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ATDK, la noblesse de l’épure

Atteints comme le reste de la planète par le virus que propage cette toute grande dame de la danse contemporaine, catégorie minimaliste, les Genevois ont déjà eu plusieurs occasions de s’exposer à la contagion. En 2005 au Bâtiment des Forces motrices, en 2011 au Forum Meyrin, en 2013 à la Comédie, sous l’égide de La Bâtie, puis par le même canal à Chateau-Rouge, en 2017, avec le bien-nommé pic de l’épidémie, «A Love Supreme». Une nouvelle chance s’offre à qui voudrait contracter une vision épurée du monde, cette fin de février, quand la Flamande viendra livrer les «Six Concertos brandebourgeois» qu’elle a conçus en 2018. Dans un français impeccable – et cette façon toute brabançonne de former ses voyelles –, l’efflanquée répond par téléphone à nos questions. Avant de filer reprendre sa répétition en vue du solo qu’elle peaufine sur les «Variations Goldberg» de son âme sœur des temps baroques.

Enfant, vous jouiez de la flûte traversière. Cette pratique fonde-t-elle votre lien inextricable à la musique?

Pratiquer la musique, le solfège, la flûte traversière à 8 ans n’est pas chose exceptionnelle en Flandre, où l’éducation musicale est prévue par les écoles publiques. Ce n’est qu’après avoir terminé l’École Mudra de Maurice Béjart, au moment de réaliser mes premières chorégraphies, qu’une trajectoire s’est mise en place faisant de la musique – et des danseurs – ma première partenaire. Je n’ai jamais envisagé une carrière professionnelle en musique, tandis que j’ai su dès petite que je voulais danser.

Et votre approche mathématique de la danse, où faut-il en chercher la source?

Il est vrai que la raison principale pour laquelle j’aime la danse est que je la considère comme l’abstraction incarnée. Dès ma toute première chorégraphie sur la musique de Steve Reich, «Fase», se dessinait un cercle et des motifs liés à ce cercle. Depuis, des trames géométriques sous-jacentes, visibles ou invisibles, m’ont toujours guidée dans l’organisation des mouvements, non seulement dans le temps, mais surtout dans l’espace. Hormis la musique et les danseurs, un autre élément m’a toujours fascinée au point de devenir un point de repère dans ma pratique de chorégraphe: l’observation de la nature. Je nourris une fascination pour les spirales, les mouvements circulaires, la croissance des feuilles sur les tiges, les nuées d’oiseaux, les bancs de poissons, les grands vortex à la base des phénomènes naturels. Ils constituent pour moi le point de départ des trames qui me permettent d’organiser des mouvements. Je crois que les lois mathématiques et géométriques gouvernent aussi bien la composition en peinture, en musique, qu’en danse.

Que devez-vous à Maurice Béjart, dont vous avez fréquenté l’école de 18 à 20 ans?

J’ai eu de la chance de suivre cette formation. À ce moment là, Mudra était un lieu exceptionnel, qui fonctionnait en osmose avec la compagnie Ballet du XXe siècle et Maurice Béjart lui-même, tous installés dans les mêmes locaux. Il y avait des gens de partout dans le monde. L’enseignement obéissait à une conception de l’interprète complet, avec un regard sur le monde. Mais il était clair déjà à l’époque que je voulais me frayer mon propre chemin. Je voulais faire autrement – d’où une certaine dose de contestation de ma part….

Faut-il voir dans le minimalisme un potentiel maximal d’expression? Chez vos compositeurs de prédilection, comme chez vous-même, les blocs élémentaires fondent les architectures les plus sophistiquées...

Quelque part, oui. Bien que je me garderais d’appeler Bach un compositeur minimaliste – ce terme se référant au mouvement qui a traversé les arts plastiques et la musique dans l’Amérique des années 50-60. Il est vrai cependant que la musique de Jean Sébastien Bach arrive, sur un axe aussi bien vertical qu’horizontal, à combiner un minimum de matériel pour l’exploiter d’une façon maximale et jubilatoire. Surtout à la fin de sa vie, dans «L’Art de la fugue» ou les «Variations Goldberg», Bach a montré plus que nul autre que la variation, le canon, la fugue exploitent en le maximisant un minimum de matériel, dans une grande économie de moyens.

Pour participer au collectif Tg STAN, votre sœur Jolente est également bien connue des Genevois. Vos talents sont-ils perméables l’un à l’autre?

J’ai à plusieurs reprises travaillé avec elle. Nous sommes très proches, esthétiquement et philosophiquement. Seulement, Jolente et les Tg STAN sont vraiment des gens de théâtre, fondé davantage que moi sur la parole, le mot, le texte. Donc on se croise, on partage, et en même temps, il y a un lien au texte pour elle, à la musique pour moi, qui nous reste essentiel. Ce qui ne veut pas dire que nous excluons de retravailler ensemble.

En 1996, le roi Albert II de Belgique vous fait Baronne. Vous sentez-vous à l’aise avec ce titre de noblesse?

Dans le passé, ces titres récompensaient ceux qui avaient fait la guerre ou beaucoup d’argent. Par rapport à la danse, considérée longtemps comme un strict divertissement, je me réjouis qu’elle soit anoblie. Et puis, si ma mère avait été encore en vie, elle aurait apprécié cela. Mes parents m’ont toujours soutenue, malgré la désapprobation de certains membres de leur entourage.

Vous aurez 60 ans cette année. Un cap?

C’est un beau chiffre, en tout cas. En Orient, on dit que c’est le début d’une deuxième enfance: voyons-le comme cela. C’est un chiffre qu’on peut diviser à l’aide plein d’autres. Et en somme, si chaque année a été une minute, je vais boucler une heure!

«The Six Brandenburg Concertos»
BFM du 20 au 23 février,
première suisse accueillie par le Grand Théâtre de Genève et l’Association pour la danse contemporaine,
Plus d'infos sur: gtg.ch

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