Switzerland

Chantal Bournissen: «Je suis très heureuse qu'on me succède enfin»

Chantal Bournissen, savez-vous pourquoi un journaliste peut bien chercher à vous joindre cette semaine?

Non, je vous avoue que je suis un peu surprise par votre appel.

On a une très bonne excuse: vous risquez fort de perdre, dès la deuxième descente de Crans-Montana ce samedi, votre statut de dernière Suissesse à avoir remporté le globe de descente de la Coupe du monde…

Vraiment? J’ai évidemment vu que Corinne Suter était désormais en très bonne position pour gagner ce globe (ndlr: suite à sa deuxième place de vendredi, la Schwytzoise compte 120 points d’avance sur la Tchèque Ester Ledecka alors qu’il reste deux descentes au programme). Mais je n’aurais jamais imaginé être toujours la dernière Suissesse à l’avoir remporté – j’aurais pensé que Lara Gut se l’était adjugé, par exemple. Maintenant que vous me dites que ce n’est pas le cas, je suis vraiment très heureuse que quelqu’un me succède enfin. Il était temps, depuis 1991, qu’une Suissesse se montre la meilleure dans la discipline reine.

Auriez-vous imaginé, le jour de votre sacre, que la succession prenne autant de temps?

Vous savez, dans ce genre de moments, on ne pense pas vraiment à ça…

A quoi pense-t-on?

Cela reste naturellement un super souvenir. Cela s’était joué sur la toute dernière course à Vail, entre l’Autrichienne Sabine Ginther et moi. Elle avait pris le départ avant moi et, du coup, en franchissant la ligne d’arrivée avec un meilleur temps qu'elle, j’avais l’assurance de remporter ce globe – je crois même que j’avais fini par gagner la course ce jour-là (ndlr: ce fut en effet l’une de ses sept victoires en Coupe du monde). Tout le monde me parle toujours de mon titre mondial en combiné à Saalbach (ndlr: en 1991 également). Mais à mes yeux, ce globe de descente reste comme ce qui a le plus de valeur dans ma carrière de skieuse. J’ai beaucoup de très bons souvenirs. Mais là, c’était la consécration de toute une saison, en descente qui plus est.

Continuez-vous à suivre le Cirque blanc de près ou avez-vous pris vos distances?

Je ne pourrai malheureusement pas être à Crans-Montana samedi et avec le boulot (ndlr: elle est Professeure à HES-SO Valais), je n’ai pas toujours le temps de regarder les courses. Mais quand je peux, évidemment, je suis volontiers.

Quel regard portez-vous sur Corinne Suter, celle qui devrait vous succéder?

Je ne la connais pas personnellement, puisque je ne l’ai jamais rencontrée. Mais sur les images, je vois une jeune femme spontanée, nature, qui affiche la plupart du temps un immense sourire. J’ai l’impression que ses médailles aux derniers Mondiaux (ndlr: argent en descente et bronze en super-G l’an passé à Are) l’ont libérée. En tout cas, chapeau à elle pour sa saison! Elle mérite amplement ce globe.

Simon Meier