Switzerland

Un Vaudois compose un hymne au Léman

Dans ses partitions, on pourrait presque percevoir les traits qui traversent les cartes topographiques chères aux randonneurs. Celles qu’on scrute pour comprendre la pente du chemin, la densité d’une végétation isolée ou la largeur d’un glacier haut perché. On serait donc là en présence d’une musique qui cartographierait les portions d’un petit monde, en relevant la présence de reliefs, vallons, lacs et plaines. L’analogie en question raccourcit sans doute la portée du propos du compositeur romand Richard Dubugnon. Il n’empêche, lorsque l’Orchestre de la Suisse romande plongera pour la première fois ce soir dans les pages qui forment «Via Lemanica», œuvre présentée en création mondiale au Victoria Hall, c’est un certain paysage qui surgira à travers d’imposantes orchestrations.

Compositeur artisan

Avec cette pièce d’une vingtaine de minutes, Dubugnon longe un chemin emprunté il y a une poignée d’années, lorsqu’il inaugurait au Festival de Verbier son projet «Helvetica». À l’époque, en 2013, alors que la manifestation fêtait son 20e anniversaire, le Vaudois présentait «Vol alpin». Une œuvre irriguée par toutes ces cimes observées alors qu’il était enfant, embarqué dans un petit avion aux côtés d’un père pilote disparu depuis. Aujourd’hui, «Via Lemanica» place ailleurs l’œil scrutateur, dans les contrebas des pics. Mais comme l’étape précédente, on y croise ce que le compositeur appelle «des carnets personnels» liés à un paysage lacustre qui lui est cher depuis l’enfance.

Attablé dans le hall de la salle de spectacle genevoise, allure au naturel étonnant, propos défait de toutes fioritures inutiles, l’homme échappe aux clichés qu’on rattache facilement aux faiseurs de musique savante. Richard Dubugnon ne parle pas depuis un piédestal et ne prétend pas non plus être à l’origine d’une nouvelle syntaxe musicale. Ses propos le rappellent d’ailleurs: «Je me considère avant tout comme un artisan. Ma mission première est de rester dans le don, de partager avec le public comme le ferait un chef de cuisine.» Voilà pour la carte de visite. Lorsqu’on se tourne vers ses œuvres, on ne peut que mesurer combien, elles aussi, échappent aux cases prédéfinies, aux flux avant-gardistes qu’a connus ce domaine artistique durant la deuxième partie du XXe siècle. «Le sériel et le post-sériel ne m’ont jamais intéressé. Je crois que ces courants ont créé progressivement une rupture avec le public, et davantage encore avec les interprètes.»

Les références du créateur, s’il fallait les identifier, se trouvent ailleurs. Dans les pulsations du jazz et du funk, qui l’ont accompagné durant l’enfance. Puis, les années passant, auprès de grandes figures actives dans le monde du cinéma. Les Nino Rota et les Bernard Hermann, surtout. Et davantage encore au sein d’une esthétique française qui comprendrait Fauré, Ravel et irait jusqu’à Messiaen et Dutilleux. D’autres noms pourraient être cités, Frank Martin et Arthur Honegger par exemple. Tous campent dans les contrées de la musique qualifiée de tonale et modale. «Je suis depuis toujours ancré dans l’harmonie et dans la modulation, à laquelle j’attache une importance primordiale», ajoute Richard Dubugnon.

Cette position, partagée aujourd’hui par un nombre croissant d’artistes, lui a valu au début de son parcours des frictions avec les tenants d’une certaine doctrine. «Parfois, lorsqu’on jouait mes pièces à l’Auditorium de Radio France, il y avait dans le public ceux qui venaient pour siffler et me traiter de ringard. Plus tôt encore, lorsque je présentais mes premières pièces au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, on me disait que mes matériaux étaient caducs. Mais tout cela appartient au passé. Aujourd’hui, ces batailles n’ont plus lieu.»

Liberté londonienne

S’affranchir des courants dominants, ce fut une longue histoire, écrite ailleurs. Au Royal Academy of Music de Londres, où Dubugnon a poursuivi son cursus. «On était dans les premières années de l’Eurostar, se souvient le compositeur. Beaucoup d’étudiants se rendaient en Angleterre, et il y avait un brassage de culture et un état d’esprit d’ouverture étonnants. Surtout dans la capitale. Au Conservatoire, les a priori étaient bannis, tout était permis. J’ai été encouragé à poursuivre sur ma voie, à représenter ma propre culture. À Londres, je n’ai plus eu honte de m’inspirer de la musique des ancêtres.»

Quelques décennies plus tard, l’héritage de ces années résonnera au Victoria Hall, en trois mouvements qui forment un lac imprévisible. Ses allures apaisées (le premier mouvement, lent, de la pièce) pouvant cacher les menaces d’un désastre (second mouvement, vigoureux et agité) et la désolation (dernier mouvement lent). Et après cette incursion lacustre, pouvait-on imaginer meilleure suite au programme de la soirée que l’«Alpensinfonie» de Richard Strauss? Une figure à laquelle Dubugnon emprunte une phrase, en riant: «Je suis un compositeur de seconde classe mais de première catégorie.»

«Helvetia, II. Via Lemanica, op. 61 N° 2», de R. Dubugnon, avec l’OSR, Bertrand de Billy (dir.), Victoria Hall, me 11 déc. à 20h. «www.ors.ch»

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