Switzerland

Un Français de Genève candidat à la présidentielle de 2022

Domicilié à Genève, l'ex-député marcheur Joachim Son-Forget a annoncé sa candidature à la présidentielle de 2022 dans l'émission de Cyril Hanouna, Touche pas à mon poste, mercredi. «J'ai un projet pour la France», a déclaré ce radiologue et claveciniste de concert, élu par les Français de Suisse et du Lichtenstein en 2017, plus connu pour ses dérapages de troll des réseaux sociaux que pour son travail parlementaire.

Brillant mais décalé voire foufou ou zinzin, ce docteur en sciences médicales assume: un député a peu de poids en France, autant se faire connaître et toucher les gens sur les réseaux sociaux, en twittant un truc sérieux entre deux déconnades.

Suite à des propos sexistes contre la sénatrice EELV Esther Benbassa, il a quitté la République en Marche fin 2018 et créé son propre parti, baptisé Valeur absolu, avec Alexandre Benalla, qui vient régulièrement à Genève et souhaite y installer sa société de sécurité. En demandant un badge d'entrée à l'Assemblée nationale pour son ami Benalla, ex-garde du corps à l'Élysée, un autre paria de la Macronie, dont il veut faire son assistant parlementaire, Joachim Son Forget faisait encore parler de lui récemment. Refus du Palais Bourbon dont le règlement exclut l'accréditation de lobbyiste. Mais le député compte bien faire recours et faire revenir au cœur de la République un personnage que les Macronistes aimeraient oublier.

Habitué des saillies, des mises en scène adulescentes et prises de position à contre-courant, il vient de soutenir Patrick Balkany, le maire de Levallois-Péret, condamné pour fraude fiscale à de la prison ferme et libéré mercredi en raison de son état de santé, en estimant que les délits pécuniaires doivent être sanctionnés au porte-monnaie en réservant la prison aux auteurs de violence.

Se mettant volontiers en scène sur Twitter, on le voit deux pistolets en main au stand de tir de Genève, tenant un sabre ou déguisé, et il n'hésite pas à retweeter Marion Maréchal Le Pen tout en prônant une VIe République, avec un président d'apparat, des régions plus autonomes et un pouvoir exécutif et législatif inspiré de la démocratie des cantons suisses. Il veut toucher les jeunes, la banlieue, les gens de la campagne, la France de la diversité, en jouant volontiers du politiquement incorrect dans sa campagne présidentielle.

Le député de 32 ans, qui vit à Plainpalais, exerçait à temps très partiel sa profession de radiologue spécialiste du cerveau au Centre hospitalier de Lausanne. Son contrat arrivait à terme en avril dernier. Il vit aujourd'hui de ses indemnités parlementaires.