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Qualité de vie: Le sommeil contribue à la gestion des émotions

Qualité de vieLe sommeil contribue à la gestion des émotions

Les résultats d’une étude de l’Université de Berne et de l’Hôpital universitaire de Berne démontrent l’importance du sommeil pour la santé humaine.

Publié aujourd’hui à 12h12

Les résultats soulignent l’importance du sommeil pour la santé humaine. (Photo d’illustration)

Les résultats soulignent l’importance du sommeil pour la santé humaine. (Photo d’illustration)

KEYSTONE/CHRISTOF SCHUERPF

Des chercheurs de l’Université de Berne et de l’Hôpital universitaire de Berne ont découvert comment le cerveau trie les émotions durant le sommeil paradoxal. Le phénomène augmente le stockage des émotions positives et empêche les souvenirs traumatisants de se solidifier dans le cerveau.

Les résultats soulignent l’importance du sommeil pour la santé humaine et ouvrent de nouvelles voies pour les stratégies thérapeutiques, ont indiqué vendredi les deux institutions. Le sommeil paradoxal est un état de sommeil unique et énigmatique dans lequel le cerveau apparait très actif et «éveillé», alors le corps est immobile.

Au cours de cette phase de sommeil, la plupart des rêves à contenu émotionnel intense se produisent. Le cortex frontal, appelé cortex préfrontal, traite bon nombre de ces émotions pendant l’éveil, mais semble paradoxalement silencieux pendant le sommeil paradoxal, ou sommeil de rêve.

Activité essentielle

«Notre objectif était de comprendre le mécanisme sous-jacent et les fonctions de ce phénomène surprenant», explique le professeurAntoine Adamantidis du Department for BioMedical Research (DBMR) de l’Université de Berne et du Département de neurologie de l’Hôpital de l’Ile, cité dans un communiqué.

Le traitement des émotions, notamment la distinction entre danger et sécurité, et la prévention des attaques de panique sont essentiels à la survie des animaux. Chez l’homme aussi, des émotions excessivement négatives telles que des réactions de peur et des états d’anxiété conduisent à des maladies telles que le trouble de stress post-traumatique (PTSD).

En Europe, environ 15% de la population souffre d’anxiété persistante et de troubles mentaux sévères. Le groupe de recherche international dirigé par Antoine Adamantidis fournit aujourd’hui les premières informations sur la manière dont le cerveau contribue à renforcer les émotions positives et à affaiblir les émotions fortement négatives ou traumatiques pendant le sommeilparadoxal.

Double mécanisme

Les chercheurs ont d’abord conditionné des souris à reconnaître les stimuli auditifs associés à la sécurité et ceux associés au danger. L’activité des cellules nerveuses dans le cerveau des souris a ensuite été enregistrée pendant les cycles de sommeil et d’éveil.

De cette façon, le groupe de recherche a pu cartographier différentes zones d’une cellule et déterminer comment les souvenirs émotionnels sont transformés pendant le sommeil paradoxal ou de rêve, ont précisé l’Université de Berne et de l’Hôpital universitaire de Berne.

Les cellules nerveuses sont constituées d’un corps cellulaire (ou soma), qui intègre les informations des dendrites (entrée) et envoie des signaux aux autres neurons via leurs axones (sortie). Les observations des souris ont montré que les corps cellulaires des cellules nerveuses sont désactivés pendant le sommeil paradoxal, tandis que leurs dendrites sont activées.

Sentiments de sécurité

«Cela signifie un découplage de ces deux: pour ainsi dire, les corps cellulaires sont en sommeil profond alors que les dendrites sont en état d’éveil », explique Antoine Adamantidis. Ce découplage est important car, d’une part, du fait de la forte activité des dendrites, les sentiments de danger et les sentiments de sécurité peuvent être différenciés et renforcés.

Dans le même temps, les corps cellulaires sont désactivés afin qu’ils ne puissent transmettre, et consolider, aucun signal négatif (danger) pendant le sommeil paradoxal. En d’autres termes, le cerveau privilégie la distinction entre sécurité et danger, alors que la réaction excessive aux émotions, en particulier au danger, est bloquée.

L’étude a été publiée dans la revue Science.

ATS

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