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Refonte du MAH: Tensions sur le devenir du Cabinet d’arts graphiques

La prestigieuse institution est au cœur d’une restructuration conçue par sa maison mère, le Musée d’art et d’histoire. Des dizaines de personnalités s’en émeuvent.

Félix Vallotton, «Les Instruments de musique: Le Violon» (1896), feuille, 275x219 mm, don de la SAMAH, 1973.

Félix Vallotton, «Les Instruments de musique: Le Violon» (1896), feuille, 275x219 mm, don de la SAMAH, 1973.

MAH

Pour qui sonne le glas à la promenade du Pin? Au siège historique du Cabinet d’arts graphiques (CdAG) – autrefois Cabinet des estampes –, des dizaines de personnalités du monde des arts, chercheurs et conservateurs, professeurs et galeristes, se disent inquiètes, voire en colère, face à la menace qui plane sur la vénérable institution genevoise. Ce qui agite les esprits? Une refonte profonde de la structure, envisagée par la direction du Musée d’art et d’histoire, dont dépend le CdAG, et qui redéfinit en quelque sorte la mission et l’identité même du cabinet. Certains y voient déjà, dans cette opération d’envergure, un danger de mort imminente pour le prestigieux établissement, riche de quelque 350’000 œuvres sur papier.

C’est ainsi que, le 10septembre dernier, une lettre a été adressée à Marc-Olivier Wahler, directeur du MAH depuis le 1ernovembre 2019. Signée par quatre figures du monde des arts – Nathalie Strasser, conservatrice des dessins de la collection Jean Bonna; Rainer Michael Mason, ancien directeur du CdAG; Mauro Natale, professeur honoraire au Département d’histoire de l’art à l’Université de Genève; Bernard Zumthor, ancien conservateur cantonal et directeur général du Patrimoine à l’État de Genève – la missive est très alarmiste. «L’annonce de la suppression des salles d’exposition du Cabinet des estampes et dessins […], dont la collection est pourtant, déclare son site, «l’une des plus importantes du monde francophone», nous alarme brusquement.»

Un appel planétaire

Suppressions des salles? Ce scénario catastrophe a fait très vite le tour du monde: d’autres personnalités, plus de deux cents à ce jour, établies en Allemagne, aux États-Unis, en France et ailleurs encore, ont décidé d’ajouter leur nom aux signataires, donnant ainsi à la lettre une valeur d’appel planétaire. Mais revenons dans les bureaux du MAH. Dans celui de la direction, précisément. Marc-Olivier Wahler nous y accueille pour dire toute sa stupeur face à tant d’agitation.

«Je m’étonne, s’exclame-t-il, de ce que des personnes habitées par une grande rigueur scientifique se soient fait piéger par une «fake news». Jamais il n’a été question de fermer des lieux ou des salles. Au contraire, je propose de valoriser la collection en réintégrant les arts graphiques au site principal du MAH et en doublant l’espace d’exposition. La visibilité des pièces sera donc accrue, dans des expositions temporaires et permanentes, et ce aux yeux des 300’000 visiteurs par année que compte le musée. Très important aussi, on pourra établir un dialogue, dans les événements à venir, avec d’autres domaines, comme les beaux-arts, les arts appliqués, l’archéologie, ou l’horlogerie.»

«Il m’a paru nécessaire de décloisonner et de relier les différentes collections.»

Sami Kanaan, Maire, chargé du Département de la culture et de la transition numérique à la Ville de Genève

Dans cette opération, les salles actuelles du CdAG continueraient à accueillir le public, sans changement d’affectation. La Bibliothèque d’art et d’archéologie serait elle aussi appelée à interagir davantage avec le cabinet, à travers des expositions de ses fonds précieux et l’ouverture de salles de consultation destinées au grand public et aux spécialistes. La mue en question ne ferait donc que suivre les orientations suggérées par la commission d’experts coprésidée par Jacques Hainard et Roger Mayou. Celle-ci préconisait dans son rapport un regroupement stratégique de différents pôles du MAH. Perspective que défend aussi le magistrat de tutelle, Sami Kanaan: «Le cabinet tel qu’il se présente aujourd’hui est trop confidentiel, avec ses 2000 visiteurs et ses deux expositions par année. Dès lors, il m’a paru nécessaire de décloisonner et de relier les différentes collections afin de mieux valoriser les fonds exceptionnels du CdAG. Je tiens à cette cohérence de la vision d’un musée, une équipe, une collection.»

Des œuvres fragiles

«Nous nous sommes peut-être fâchés trop vite, concède par téléphone Bernard Zumthor, mais des inquiétudes demeurent. Il me semble que cette mue est régie par la nécessité de faire des économies et je trouve qu’il y a beaucoup d’ignorance et d’incompétence dans la gestion qui est faite de ce dossier. Les informations précises font défaut et puis imaginer des expositions «tutti frutti», avec un mélange des genres, ne me semble pas être une réponse adéquate aux défis actuels.»

Nathalie Strasser, elle, pointe un autre point délicat: l’inadéquation des lieux du MAH face à la fragilité des pièces du cabinet, qui nécessitent des conditions d’exposition particulières et ne peuvent être sollicitées pour des durées dépassant les trois mois. Cela rendrait les expositions permanentes envisagées par Marc-Olivier Wahler difficilement envisageable. «Les salles de la promenade du Pin ont été aménagées pour répondre aux spécificités des œuvres sur papier, relève l’experte. Ce n’est pas le cas pour les nouveaux lieux d’exposition. Par ailleurs, je ne suis pas contre le dialogue entre les disciplines, mais je crois aussi que cette orientation ne doit pas se faire au détriment de la collection du cabinet.»

Sur ce front encore, la direction du MAH se veut rassurante. Des aménagements seront faits qui permettront l’accueil des pièces du CdAG. Les équipes dédiées à la conservation préventive sont à l’œuvre. Mais rien ne dit que ces mesures apaiseront les opposants. Bernard Zumthor ne se fait pas d’illusions, d’ailleurs: «Par temps de crise comme ceux que nous vivons aujourd’hui, la culture est perçue comme un luxe. Si le cabinet devait disparaître, il n’y aurait personne dans les rues.»

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