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SUD repart en croisade pour les profs

Le syndicat SUD n’en a pas fini avec les salaires des profs de l’enseignement professionnel. Après avoir obtenu de premières victoires pour les maîtresses ICA (informatique, communication et administration), le Syndicat vaudois des maîtres·ses de l’enseignement professionnel (SVMEP) -filiale de SUD- élargit son combat à l’ensemble des enseignants porteurs d’un brevet, d’une maîtrise ou d’un diplôme HES.

Depuis la cure d’austérité des années 90, ces derniers, colloqués en classes 10 et 11, ne bénéficient plus du «cliquet», à savoir de la promotion dans une classe supérieure après un certain nombre d’années. Voilà pourtant plus de dix ans que l’État est revenu à meilleure fortune et le retour du «cliquet» n’est toujours pas d’actualité.

Le SVMEP s’insurge aussi de l’inadéquation entre la réalité au quotidien du métier de maître professionnel et le cahier des charges censé définir ses tâches. «Si nous nous en tenions au descriptif contenu dans le cahier des charges des enseignants des classes 10 et 11, les écoles ne tourneraient simplement plus», assène José Daniel Pernas, du comité de la SVMEP.

Hypocrisie dénoncée

Les maîtres dénoncent en outre une hypocrisie qui permet que des maîtres de classe 12 (issus de la filière universitaire) fassent le même travail dans les mêmes écoles techniques et se voient mieux payés. Aristides Pedraza, également membre du comité, se scandalise de la distinction énoncée il y a quelques années par le département entre l’«intelligence de la main» et celle de la tête, dont on devine aisément laquelle a le plus de valeur.

Aux yeux des syndicalistes, la «discrimination» entre les employés du monde technique et ceux du monde académique continue alors que le Conseil d’État ne parle que de revaloriser la formation professionnelle.

Ils demandent dès lors à négocier avec la délégation du Conseil d’État aux Ressources humaines afin d’obtenir ce «cliquet» pour les classes 10 et 11. La revendication leur semble d’autant plus pertinente que le métier se complique. Les profs évoquent des classes «hyperhétérogènes» composées sur le principe de l’inclusion, comme à l’école obligatoire. Or, contrairement au secteur obligatoire, les écoles professionnelles n’ont pas d’enseignants spécialisés en appoint dans les classes pour les élèves à besoins particuliers.