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L'auteur d’un double crime met fin à sa vie

Plusieurs sources ont confirmé à «24 heures» que c’est bien l’homme condamné pour le double assassinat de la rue du Lac à Yverdon en 2016 qui se serait ôté la vie mi-janvier dans sa cellule des Établissements de la Plaine de l’Orbe, comme le soupçonnait «La Région Nord vaudois» dans son édition de lundi. Une instruction est ouverte pour détailler les circonstances exactes de son décès, mais selon le communiqué de police, les premiers éléments d’enquête concluaient à un probable suicide.

Cet ouvrier de 28 ans avait été reconnu coupable en août 2019 des coups de couteau ayant mis fin à la vie de sa voisine et du compagnon de celle-ci. Mais, fait rare, les juges de la Cour criminelle du Nord vaudois l’avaient reconnu irresponsable. L’une des expertises psychiatriques réalisées en cours d’enquête avait conclu que cet homme était atteint d’une psychose, trouble qui s’était installé insidieusement sans que personne ne le décèle.

«J’étais dans un délire, je n’étais pas moi-même»

Survenu au cours d’un épisode de décompensation, le double meurtre avait été commis une fin de journée, alors que M. rentrait de son travail. S’imaginant persécuté par sa voisine du dessous depuis plusieurs semaines, persuadé qu’elle faisait du mal à son chat et irrité par ses rires, il s’était rendu chez elle muni d’un couteau et s’était acharné sur le compagnon de cette mère de famille, avant de l’attaquer mortellement elle aussi. 57 coups de couteaux qu’il avait confessé à la Cour ne pas s’expliquer lui-même: «J’étais dans un délire, je n’étais pas moi-même», avait-il déclaré. Une version retenue par les juges.

Préconisé par le Ministère public par crainte du risque de récidive, le traitement institutionnel en milieu fermé avait été ordonné. Une solution jugée préférable à une peine de prison doublée de mesures thérapeutiques, variante plus souple que demandait la défense. Le condamné lui-même avait renoncé à faire appel du verdict.

Le Service pénitentiaire vaudois (SPEN) explique qu’il est possible à un détenu souffrant de troubles d’être placé en milieu carcéral, si le traitement thérapeutique peut être assuré par du personnel qualifié. Ces prisonniers atteints de maladie psychique font-ils l’objet d’une surveillance particulière liée au risque de suicide? «Tout au long du séjour, le Service de médecine et psychiatrie pénitentiaires est à même de préconiser toutes les mesures utiles en lien avec une problématique psychiatrique ou somatique, de même que la direction de l’établissement en présence d’un risque grave et imminent, détaille Marc Bertolazzi, responsable de la communication. Des passages réguliers, placement en cellule médicale ou hospitalisation en milieu psychiatrique sécurisé peuvent être organisés.» Le SPEN ne peut toutefois donner de précisions sur le contexte lié à ce cas particulier.