Switzerland

«Nous pouvons nous donner les moyens de cohabiter avec le loup»

En 1990, Kevin Costner dansait avec les loups dans un long métrage multi-oscarisé de pure fiction. Trois décennies plus tard, Jean-Michel Bertrand place sa caméra dans le sillage de l’animal mythique. Dans «Marche avec les loups», qui sort le 22 janvier sur les écrans romands, le réalisateur français suit les traces du canidé revenu à pas tout sauf feutrés dans le massif alpin. Et depuis peu dans le Jura franco-suisse. C’est un véritable voyage, presque initiatique, qu’il propose. Un road-movie entre vallées sauvages et zones urbanisées des Alpes, qui se termine dans une cabane perdue au fond d’une forêt de la vallée de Joux, au printemps dernier. Soit quelques mois à peine avant que trois louveteaux n’y voient le jour, une première dans le Jura depuis son extinction au XIXe siècle. L’expérience peut se prolonger au-delà du film, via un livre éponyme, dont les textes ont été écrits par Julien Perrot, rédacteur en chef de «La Salamandre».

Jean-Michel Bertrand, en 2015 vous vous êtes lancé dans le projet «La vallée des loups», sorti en 2017. Aujourd’hui, vous poursuivez votre aventure avec «Marche avec les loups». D’où vous vient cet amour?
J’ai toujours eu une passion pour les animaux. Dans les Alpes où je vis, le loup fait partie des mythes. J’étais allé à sa rencontre en Mongolie avant qu’il ne revienne dans la vallée qui m’a vu naître. Il est intéressant à plus d’un titre. D’un point de vue biologique, en tant que grand prédateur, mais aussi car il questionne notre relation avec la nature comme peu d’autres animaux le font. Et puis, quand je suis ses traces, il me met à chaque fois en immersion totale avec la nature.

Dans le film, on vous voit manger dehors, bivouaquer, bref, vivre seul au milieu de la nature. Combien de temps a duré votre périple?
Le tournage a duré deux ans. Mais attention, je suis évidemment rentré chez moi à plusieurs reprises, pour recharger les batteries de mes appareils et changer de vêtements. Je ne suis pas dans la performance: ce qui m’intéresse, c’est le côté poétique, le parcours initiatique. Et pendant ces deux années, je n’ai pas toujours été tout seul, car malheureusement, je n’ai pas pu me filmer en train de marcher par exemple. Schématiquement, sur un mois j’ai passé trois semaines seul et une semaine entouré d’une équipe réduite, dont Marie Amiguet qui a mis en scène avec moi les moments que j’ai vécus… Ce qui fait que ce film n’est pas un documentaire au sens strict. Mais les loups qui apparaissent à l’écran sont des loups sauvages filmés dans leur milieu naturel, au prix de longs mois passés sur le terrain en toutes saisons. C’est ce qui me permet d’emmener les spectateurs avec moi.

Le film montre clairement votre positionnement par rapport à la problématique du retour du loup. Pensez-vous être objectif?
Mon point de vue est forcément subjectif. Ce qui m’intéresse, c’est de montrer comment il est revenu seul depuis l’Italie. Je suis conscient qu’il met une forte pression sur le pastoralisme, qu’il a changé la vie des éleveurs. Je ne suis pas donneur de leçons, mais je regarde et je vois que certains arrivent à s’accommoder de son retour. De toute manière, il est là et ne repartira pas. Mais ce n’est pas une fatalité. Nous pouvons nous donner les moyens pour trouver des solutions qui permettent une cohabitation.

La crainte que suscite le loup, vous la comprenez?
C’est culturel, parce qu’en Mongolie, jamais vous n’entendrez l’histoire d’un loup qui serait venu enlever un enfant dans un village... Disons que j’en comprends les mécanismes, bien qu’elle soit irréaliste. Elle montre la peur de l’homme face à la nature, la diabolisation qu’il en fait et son arrogance face à celle dont il se croit supérieur.

On dit que l’homme est un loup pour l’homme. Qu’en pensez-vous?
Comme toutes les expressions, je la passe par pertes et profits. On dit aussi avoir une faim de loup. Or, la seule espèce capable de consommer davantage que ce dont elle a besoin et ce dont elle dispose dans la nature, c'est l’homme. Les loups s’équilibrent eux-mêmes dans la nature en fonction de la disponibilité des proies.

Ce que certains ne veulent pas admettre et le font savoir, parfois avec violence. Vous avez du reste reçu des menaces de mort...
Oui, trois, pendant le tournage du film. On n’en a pas parlé à l’époque, parce qu’on ne voulait pas jeter de l’huile sur le feu. Mais j’ai déposé immédiatement une plainte qui a été classée sans suite, faute d’avoir trouvé qui étaient les auteurs.

Une partie de votre film a été tournée dans le canton de Vaud. Vous aviez prévu de passer en Suisse?
Un tiers de l’histoire en effet se déroule à la vallée de Joux, tout près de la frontière française. Mais ce n’était pas du tout prévu. On voulait en revanche aller dans le Jura.

La question du loup est-elle perçue différemment en Suisse qu’en France?
Non, j’ai entendu les mêmes réactions, ressenti les mêmes crispations. J’adore votre pays et ses habitants, notamment pour les questions de citoyenneté, mais par rapport au loup, c’est pareil qu’en France. Cependant, il ne faut pas stigmatiser les éleveurs et mettre tout le monde dans le même sac.

En Suisse vous avez fait une belle rencontre, juste?
Une grande découverte, même. Mais comme j’aimerais laisser quelques surprises aux spectateurs, je parlerai d’un animal qu’on ne trouve pas chez nous dans les Alpes, et dont le Jura m’a fait en quelque sorte cadeau. Un petit miracle, en somme. Un de plus, devrais-je dire.

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