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Monuments historiques: La bataille de Saint-François

Monuments historiquesLa bataille de Saint-François

Au tournant du siècle, l’édifice central de Lausanne fait l’objet de débats acharnés. Les tenants de ce qui va devenir l’archéologie du bâti affrontent ceux qui veulent donner à l’église des airs de Carcassonne.

La façade sud de l’église Saint-François en cours de restauration, en 1902, avant l’édification de l’annexe néogothique encore visible de nos jours. Sur cette façade méridionale bien bavarde, on relèvera les traces des anciens bâtiments du couvent, comme la salle capitulaire et le probable réfectoire. Leur présence explique cette fenêtre plus petite sur la paroi de l’église.

La façade sud de l’église Saint-François en cours de restauration, en 1902, avant l’édification de l’annexe néogothique encore visible de nos jours. Sur cette façade méridionale bien bavarde, on relèvera les traces des anciens bâtiments du couvent, comme la salle capitulaire et le probable réfectoire. Leur présence explique cette fenêtre plus petite sur la paroi de l’église.

Musée historique Lausanne

Le Saint-François dont héritent le tout jeune canton et la toute jeune capitale, au début du XIXe siècle, n’a pas grand-chose à voir avec ce qu’on lui connaît aujourd’hui. C’est une sorte de conglomérat accumulé avec les siècles autour de l’ancienne paroissiale mal en point, à la place de l’ancien couvent, comme la maison Polier, les écuries de feu David Grenier, le fenil de la police, ainsi que le hangar des postes. Pour donner une idée, les douanes occupent l’espace de l’actuelle terrasse de Bongénie.

La démolition de cet ensemble commence dans les années 1830, avec l’aménagement progressif de ce qui va devenir la place Saint-François, avec l’hôtel Gibbon, puis le Grand-Pont et la jonction entre la rue du Grand-Chêne et l’avenue du Théâtre. Inexorablement, les vestiges médiévaux encore conservés disparaissent pour faire place à la modernité, à la circulation des fiacres, et surtout à la fameuse «ceinture» Pichard, premier grand projet urbain vaudois qui remodèle Lausanne. «Celui qui n’a pas vu Lausanne depuis quelques années aura bientôt de la peine à le reconnaître», s’enthousiasme la «Gazette de Bâle», tandis que le «Nouvelliste» espère voir les radicaux «dégarnir» l’édifice «d’une multitude de guenilles, remises et ateliers», afin d’avoir enfin «un temple remarquable au milieu d’une belle place».