Switzerland

Toiles et étoiles à Zurich : «Nous sommes très reconnus en Allemagne et aux États-Unis»

Le Zurich Film Festival fait partie des grands événements culturels suisses à ne pas avoir annulé en raison de la crise sanitaire. Interview de son nouveau directeur artistique, un Christian Jungen en opération séduction romande.

Christian Jungen, directeur artistique du Festival du film de Zurich entend réconcilier exigence artistique et succès populaire.

Christian Jungen, directeur artistique du Festival du film de Zurich entend réconcilier exigence artistique et succès populaire.

URS JAUDAS

Qui a dit que les Zurichois étaient arrogants? Pas le Montreux Jazz en tout cas, qui invitait le Festival du Film de Zurich à venir se présenter à la Suisse romande dans son chalet de Caux la semaine dernière. Les deux manifestations commençaient ainsi un partenariat autour de la musique de film, mais ce saut par-dessus le «Röstigraben» permettait surtout de mieux appréhender un rendez-vous du septième art qui brille depuis des années en termes de fréquentation avec plus de 100’000 visites à chacune de ses éditions, mais qui reste mal connu des Romands.

L’occasion de rencontrer son nouveau directeur artistique, un Christian Jungen nommé l’an dernier. L’ancien responsable de la rubrique culturelle de la «NZZ» et fin connaisseur du cinéma entend concilier films exigeants et reconnaissance populaire. Ce passionné de 47 ans veut surtout défendre l’expérience de la salle à l’heure d’un streaming toujours plus triomphant. Entretien.

Vous avez beaucoup étudié le cinéma et les festivals en tant que journaliste: comment avez-vous effectué le saut dans l’opérationnel?

Je ne suis pas le premier. Thierry Jobin, Emmanuel Cuénod, Carlo Chatrian, Irene Bignardi étaient tous des critiques de cinéma avant de devenir directeurs de festivals. Quand j’ai écrit mon livre sur Moritz de Hadeln, qui a dirigé la Berlinale pendant vingt-deux ans, fondé le festival de Nyon, qui est passé par Venise et Locarno, on m’a dit: toi aussi, un jour, tu vas devenir directeur de festival. Cela sonnait bien, mais je n’en savais rien. Et je suis devenu responsable de la rubrique culturelle de la «NZZ», un beau poste, et je n’ai plus jamais pensé aux festivals et c’est là qu’on me l’a proposé. J’ai tout de suite dit oui car le cinéma est ma grande passion. Avant, je voyais peut-être 400 films par année, maintenant je peux en voir 1300… Bon, le démarrage a été un peu difficile en raison des circonstances, mais je pense que, quand on aura survécu à cette édition, on sera prêts pour le futur.

Quelle est la spécificité du Zurich Film Festival?

Nous sommes surtout un festival tourné du côté du public, avec 117’000 spectateurs l’an dernier. Notre mission, c’est la salle. On veut aider les films qui sortent, les faire découvrir. Là où Locarno est plus un festival de recherche, consacré à un cinéma d’auteur difficile, nous sommes très liés à la salle, au cinéma d’auteur grand public. Le cinéma a besoin de festivals de ce type car si, dans le vieux monde, y aller était aussi naturel que rendre visite à sa tante ou à son oncle, cette habitude se perd et il faut des événements pour redonner le goût des salles aux gens, en cette année particulièrement où elles sont dans une situation dangereuse, à Zurich mais aussi ailleurs. Beaucoup de manifestations explorent des nouveautés comme les jeux vidéo, la réalité virtuelle, mais pas nous qui restons des avocats du cinéma et des salles. J’ai fait mon service militaire à Genève en 1994 – la pire période de ma vie – et pour me distraire, j’allais voir des films. Mais aujourd’hui, j’ai vu que beaucoup de salles avaient fermé dans cette ville, le Pathé cinéma, le Hollywood… Pour moi, c’est comme pour un chrétien qui voit disparaître les églises, ça fait mal. Il faut se battre.

Vous parlez de cinéma d’auteur grand public. La dénomination ne craint pas le paradoxe?

C’est une étiquette, mais le plus important c’est de présenter des cinéastes qui ont une écriture, une vision, et pas que des films de divertissement, même si je n’ai rien contre. Nous sommes dédiés aux réalisateurs qui développent une continuité dans leur manière de traiter les sujets.

Quelle est la place de Zurich dans le dispositif festivalier suisse?

Le positionnement de notre festival dans le cadre suisse est assez étrange. Il est très reconnu en germanophonie, le deuxième festival sur un marché de 100 millions de personnes, après la Berlinale – donc plus grand que Munich, Hambourg ou Vienne. Il est aussi très reconnu aux États-Unis – pour cette raison mes prédécesseurs ont toujours réussi à attirer de grands films hollywoodiens avec des stars. Mais, dans le monde francophone, pas du tout. Peu de gens se déplacent de Genève ou de Lausanne et, à Paris, nous manquons de visibilité. J’aimerais changer ça. Déjà pour des raisons personnelles – je suis francophile, j’aime la culture et le cinéma français – mais aussi parce que la France est le deuxième pays à l’Ouest en termes de sorties, avec quelque 240 films par année et son propre star-system. Avec Juliette Binoche cette année, c’est la première fois que l’on peut donner la récompense Golden Icon à une star française. Avec Maïwenn, à qui nous donnons notre «A Tribute To…», notre plus haute récompense à un réalisateur ou une réalisatrice, nous récompensons une femme française qui n’a pas une œuvre immense, cinq films, mais qui n’est pas très connue en Suisse allemande et on aimerait faire connaître le cinéma français des jeunes générations aussi.

Vous soulignez le lien avec le public de votre festival, mais quel rôle joue-t-il dans l’industrie du cinéma?

Nous faisons le pont entre l’industrie européenne – surtout germanophone pour le moment, mais aussi britannique – et le monde américain. Notre conférence Zurich Summit réunit les acteurs importants de l’industrie. Cette année Vincent Maraval, le chef de Wild Bunch va revenir, tout comme Match Factory, boîte allemande. Les gens de CAA, agence américaine très importante, seront aussi là – ils font même la quarantaine pour pouvoir y assister. Il est intéressant de pouvoir rencontrer les Américains, qui n’ont souvent pas beaucoup de temps à Cannes et ne vont pas tellement à Berlin.

Le partenariat film et musique avec le Montreux Jazz est une autre façon de tendre la main à la Suisse romande?

Une histoire typique de l’époque corona. Tout a commencé par un film, le docu «Who You Gonna Call» sur la vie et la carrière de Ray Parker Jr. qui a composé le tube pour le film Ghostbuster et ce film contient beaucoup de scènes de concert au MJF. En le voyant, je me suis dit que ce serait intéressant de contacter un festival que Ray Parker aimait beaucoup – il est souvent venu au chalet de Claude Nobs. On a commencé des discussions et c’est en buvant une bouteille de vin rouge de 1940 au Palace que l’on s’est dit qu’il fallait faire plus que juste présenter le film mais monter un partenariat. Rappelons-nous que Claude Nobs parlait le suisse allemand et avait de nombreux liens en Suisse allemande. Cela permet à Montreux d’être présent à Zurich et de nous présenter en Suisse romande. Je pense que nous vivons dans un pays de volonté et qu’il est bon que nous nous intéressions aux uns et aux autres.

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