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Sur trois pattes, «Laska» délivre une leçon de vie

Il semblerait que ces deux-là étaient faites pour se rencontrer. Pour Karine Mettraux, présidente de l’association SOS Chiens polaires, basée à Payerne, l’histoire de Laska résonne en effet étrangement avec la sienne. Cette fanatique de canidés du Grand-Nord, qui a dû apprendre à faire avec un squelette mis à mal par une spondylarthrite ankylosante et une fibromyalgie, s’est prise d’une affection particulière pour cette chienne méchamment blessée à une patte par un camion. La miraculée a débarqué dans sa vie le jour de son anniversaire, le 6 juin 2019. Comme un signe du destin. «On est les deux éclopées de la famille», plaisante Karine.

La «famille» se compose d’une cinquantaine de huskys, malamutes et autres samoyèdes, sachant que l’association fondée il y a onze ans refuse chaque année 40 à 60 chiens. Le cas de Laska n’a toutefois pas fait un pli: «On me l’a confiée alors qu’elle avait été opérée déjà une fois. C’était censé être provisoire, mais j'ai fini par l’adopter. Le suivi médical avait été mal fait et je me suis mise en contact avec le Tierspital à Berne. Le risque de septicémie était trop grand et après réflexion il a fallu l’amputer», explique avec émotion Karine Mettraux, en se remémorant la difficulté de la décision.

«Médiatrice» dans l’âme

Laska, 2 ans le mois prochain, n’a pas moins fait preuve d’une étonnante condition physique et d’une grosse motivation à repartir du bon pied. «Cette chienne, c'est une sacrée leçon de vie, pour moi mais aussi de manière générale! Comme quoi on peut avoir un handicap et continuer à vivre normalement. Elle a toujours plaisir à tout, les yeux qui pétillent et un bon feeling avec les gens.» À tel point que Karine Mettraux prévoit de l’emmener pour des balades avec des personnes atteintes dans leur santé, physique ou mentale.

Ce week-end, «Mimi» – «c’est son surnom, il y avait déjà une Laska à son arrivée» – sera même à la tête de l’attelage qui promènera des enfants en marge de la 27e Course internationale de chiens de traîneau aux Mosses, dont Karine est présidente du comité d’organisation. «Il faut dire qu’elle sera un peu «cheffe» de meute par défaut. Sa position à l’avant de l’attelage lui permettra de courir sans tracter. C'est encore trop tôt pour ça et on ne peut pas prendre le risque qu'elle se blesse à une autre patte.»

Le médecin préconise en outre de faire attention à son cœur. Ce qui ne l’empêche pas, selon sa patronne, d’avoir un tempérament de leader et une bonne capacité à désamorcer les conflits au sein du groupe. «Ce n'est pas une dominante, mais elle a une prestance incroyable.»