Switzerland

Un enfant approché par un van noir affole les réseaux sociaux

L’information s’était jusqu’ici passée de relais médiatique, histoire de ne pas entretenir la psychose. C’est compter sans les réseaux sociaux qui travaillent plus vite qu’une agence de presse.

Donc, sur ces mêmes réseaux sociaux, tous canaux confondus, un van noir de marque Mercedes tient la vedette depuis trois jours. Mardi, à l’heure de la fin des classes, il a été vu par un élève de l’école primaire de Collonge-Bellerive, au moment où ce dernier quittait le préau de son établissement scolaire.

Il a ensuite expliqué à ses parents avoir été abordé par un homme qui, resté au volant, lui aurait dit qu’il avait un I-Pad pour lui s’il montait dans son véhicule. L’enfant a fait tout juste, il a décliné la proposition, s’est éloigné en courant et a aussitôt raconté sa mauvaise rencontre, rapportée par ses parents le jour même au poste de police de la Pallanterie.

L’alerte van noir Mercedes aux vitres fumées s’est alors répandue sur Facebook, les forums ont relayé et commenté la news, les groupes Whatsapp se sont formés à l’initiative de parents inquiets, débordant largement sur les communes voisines.

Trois jours après les faits, le véhicule et son chauffeur, suspects tous les deux, continuent à alimenter les enquêtes citoyennes. La police a reçu de nombreux appels, signalant la présence d’un véhicule de couleur noire à différents endroits, parfois au même moment de la journée.

Son porte-parole, Alexandre Brahier, tient à préciser que «l’information a bien été reçue et qu’elle est traitée par nos services, notamment, au niveau judiciaire, par la brigade des mœurs. En l’état, nous n’avons pas d’éléments suffusamment concluants pour dire aux gens de prêter une attention particulière.»

Il n’empêche que des mesures concrètes ont été prises par les forces de l’ordre. «Aux heures de sortie d’école, dans un périmètre élargi, nous accentuons une présence visible et dissuasive, en collaboration avec les agents municipaux», ajoute M. Brahier. Les recommandations, en pareil cas, consistent d’abord à «rappeler aux enfants de ne pas répondre à des inconnus, de ne jamais monter dans un véhicule étranger», poursuit le chargé de communication de la police genevoise.

Même si le témoignage paraît crédible, il reste unique dans les faits rapportés. Lesquels faits peuvent parfois naître de méprises. Des bonnes intentions perçues comme mauvaises, cela arrive aussi. Le père de famille qui, dans un passé pas si ancien, a proposé de raccompagner en voiture un enfant à la maison parce qu’il pleuvait fort ce jour-là sur Plan-les-Ouates, s’en souvient encore. Les réseaux sociaux l’ont subitement désigné comme l’ennemi juré.

Maintenant, si un nouveau comportement suspect, proche de celui évoqué, est repéré sur le chemin de l’école, les parents sont invités à composer le 117. Ils seront écoutés et leur témoignage pris au sérieux. A fortiori si le van noir réapparaît. Avec, c’est encore mieux, un numéro de plaque identifié.