Switzerland

Polémique vaccinale: «Non, l’efficacité du vaccin d’AstraZeneca n’est pas moindre sur les personnes âgées!»

Pascal Soriot, le PDG d’AstraZeneca, dément catégoriquement l’allégation selon laquelle son vaccin ne serait efficace que sur 8% des plus de 65 ans.

Pascal Soriot, le patron d’AstraZeneca

Pascal Soriot, le patron d’AstraZeneca

Bloomberg via Getty Images

LENA - Pourquoi AstraZeneca n’a-t-il pas été plus précis sur les difficultés d’approvisionnement détectées dans ses usines européennes (ndlr: la Suisse en a commandé 5,3 millions de doses)? Quel est le problème exactement?

Pascal SORIOT. - Je pense que nous avons été relativement précis dans nos informations. Bien sûr, nous sommes tous très déçus. Nous aimerions produire plus. Je pense que nous livrerons en Europe en quantité raisonnable en février, mais il est vrai que c’est moins que prévu. D’autant plus que, notre vaccin étant facile à utiliser, les gens s’attendaient à ce que nous puissions passer à une échelle supérieure. Notre équipe travaille 24h sur 24, 7 jours sur 7, pour résoudre les nombreux problèmes de production du vaccin lui-même. Mais celle-ci comporte plusieurs étapes: d’abord, nous produisons le vaccin lui-même. Puis, nous transférons cette «substance médicamenteuse» dans différentes usines où nous mettons le vaccin dans des flacons et nous appelons cela le «produit pharmaceutique», le produit final. Pour l’Europe, la substance médicamenteuse est essentiellement produite dans deux usines, l’une aux Pays-Bas, l’autre en Belgique. Puis, le remplissage des produits pharmaceutiques se fait en Italie et en Allemagne. Du point de vue des produits pharmaceutiques, nous sommes à pleine capacité. Les problèmes que nous avons sont liés à la fabrication de la substance médicamenteuse. Nous pensons avoir réglé ces problèmes, mais nous avons deux mois de retard par rapport à ce que nous voulions. Nous avons également eu des problèmes de démarrage dans la chaîne d’approvisionnement britannique. Mais le contrat britannique a été signé trois mois avant le contrat européen. Donc, avec le Royaume-Uni, nous avons eu trois mois supplémentaires pour résoudre les problèmes rencontrés.

L’Europe a donc signé le contrat trop tard, par rapport au Royaume-Uni?

Je ne porterai pas de jugement à ce sujet. Je ne peux que vous exposer les faits et les faits sont que nous avons signé un accord avec le Royaume-Uni trois mois avant l’Europe. Pour partie, cela s’explique facilement. Lorsque nous avons conclu l’accord avec Oxford, ils avaient déjà travaillé avec le gouvernement britannique à ce sujet et avaient donc une longueur d’avance. Nous avons donc pu prendre assez rapidement la chaîne d’approvisionnement britannique et l’améliorer. En très peu de temps, nous avons réussi à passer d’un processus capable de produire seulement des quantités pour des essais cliniques à un procédé capable de fabriquer des milliards de doses. Et ce, à un coût raisonnable et à une vitesse raisonnable. Mais selon les sites, nous avons une productivité dont le ratio va de un à trois. Et malheureusement, les sites qui ont la plus faible productivité sont ceux qui approvisionnent l’Europe. Très honnêtement, je veux dire que nous ne le faisons pas exprès. Je suis européen, j’ai l’Europe à cœur. Notre président est Suédois, Européen, comme beaucoup d’autres membres de la direction. Nous voulons donc traiter l’Europe du mieux que nous pouvons. Laissez-moi vous donner quelques chiffres. Notre capacité totale dans le monde est actuellement d’environ 100 millions de doses par mois, quand la plupart des vaccins sont produits à cette quantité sur un an. Nous, nous avons déjà un rythme de 1,2 milliard de doses par an et nous voulons encore augmenter cette cadence. L’Europe, qui représente 5% de la population mondiale, obtiendra 17% de notre production en février. Le problème est que, même si 100 millions de doses est un chiffre énorme, il y a 7,5 milliards de personnes dans le monde.

Malgré ces explications, l’UE a réagi de manière très agressive, imposant un nouveau contrôle sur les exportations hors d’Europe et suggérant que préférez vendre à d’autres pays pour gagner plus d’argent…

Suggérer que nous vendons à d’autres pays pour gagner plus d’argent n’est pas juste parce que nous ne faisons de profit nulle part. C’est l’accord que nous avons avec l'Université d'Oxford: nous serons sans profit. Nous avons des prix légèrement différents d’une zone géographique à l’autre car le coût des marchandises peut être différent. Nous avons une chaîne d’approvisionnement au Brésil, une autre en Amérique latine, une en Asie du Sud et une au Japon. Et bien sûr, les coûts locaux varient mais cela ne fait pas une grande différence. Je pense que les populations d’Europe sont extrêmement stressées et fatiguées par cette pandémie qui dure depuis un an. Les gouvernements sont sous pression. Mais nous ne prenons certainement pas de vaccins aux Européens pour les vendre ailleurs avec profit. Cela n’aurait aucun sens.

Y a-t-il une chance que les contrats soient reconsidérés, en distribuant les vaccins d’une autre manière? Par exemple en prenant certains des vaccins destinés au Royaume-Uni pour les transférer dans l’UE?

L’accord britannique a été conclu en juin, trois mois avant l’accord européen. Comme vous pouvez l’imaginer, le gouvernement de Londres a stipulé que l’approvisionnement provenant de la chaîne d’approvisionnement britannique irait d’abord au Royaume-Uni. Dans l’accord avec l’UE, il est mentionné que les sites de fabrication britanniques étaient une option pour l’Europe, mais seulement plus tard. Mais cela avance très vite au Royaume-Uni. Et dès que nous y aurons atteint un nombre suffisant de vaccinations, nous pourrons utiliser ce site pour aider l’Europe.

«Nous pensons avoir réglé les problèmes liés à la substance médicamenteuse, mais nous avons deux mois de retard par rapport à ce que nous voulions.»

Pascal Soriot, PDG d’AstraZeneca

Un journal allemand a avancé que le vaccin ne serait efficace que sur 8% des personnes âgées. Comment expliquez-vous cette polémique retentissante?

Que puis-je dire? Je n’ai aucune idée de la provenance de ce chiffre. Il est faux. Des régulateurs de nombreux pays - une douzaine - ont approuvé ce vaccin pour les personnes âgées de 18 ans et plus. Comment peut-on penser que tous ces gens auraient approuvé notre vaccin si son efficacité était de 8%? Pourquoi cette affirmation est-elle sortie? Je ne sais pas. Encore une fois, les émotions sont vives en ce moment et certains inventent des histoires. Pour quelle raison? Peut-être existe-t-il des considérations politiques locales, parfois? Je ne peux pas le dire. Comme les tests et les masques dans le passé, le vaccin est devenu un outil politique. C’est malheureux, parce que vous aimeriez dire aux gens que c’est le moment de se rassembler, de vraiment travailler ensemble et d’essayer de résoudre ce problème. Ce n’est pas le moment d’utiliser les tests de vaccins comme un outil politique.

Étant donné les problèmes d’approvisionnement, est-il logique que les pays de l’UE réfléchissent à la stratégie à dose unique pour laquelle le Royaume-Uni a opté?

Je pense que la stratégie britannique à dose unique est absolument la bonne voie à suivre, du moins pour notre vaccin. Je ne peux pas faire de commentaires sur le vaccin Pfizer. Nous pensons que l’efficacité d’une dose est suffisante: 100% de protection contre les maladies graves et l’hospitalisation, et 71 à 73% d’efficacité globale. La deuxième dose est nécessaire pour une protection à long terme. Mais vous obtenez une meilleure efficacité si vous recevez la 2e dose plus tard. Nous allons faire une étude aux États-Unis et dans le monde en utilisant un intervalle de doses de deux mois pour confirmer que c’est bien le cas. D’ici à mars, le Royaume-Uni aura vacciné peut-être 28 ou 30 millions de personnes. Le premier ministre a pour objectif de vacciner 15 millions de personnes d'ici à la mi-février, et on en est déjà à 6,5 millions. Alors ils y arriveront.

Et qu’en est-il des nouveaux variants?

Vous avez probablement vu que Moderna a publié des données sur le variant sud-africain. L’effet de «neutralisation» contre le variant sud-africain serait 6 fois plus faible, mais tout de même suffisamment élevé pour contrôler la maladie. Dans notre cas, nous n’avons pas encore les résultats. Public Health England effectue l’analyse et nous devrions avoir les conclusions très bientôt. Il est logique de penser que nous aurons le même effet qu’avec le vaccin Moderna, mais nous ne le savons pas encore. La neutralisation peut être réduite mais je pense aussi qu’il y a de bonnes chances que les patients soient toujours protégés. Au moins, s’ils sont infectés, ils ne tomberont pas gravement malades car les lymphocytes T, l’immunité cellulaire, les protégera également. Cela dit, nous travaillons également avec l’Université d’Oxford sur un vaccin qui ciblera ce variant. En attendant, je ne pense pas que les gens devraient tant s’inquiéter, car il n’est pas si courant en Europe et ailleurs. Et c’est pour cela que nous devons vacciner autant de personnes que possible dans le monde, car si vous laissez le virus se multiplier, il mute en se déplaçant au sein des diverses populations. C’est pourquoi il est si important de donner accès aux vaccins dans le monde entier, de manière équitable et rapide.

* Alliance LENA, dont font partie La Tribune de Genève/24 heures

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