Switzerland

Lave irlandaise sur Genève

Sur dix ans, la planète danse a connu une puissante éruption volcanique. Une explosion de lave causée par l’irruption sur la scène d’Oona Doherty, née en 1986, originaire d’Irlande du Nord – où elle s’est réinstallée après sa formation à Londres –, qui a peu à peu embrasé d’une coulée punk tant les compagnies qui l’ont engagée, les festivals qui l’ont invitée, les artistes qui l’ont assistée, et les audiences qu’elle a possédées au sens occulte du terme. Même Genève s’est avouée calcinée quand, en automne 2018, l’ADC programmait avec Les Créatives son «Hope Hunt & The Ascension Into Lazarus», fulgurante incursion dans la masculinité écorchée des travailleurs de Belfast qu’elle figurait dans un solo tellurique.

Tandis que Doherty est élue artiste associée à la Maison de la danse de Lyon en 2017, elle crée «Hard To Be Soft: A Belfast Prayer», oraison sauvage adressée à la classe ouvrière de sa ville. «J’aime Belfast car elle t’oblige à rester normal, ses artistes t’empêchent de devenir idiot», dit-elle alors. Le projet s’achevait sur la transe d’un groupe d’adolescentes, Sugar Army, qui rendait un culte à la force intrinsèquement féminine. Mais la chorégraphe, insatisfaite, décide de retravailler cette conclusion dans un «Lady Magma» tout chaud, sa première pièce pour cinq danseuses autres qu’elle-même, qu’Antigel nous sert au Lignon.

Sur un tapis baigné d’un halo rose-orange et des sons de David Holmes, les naïades contemporaines vont déployer une gestuelle libératoire façon «flower power», au point d’emporter spectateurs et interprètes dans une même bacchanale. Orgasmique, promet-on.

«Lady Magma»
Salle du Lignon,
mercerdi 28 et jeudi 29 janvier à 20h30,
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