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Switzerland

L’aéroport ballotté par l’ouragan vert

Le temps s’annonce incertain dimanche, surtout pour l’aéroport de Genève. Voilà cinq ans que la plateforme voit sa croissance contestée et son horizon pourrait bien se boucher un peu à l’issue du week-end. Les Genevois se prononcent sur l’initiative dite «Pour un pilotage démocratique de l’aéroport», un texte lancé par des associations de riverains et de protection de l’environnement. La droite, majoritaire au Grand Conseil, lui a opposé un contre-projet. Il n’est pas certain qu’elle l’emporte face à la grogne qui s’est répandue.

Sur la Rive droite, sous la trajectoire des avions et de leur vacarme, le mécontentement a pris des proportions inattendues. En septembre, lors d’une réunion dans le très bourgeois village de Genthod, le directeur de l’Aéroport s’est fait bruyamment houspiller par des habitants. Ce n’est pas de la colère qu’ils ont exprimé, mais de la «souffrance». Un mois plus tard, aux élections fédérales, ces bastions de la droite situés au nord de l’aéroport ont massivement voté pour Lisa Mazzone. Verte, mais surtout fer de lance de l’initiative.

C’est la Confédération qui met le feu aux poudres. En 2013, l’Office fédéral de l’aviation civile (OFAC) prépare l’avenir de l’aéroport dans son plan sectoriel d’infrastructure aéronautique (PSIA). Et il prévoit 25 millions de voyageurs en 2030 et 236 000 mouvements. En clair, un avion toutes les nonante secondes à longueur de journée, comme l’annonce le directeur de l’époque, grisé par ces perspectives.

Ce chiffre va servir de détonateur et contribuer au lancement de l’initiative. Il reste aujourd'hui un argument clé de la campagne, même si le nombre de mouvements se stabilise grâce à des avions mieux remplis. Il n’empêche que l’OFAC a maintenu ce chiffre qui doit servir de jauge à l’aéroport.

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Pour apaiser la grogne des riverains, le Conseil d’État a tout de même arraché en 2016 des concessions à l’OFAC, très attaché à la doxa aéronautique qui stipule que l’aéroport «doit répondre à la demande». Il a obtenu que la courbe de bruit, à l’intérieur de laquelle les valeurs de bruit sont dépassées, se réduise d’ici à 2030.

Pour l’Aéroport, il s’agit surtout de réduire les décollages après 22 heures, qui comptent pour beaucoup dans le calcul de cette courbe. C’est son talon d'Achille. Car ces décollages sont dus aux retards pris par les compagnies en raison d’un ciel européen encombré. L’Aéroport parviendra-t-il à les réduire? Les initiants en doutent. Et regrettent qu’on ne s’attaque pas aussi aux atterrissages, bien plus nombreux.

Outre le bruit, les riverains ont un autre motif de colère. L’actualisation de la courbe de bruit à son niveau actuel entraîne des restrictions de droits à bâtir, et donc d’importantes pertes de valeur des terrains.

L’initiative ne propose pas de mesures concrètes. Elle pose des principes, dans l’idée de mieux équilibrer les intérêts économiques qui profitent de l’aéroport et les nuisances que ce dernier génère et elle instaure un droit de regard du Grand Conseil.

Le contre-projet est un copié-collé de l’initiative, mais dans des termes adoucis, voire émoussés. Pour ses partisans, il s’agit de tenir compte de l’importance capitale de l’infrastructure pour l’économie de la région et pour la Genève internationale. Il ne faut pas la brider. Ils craignent aussi que l’aéroport, placé sous l’œil des députés, ne devienne l’otage de batailles partisanes.

Quoi qu’il en soit, l’aviation reste la chasse gardée du droit fédéral. L’initiative, si elle devait passer, offrirait surtout un moyen de pression au Canton dans ses négociations avec Berne. Pour faire le beau temps, ou pas.

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