Switzerland

Photographies de Steve McCurry: Choc artistique mis en scène chez Barbier-Mueller

La nouvelle exposition du musée de la Vieille Ville met en résonance 30 clichés du célèbre photographe américain avec des objets de la collection d’arts lointains.

Une idole à lunettes de la région du haut Tigre, dans le nord de la Mésopotamie, dialogue avec un cliché des Galápagos pris en 2017 par Steve McCurry.

Une idole à lunettes de la région du haut Tigre, dans le nord de la Mésopotamie, dialogue avec un cliché des Galápagos pris en 2017 par Steve McCurry.

Laurent Guiraud/Tamedia

«Limperfection est beauté, la folie est génie et il vaut mieux être totalement ridicule que totalement ennuyeux.» Cette phrase passée à la postérité aurait pu être inspirée à Marilyn Monroe au sortir de la nouvelle exposition du musée Barbier-Mueller. Trente bouleversants clichés du photographe et globe-trotter américain Steve McCurry y sont mis en correspondance avec des objets de la collection privée d’arts lointains, selon un concept nippon extrêmement séduisant, le wabi-sabi.

«Le wabi-sabi, c’est la beauté dans l’imperfection. La notion recèle une part de mélancolie, de nostalgie et de simplicité, une tristesse douce et fugace d’où naît la beauté», résume Laurence Mattet, directrice du musée Barbier-Mueller. C’est elle qui a réalisé les accords parfaits qui créent l’harmonie sur les murs du musée privé de la Vieille-Ville. Un cimier de danse Tlingit d’Alaska, tout en peaux d’hermine, plumes, nacre d’abalone et moustaches de lion de mer, s’unit avec un naturel parfait à une falaise du Svalbard sur laquelle les pingouins migrateurs ont laissé la trace de leurs fientes, photographiée par Steve McCurry en 2017. Mêmes tons, même rythme des formes et des couleurs et semblable réminiscence du cubisme sautent aux yeux du visiteur.

Stéphane Barbier-Mueller et sa fille Alix, devant une image de Steve McCurry montrant la pagode de Mingun, au Myanmar, prise en 1994.

Stéphane Barbier-Mueller et sa fille Alix, devant une image de Steve McCurry montrant la pagode de Mingun, au Myanmar, prise en 1994.

Laurent Guiraud/Tamedia

«Nous admirons beaucoup le travail de Steve McCurry et souhaitions l’inviter pour l’une de nos conférences sur le thème du voyage. C’est lui qui nous a proposé d’aller plus loin et de monter une exposition.»

Stéphane et Alix Barbier-Mueller, initiateurs de l’exposition

Plus loin, une barque rouge sang sur un lac enneigé répond à un masque népalais de Laké en métal, peint d’un écarlate similaire et ponctué de flocons argentés. «Steve McCurry a pris en photo le jardin de Sankei-en à Yokohama, au Japon, en 2014, commente Laurence Mattet. Ce parc extraordinaire, qui s’étend sur trois vallées, a été réalisé par le négociant en soie Tomitaro Hara dans les années 1900. Il y a implanté dix-sept bâtiments historiques qu’il a collectés dans tout le Japon et fait restaurer.»

Masque-planche nwantantay du Burkina Faso et studios romains de Cinecittà sont mis en correspondance dans l’exposition.

Masque-planche nwantantay du Burkina Faso et studios romains de Cinecittà sont mis en correspondance dans l’exposition.

Laurent Guiraud/Tamedia

La notion de wabi-sabi plane comme une brume: splendeur poignante de la nature sous la neige, trajectoire éphémère d’un bateau qui glisse sur l’eau, maisons sauvées de l’abandon, passé infusé dans le présent. Le masque originaire de la vallée de Katmandou, lui, était porté lors des cérémonies célébrant la fin de la mousson. Il souligne le passage du temps, le changement de saison et le renouveau cyclique auxquels sont soumis les hommes, impuissants et ravis.

L’esthétique, et au-delà

C’est là tout l’intérêt de l’accrochage du musée Barbier-Mueller: le visiteur peut parfaitement se contenter dadmirer les mariages de tons, de formes et de thèmes, et jouir de l’esthétisme parfait de leur adéquation. Mais il peut aussi se laisser happer plus loin et partir à la recherche d’un sens qui ne parle qu’à lui seul. «Une certaine beauté émane des choses utilisées et anciennes auxquelles la coloration et la patine de l’âge apportent une véritable esthétique. Un outil, une chaise, un meuble, un lit de bébé cassé et réparé ont tous une histoire dans laquelle notre imagination s’engouffre pour rêver de la «vie» qu’ils ont dû mener», déclare Steve McCurry dans la préface du catalogue, splendide, de l’exposition.

Chaque image est une œuvre d’art. «Tempête de poussière», prise au Rajasthan en 1983, montre des femmes indiennes serrées les unes contre les autres pour lutter contre le fléau climatique; malgré la rudesse de leurs conditions d’existence, elles portent sur elles tous leurs bijoux, aussi le musée Barbier-Mueller a-t-il choisi dans ses réserves un collier précieux du Tamil Nadu pour leur faire écho.

Œuvres d’art et sens puissant

Le visage maquillé de kaolin d’un «Garçon du peuple Suri», capté par le photographe dans la vallée éthiopienne de l’Omo en 2014, dialogue avec un masque facial provenant probablement de la République démocratique du Congo: tignasse crépue d’un côté, turban de toile de l’autre; yeux prédominants; bouche arrondie aux lèvres pleines pour les deux figures.

Un masque de bouddha du Japon datant du début du XIXe siècle avoisine une image captée au Laos, à Luang Prabang, en 2006 par Steve McCurry.

Un masque de bouddha du Japon datant du début du XIXe siècle avoisine une image captée au Laos, à Luang Prabang, en 2006 par Steve McCurry.

Laurent Guiraud/Tamedia

Certains clichés délivrent un sens puissant. Ainsi cet habitant de Srinagar, au Cachemire, photographié à sa fenêtre par McCurry en 1999 derrière une moustiquaire déchirée, entre en conversation avec cette statue sénoufo de Côte d’Ivoire servant au jugement et à des rites de sorcellerie; couverte de toile enduite, la figurine portait auparavant une cagoule sur la tête. Ou encore ces deux soldats afghans, pris devant un mur jaune peint d’une paire d’yeux noirs, répondant à une antique tête sumérienne. Chaque photo, chaque duo méritent un temps d’arrêt.

Humanité et beauté

«Nous admirons beaucoup le travail de Steve McCurry et souhaitions l’inviter pour l’une de nos conférences sur le thème du voyage», racontent Stéphane Barbier-Mueller et sa fille Alix, initiateurs de l’accrochage. «C’est lui qui nous a tout de suite proposé d’aller plus loin et de monter une exposition. Il a choisi 30 de ses clichés et nous les a envoyés.»

Charge à Laurence Mattet de débusquer dans la collection les pièces à placer en regard des photos. «Parfois la correspondance s’est imposée instantanément, dans d’autres cas elle s’est avérée un peu plus compliquée à trouver, résume la conservatrice. Mais ce qui nous a facilité la tâche, c’est que nous partageons avec Steve McCurry les mêmes valeurs d’ouverture sur l‘humanité et de sensibilité à la beauté.»

«Wabi-sabi, la beauté dans l’imperfection», dialogue des pièces de la collection Barbier-Mueller d’arts lointains avec les photographies de Steve McCurry, musée Barbier-Mueller, rue Jean-Calvin-10. Réouverture le 1er mars, tous les jours de 11 à 17 heures, jusqu’au 15 août.

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