logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo logo
star Bookmark: Tag Tag Tag Tag Tag
Switzerland

Merci pour ce discours courageux Mme Sommaruga!

Les discours des présidents de la Confédération au WEF sont polis, bien équilibrés, mais, avouons-le, rarement percutants. Souvent, l’audience s’ennuie et tapote sur le clavier de son téléphone. Mais mardi, en ouverture du WEF, la présidente de la Confédération a brisé la langue de bois, avec des mots forts et une habileté dramatique exemplaire.

Pendant deux petites minutes, un film montrant l’agonie insoutenable des abeilles aspergées de pesticides sur les amandiers a défilé sur les écrans géants dans un silence absolu. Si les lieux n’étaient pas mentionnés, tout le monde a compris qu’il s’agissait de la Californie. Le message était on ne peut plus explicite, quelques minutes avant que le président Donald Trump ne prenne la parole.

La conseillère fédérale en charge de l’environnement a averti en ombre chinoise l’orateur qui devait lui succéder. Aussi puissant soit-il (Trump), le monde ne peut plus tolérer tant d’excès, commis à chaque fois que les intérêts économiques et l’égoïsme des nations l’emportent sur le bien commun, notre Terre.

La présidente de la petite Suisse a osé ce que les diplomates ne feraient pas: elle a fustigé «l’esprit de vengeance», un multilatéralisme renié par un monde pourtant civilisé. Jamais, depuis que je suis Davos, je n’ai ressenti un tel frisson et une telle envie d’être fier de mon pays. Clairement, la responsabilité de la ministre de l’Environnement l’a emporté sur la neutralité ennuyeuse des présidents, chargés d’ouvrir la réunion du Forum de l’économie mondiale. Assise à côté de moi, une responsable d’une importante organisation économique suisse était, elle aussi, ravie par «tant de courage».

Je suppose que Klaus Schwab était averti de la tonalité du discours. Car lui aussi s’est livré à un plaidoyer «contre le cynisme» et la paralysie face aux enjeux posés par le climat. Et même si ce n’était pas le cas, ces deux discours resteront des moments forts dans l’histoire de Davos. Oui, les jeunes peuvent être quelque peu rassurés; il existe encore des dirigeants sur cette planète qui peuvent dire: «Oui, vous pouvez compter sur nous.»

Themes
ICO