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Sion, c'est de la frappe!

On ne sait pas s'il s'agit de l'effet son imminent retour au jeu après sa suspension purgée le week-end dernier ou simplement son esprit de compétition exacerbé qui a pris le dessus, mais Xavier Kouassi était déchaîné jeudi matin. Si bien qu'on n'est pas capable de vous dire si le capitaine du FC Sion participait bel et bien à une «simple» séance d'entraînement comme tous ses coéquipiers, ou s'il avait misé sa maison ou les clés de sa voiture sur la victoire de son équipe au jeu concocté par Ricardo Dionisio. Une description rapide? Deux groupes face à face séparés d'une cinquantaine de mètres, un ballon propulsé dans la profondeur de chaque côté en même temps et un objectif on ne peut plus simple pour les joueurs: tromper d'un tir direct Timothy Fayulu ou le duo Fickentscher/Mitryushkin qui défendaient chacun l'une des deux cages.

Sur la grosse heure qu'a duré la session, trois bons quarts d'heure ont donc été entièrement dévolus à cet exercice, transformé en compétition histoire d'être certain de concerner tout le monde. Ainsi, les trois portiers sédunois ont passé leur jeudi matin à se faire allumer par plusieurs centaines de missiles avec, au final, un certain ascendant sur les joueurs qui se sont présentés face à eux.

«Le danger doit pouvoir venir de partout»

Pas besoin d'avoir terminé de longues études pour comprendre le but «caché» de la manœuvre: améliorer le pourcentage de réussite des Valaisans à la finition. Douze tentatives, aucune transformée face à Young Boys. Vingt shoots, un petit goal contre Zurich. Et le compte est exactement le même pour le match de reprise d'il y a trois semaines à Thoune. Les statistiques de la Swiss Football League sont certes généreuses (pas grand-monde n'a vu le FC Sion se créer douze occasions au Stade de Suisse), mais elles traduisent un vrai problème, que Ricardo Dionisio et son staff ont donc empoigné à bras le corps.

«On avait surtout envie de concerner tout le monde, détaille l'entraîneur portugais. Le message envoyé à l'équipe n'aurait pas été le bon si on avait simplement envoyé les attaquants effectuer un entraînement spécifique finition. Le danger doit pouvoir venir de chaque élément présent sur le terrain, nos milieux et nos défenseurs doivent aussi être en mesure de marquer si l’opportunité se présente à eux.»

Pour l’anecdote, la «Team Grgic», dans laquelle figurait notamment Xavier Kouassi, a fini par prendre le dessus sur la «Team Lenjani». L'Ivorien a ainsi pu rejoindre le vestiaire l'esprit léger et le sens du devoir accompli. Il lui reste 48 heures pour refaire son stock de hargne et redevenir un poison pour ses adversaires. En l’occurrence, Neuchâtel Xamax, qui se présentera à Tourbillon samedi soir.

Florian Vaney