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Pékin privilégie la relance au climat

Depuis l’ouverture de la COP 25 à Madrid début décembre, le ciel pékinois s’est densifié. Les applications mobiles surveillant la qualité de l’air des 25 millions d’habitants de la mégalopole s’affolent et affichent des taux rarement atteints cette année. En journée, les rayons du soleil peinent à pénétrer le smog, ce nuage de pollution qui s’accumule au-dessus de la capitale chinoise depuis plusieurs jours. Dans la soirée, le voile est persistant et donne à la ville des airs de film de science-fiction dystopique.

Pourtant, Pékin est sorti cette année du classement des 200 villes les plus polluées au monde grâce aux directives du gouvernement central. Sur les cinq dernières années, le taux de particules PM2.5 (les plus nocives pour l’homme) dans le ciel pékinois a baissé d’un tiers, mais reste cinq fois supérieur aux normes de l’Organisation mondiale de la santé. Consciente que la pollution est un problème quotidien pour sa population et donc une source de mécontentement social, le Parti communiste chinois (PCC) avait fait de la lutte pour l’environnement son principal cheval de bataille. En 2014, le premier ministre chinois Li Keqiang déclarait même officiellement «la guerre contre la pollution».

Cinq ans plus tard, le contexte a quelque peu basculé. Confronté à un net ralentissement économique –6% de croissance prévue en 2019, un niveau jamais observé depuis un quart de siècle– le PCC a troqué son costume de sauveur de la planète au sortir de la COP 21 pour enfiler celui du garant de la stabilité économique, et préserver ainsi la paix sociale.

Booster l’économie

Pour booster une économie morose secouée par plus d’un an de conflit commercial avec les États-Unis, Pékin a entrepris il y a un an une politique de relance. «Lors de la crise financière de 2009 et le ralentissement économique de 2014-2015, le gouvernement chinois a réagi par des politiques stimulantes via des projets d’infrastructure publiques et de constructions immobilières. Cela a entraîné des hausses colossales de rejets de CO2», explique Lauri Myllyvirta, analyste au Centre de recherche sur l’énergie et l’air propre à Helsinki.

Sur les huit premiers mois de l’année, les autorités centrales ont validé 21 projets d’infrastructures pour un peu plus de 100 milliards de dollars, un montant deux fois supérieur à l’an passé. «La croissance économique de la Chine en 2018-2019 a été tirée par les secteurs de la construction à forte intensité énergétique et de l'industrie lourde, et la production d'acier a augmenté plus rapidement que celui du PIB», affirme Lauri Myllyvirta.

«Autosuffisance»

Devant la Commission nationale sur l’énergie en octobre dernier, Li Keqiang a esquissé les premières orientations du prochain plan quinquennal (2021-2025) sur l’environnement dans un discours qui pousse peu à l’optimisme : «Le gouvernement doit diversifier ses sources d’énergies pour améliorer sa sécurité énergétique, intensifier ses efforts d’exploration et promouvoir ses réserves et sa production de pétrole et de gaz afin d'améliorer l'autosuffisance du pays.» En 2016, le premier ministre chinois avait appelé la Chine à «augmenter la proportion de sources renouvelables dans le mix énergétique». Cette année, il n’en a fait aucune mention.

D’après ses observations, Lauri Myllyvirta affirme que les émissions de carbone ont augmenté de 4% lors de la première moitié de cette année par rapport à la même période en 2018. Malgré cela, le chercheur assure que la Chine est en passe de tenir ses engagements d’ici à 2020.

S’alignera, s’alignera pas?

La question reste désormais de savoir quelles politiques énergétiques seront appliquées lors du prochain plan quinquennal : «Si les émissions chinoises continuent de progresser les cinq prochaines années, ce sera difficile d’atteindre les buts fixés lors de l’Accord de Paris. Mais si la Chine s’aligne sur les négociations internationales, cela pourrait être le déclic nécessaire dans la lutte contre le changement climatique.»

Après le retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, l’attitude de Pékin, à la fois premier pollueur mondial et leader dans le secteur des énergies propres, sera plus que jamais scrutée.

L’Inde, bientôt premier pollueur de la planète?

Alors que le sommet de la COP25 à Madrid vise à persuader les participants de faire plus pour lutter contre l’urgence climatique, l’Inde blâme les pays riches. Le 26 septembre dernier déjà, le premier ministre indien Narendra Modi prend la parole au sommet de l’ONU sur le changement climatique à New York. Il se présente en bon élève dans la lutte contre le réchauffement. «Le besoin, et non l’avidité, a toujours été notre credo», lance-t-il, solennel, avant d’ajouter: «D’ici à 2022, nous allons accroître nos capacités [électriques installées] d’origine renouvelable bien au-delà de 175 GW, et plus tard, atteindre 450 GW.»

L’objectif des 175 GW figurait dans les engagements de l’Inde pris à la COP21 de Paris en 2015. Celui des 450 GW, en revanche, est nouveau. Et ambitieux. Au 30 novembre, l’Inde disposait de 83 GW de capacités électriques d’origine renouvelable, d’après le Ministère de l’énergie. Depuis la COP21 de 2015, le bond est spectaculaire puisque le pays a installé 47GW en quatre ans. Mais il faudra encore installer 92GW en trois ans pour concrétiser l’engagement pris à Paris. Et Narendra Modi n’a pas dit quand, ni comment, il tiendrait sa promesse d’arriver à 450GW.

En outre, l’Inde n’a pas abandonné ses centrales à charbon. Elle a installé 27GW de capacités électriques reposant sur ce combustible depuis quatre ans, autant que pour le solaire. Révélateur d’un gouvernement qui refuse de sacrifier la croissance économique au nom de l’environnement. Durant la COP21, l’Inde avait promis de freiner la hausse de ses émissions de gaz à effet de serre. Pas de les réduire. Lorsque Delhi avait publié ses engagements, plusieurs think-tanks tablaient sur une multiplication par quatre des émissions indiennes de CO2 avant 2030. Celles-ci ont grimpé de 8% l’an dernier, selon le Global Carbon Project, contre 2,3% pour la Chine.

Du coup, l’Inde avait promis d’augmenter sa surface forestière. Une manière d’absorber le CO2 rejeté dans l’atmosphère et de limiter les effets nocifs de ses émissions. Mais quatre ans après la COP21, il y a du retard. Le gouvernement est censé planter 10 millions d’hectares d’arbres d’ici à 2030, une superficie 2,5fois supérieure à celle de la Suisse. 802000 hectares ont été reboisés entre 2015 et 2017, d’après le Ministère de l’environnement. Une hausse de... 1%. En janvier, des membres de la Chambre haute du parlement s’étaient inquiétés dans un rapport: «La commission estime qu'il faut faire beaucoup plus pour augmenter le couvert forestier.»

Faire plus? C'est aussi l’agenda du sommet de la COP25 censé persuader les États de revoir à la hausse leurs objectifs de réductions d’émissions. New Delhi estime que c’est aux pays riches de faire un effort. «Chacun est prié de réviser son plan d’action pour l’après-2020 parce que la crise s’accélère. Mais cette crise surgit à cause des pays développés», a lancé le négociateur indien Ravi Shankar Prasad la semaine dernière. «Ils n’ont pas tenu leurs promesses de transférer des fonds et des technologies aux pays en développement.»

Emmanuel Derville, New Delhi

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