Switzerland

Papyrus fait d’une pierre deux coups

Éric Budry
Rubrique Genève

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En février 2017, le Canton de Genève et les associations de défense des droits des étrangers lançaient l’opération Papyrus. En accord avec la Confédération. Ce projet pilote de régularisation, sous conditions, de travailleurs clandestins a parfois été accueilli, ailleurs en Suisse, avec un sourire goguenard et cette critique plus ou moins articulée: «Laissons faire ces Genevois avec leur angélisme, dans cinq ans, ils auront tout autant de sans-papiers qu’avant car de nouveaux clandestins remplaceront automatiquement les anciens.»

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Il faut le reconnaître, cette crainte d’un appel d’air était fondée. Mais, en l’état, il n’a pas eu lieu. Parce que le dispositif Papyrus n’est pas qu’un processus clarifiant les conditions d’octroi d’un permis de séjour et offrant un encadrement efficace et sécurisant aux demandeurs. Il est aussi une machine de guerre contre le travail au noir dans l’économie domestique.

Pour éviter l’appel d’air, l’État a mis les bouchées doubles, menant des campagnes contre le travail au noir et contrôlant ce secteur jusque-là largement épargné. Des contrôles systématiques ont ainsi été opérés sur ce domaine d’activité. Sur les 1834 dossiers reçus par l’Office cantonal de l’inspection et des relations du travail, 22% étaient en infraction. Mais dans la grande majorité des cas, les employeurs se sont ensuite mis en conformité. Bref, l’État a fait le ménage dans la maison.

Papyrus, c’est donc aussi cela. En plus d’accorder à des milliers de personnes le droit de se construire ici un avenir digne. Les cantons qui s’y intéresseraient seraient donc bien inspirés d’étudier l’entier du dispositif, et ne pas le confondre avec une simple amnistie ne modifiant en rien les structures qui produisent inévitablement de nouvelles poches de clandestinité.