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Plus qu'un électrochoc, une réflexion profonde

C’est ce qu’on appelle un grand coup de balais. Jan Alston et Ville Peltonen ont été démis de leurs fonctions respectives de directeur sportif et d’entraîneur du LHC, jeudi en fin de journée. Le conseil d’administration lausannois a dit stop. Et pris une décision ayant l’effet d’une bombe, à deux journées du terme de la saison régulière.

Derrière ce choix, il y a la volonté de créer immédiatement un électrochoc au sein d’un groupe qui n’est pas encore assuré de participer aux play-off. Mais il y a aussi - et surtout, apparemment - une dimension stratégique plus globale, une réflexion plus profonde, qui semble s’inscrire sur le long terme. Et qui paraissait presque prévue, mais pour un peu plus tard. «Le temps d’un changement complet était arrivé au sein du coaching staff et de la direction sportive, nous a expliqué le CEO Sacha Weibel, joint par téléphone dans la soirée. On a besoin d’un nouveau départ. D’une nouvelle philosophie, sur la glace mais également dans le club. D’une autre façon de travailler, de gérer et de communiquer. C’est tout un système mis en place depuis dix ans maintenant qui doit changer. Et je ne voulais pas attendre parce que je ne suis pas prêt à abandonner cette saison. Je crois en cette équipe, mais la manière dont elle jouait et se comportait ne convenait plus.»

Ville Peltonen paie non seulement les résultats décevants des Lions, mais également son incapacité à inverser la tendance dans le sprint final du championnat régulier. Jan Alston, lui, est celui qui a engagé (à l’été 2018) et prolongé (en décembre dernier) le technicien finlandais jusqu’en 2022. Intégré au directoire lausannois en 2011, le Québécois (sous contrat jusqu’au printemps 2021) n’a en outre pas brillé dans la gestion de la légion étrangère du LHC, cette saison.

«A nous désormais de trouver les personnes adéquates pour continuer à avancer, a poursuit Sacha Weibel. Le club grandit, mais les enjeux grandissent aussi. On a investi énormément d’argent et il y a des responsabilités sur la première équipe. Ville est un homme formidable, mais on a besoin de davantage de savoir-faire. Avec Jan, on a vécu une super époque, mais il nous faut d’autres idées, émanant de personnes du calibre de Craig MacTavish, par exemple.»

Une pointure à la bande

Craig MacTavish, c’est le nouveau coach du LHC. Du moins jusqu’au terme de l’exercice et dès vendredi à Genève, où il sera assisté par John Fust et, peut-être, Cristobal Huet ainsi que Tommi Niemelä, invités à rester en place, au contraire du troisième adjoint de Peltonen, Tommi Hämäläinen. Le Canadien de 61 ans, un ami de Chris McSorley, a gagné à quatre reprises la Coupe Stanley en tant que joueur et a entraîné Edmonton durant neuf saisons (2000-2009), amenant les Oilers jusqu’en finale en 2006.

Après avoir occupé un rôle au sein du directoire de la franchise de l’Alberta de 2012 à 2019, MacTavish a tenté sa chance en KHL, à la tête du Lokomotiv Yaroslavl, où il a été limogé en septembre dernier, après seulement huit matches. Il a ensuite remporté la Coupe Spengler avec le Team Canada, lui qui avait déjà entraîné la sélection à le feuille d’érable au Mondial 2010 (élimination en quarts de finale). «C’est un passionné, un excellent communicateur. Mais c’est surtout une pointure, un homme doté d’une énorme expérience, a décrit Sacha Weibel. Il a coaché en NHL, été dirigeant en NHL. Il a vécu des choses d’un niveau supérieur et c’est de ça qu’on a besoin. On va du reste continuer à ajouter à notre organisation des personnes de cette trempe.»

Cela inclut la direction sportive, où «tout est sous contrôle dans la construction du contingent 2020-2021, a assuré le CEO. On dispose de suffisamment d’expertise autour de nous afin de pallier nos manques (ndlr: qui concernent avant tout la légion étrangère).» Par ailleurs, en pleine période de négociation dans le processus de vente du club, «les différentes parties ont été informées» de la décision prise par le conseil d'administration. Et par Sacha Weibel en tête.