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La rédaction: Jusqu’à quand devrons-nous payer les dégâts des hooligans?

La rédactionJusqu’à quand devrons-nous payer les dégâts des hooligans?

Une fois de plus, des supporters rentrant d’un match de football ont impunément saccagé un wagon CFF.

Dévasté, littéralement. Peut-être avez-vous vu lundi les photos du wagon emprunté par des supporters de Young Boys. Vitres brisées, joints arrachés, toilettes défoncées, graffitis, coussins collants de bière, cadavres de canettes et déchets éparpillés. Les sièges étaient dans un tel état qu’il a fallu les déboulonner pour espérer les récupérer au Kärcher.

Un wagon massacré, parmi les 35 mis à disposition (!) des hooligans par les CFF depuis l’automne dernier, avec un linoléum plus facilement lavable, des prises de courant et des toilettes spéciales pour «usage court». Le carrosse de ces messieurs est avancé.

«Vous, moi, citoyens normaux et voyageurs respectueux, effaçons l’ardoise des vandales par le biais de nos parcours journaliers et nos AG.»

Qu’arriva-t-il donc ce samedi 7 mai? Berne avait eu le malheur de s’incliner à l’extérieur face à Lugano, 3-1 (quel drame…), largement de quoi tout saccager sur le trajet retour pour exorciser les frustrations. On en vient presque à soupçonner ces noyaux durs de souhaiter secrètement la défaite de leur équipe pour donner un point d’ancrage à la mise à sac, à défaut de la justifier.

Mais sans doute est-ce supposer une aptitude à la réflexion hors de portée de ces pauvres boîtes crâniennes, hébergeant deux neurones noyés dans un océan de gnôle.

Le plus estomaquant reste l’arrivée à Berne, où la police, mobilisée, signale que les supporters n’ont causé aucun dégât dans la gare. Les braves gens. Et à part ça? Rien, veuillez descendre à gauche dans le sens de la marche et bon retour chez vous.

On croit rêver.

Bien sûr, la police mène des investigations, bien sûr, les CFF ont porté plainte. Bien sûr, cela ne débouchera sur rien. Et la facture viendra, comme d’habitude, grossir le montant annuel que la régie consacre à ces déprédations, entre 200’000 et 300’000 francs. Reportés sur le prix des billets.

Vous avez bien lu: vous, moi, citoyens normaux et voyageurs respectueux, effaçons l’ardoise des vandales par le biais de nos parcours journaliers et nos AG. De même, nous subventionnons à bien plaire, par le biais de nos impôts, les armadas de robocops et véhicules blindés déployés dès lors que se profile la transhumance à haut risque d’un troupeau de hooligans.

Attention au rappel à l’ordre

Mais si vous, moi, braves citoyens, mettons nos chaussures sur la banquette, le rappel à l’ordre, par ailleurs justifié, est immédiat. Ne vous avisez pas non plus de jeter étourdiment un mégot sur le trottoir, il peut vous en coûter 100 francs dans la plupart des communes et cantons. Un pipi à la sauvette contre un mur? 200 balles. Quelques déchets? La facture peut grimper de 150 fr. , voire davantage en cas de récidive. En toute logique: la lutte contre le littering est une nécessité.

Et là, la maréchaussée veille au grain: l’été dernier, un Lausannois de 77 ans a dû s’acquitter de 150 francs d’amende pour avoir jeté dans une poubelle publique les maigres reliefs de son pique-nique (épluchures de concombre et pépins de tomate), emballés dans un sac, sans les trier en amont, le voyou. Un retraité, n’est-ce pas, est moins intimidant qu’une brute avinée.

Ivan radja est journaliste à la rubrique économique depuis 2009. Il suit notamment l'actualité horlogère et le développement des nouvelles technologies vertes. Auparavant, il a travaillé pour Dimanche.ch, L'Express et L'Impartial.

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@Radjignac

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