LS, pas encore aménagé, paraît vaste. À ses côtés, des salles de massage et physiothérapie, ainsi que de musculation. La zone «humide» à proximité comprendra les sanitaires, douches et bains glacés de cryothérapie pour la récupération des sportifs. Pas de salle d’échauffement, par contre, car elle n’est plus exigée par l’UEFA, mais des vestiaires à disposition de trois équipes du Team Vaud (jeunes du LS) et des arbitres, un local de contrôle antidopage ainsi que les infrastructures pour les médias.

Des nichoirs à oiseaux

Les supporters auront bien sûr leur fan’s shop. Autour du stade, on soigne les aménagements extérieurs. Des caisses-billetteries d’un nouveau look – trois containers superposés de tailles de plus en plus petites –, choisies sur concours, seront installées à l’approche des entrées. Des arbres ont été plantés à côté du stade et la lisière du Petit-Flon sera laissée au naturel, de petits étangs ayant toutefois été aménagés pour favoriser la préservation du petit crapaud sonneur à ventre jaune. Sans oublier, rappelle non sans fierté la Verte Natacha Litzistorf, que des nichoirs à oiseaux migrateurs – on parle pour le moment d’hirondelles ou de martinets – seront posés sur la toiture du stade.

Le terrain, on le sait, ne sera lui pas naturel, mais synthétique. Dans un premier temps tout au moins. Pour les matchs en hiver, il pourra être chauffé grâce à un système de serpentins remplis d’eau glycolée relié au chauffage à distance. Le Lausanne-Sport, qui est toujours en quête d’un centre d’entraînement dans la campagne vaudoise, promet de faire poser une pelouse en herbe lorsque celui-ci sera à disposition. Ce jour-là, le nouvel écrin du LS – qui finance également un éclairage haut de gamme LED ainsi que deux écrans vidéo géants – sera véritablement à l’image des plus beaux stades anglais.

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