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Mathieu Jaton: «J'adorerais revoir Radiohead à Montreux»

Pas de concerts au Stravinski ni au Lab. Pas de show gratuit ni de promenade au bord du lac avec une glace ou une bière. En 2020, le Montreux Jazz ne sera pas célébré habituellement pour les raisons qu'on sait. Le festival aurait dû démarrer sa nouvelle édition ce vendredi 3 juillet. Ce n'est pas pour autant que l'équipe de l'événement est restée sans rien faire.

Mathieu Jaton nous présente son programme musical et divertissant durant ses deux prochaines semaines et se remémore ses meilleurs souvenirs. LeMatin.ch a décidé d'en faire de même en vous présentant des contenus inédits jusqu'au 20 juillet pour continuer à faire vivre l'âme de cette 54e édition.

Aujourd'hui aurait été l'envoi du 54e Montreux Jazz Festival. Comment vous sentez-vous?

C'est un sentiment particulier. J'ai passé vingt-cinq ans de ma vie à vibrer avec le festival au mois de juillet et je ne peux ignorer ce vide cette année. On va s'en rappeler longtemps. J'ai de la peine à définir mon état. Évidemment, je ressens de la tristesse mais également de l'excitation grâce aux projets que l'on met en place. Nous ne sommes pas restés les bras croisés.

Parlez-nous de ces projets.

On a commencé à lancer la machine au début du confinement lorsqu'on a décidé de ne pas annoncer la programmation. On a partagé 50 concerts du festival en streaming gratuitement pendant trente jours sur la plateforme Stingray. Aujourd'hui, on a décidé d'aller dans le même sens, mais de pousser le bouchon un peu plus loin. Tous les jours, il sera possible de voir un concert en streaming sur notre chaîne YouTube. La plupart des shows n'ont jamais été sortis de nos archives. On commence avec celui de John Lee Hooker en 1983. Un véritable coup de cœur et un spectacle de folie!

Avez-vous prévu d'autres surprises durant ces deux semaines?

Bien sûr! On a demandé à plusieurs musiciens de choisir un concert du Montreux Jazz qu'ils auraient voulu voir ou revoir. C'est un concept filmé de trois minutes. On y retrouve des artistes jazz, latino, rock ou encore électro qui ne vont pas forcément vers un choix évident. La dernière surprise concerne les journalistes. On a demandé à plusieurs personnes qui couvrent l'événement chaque année de nous raconter la journée qu'elles auraient voulu vivre. Que ce soit complètement imaginaire ou complètement romancé. Tous ces projets feront vivre d'une manière un peu différente cette 54e édition. On terminera l'été peut-être avec un livre où l'on retrouvera tous les textes des journalistes, mais aussi les affiches fictives des 17 artistes et du public qui ont participé à notre concept «Silent Shores». Pour rappel, il fallait créer une affiche sur ce sujet.

Vous avez toujours été un peu vague concernant la programmation de l'année prochaine? Sera-t-elle similaire à celle de 2020?

Je ne suis pas vague. Je suis prudent. Oui, le principe de base est de reproposer aux artistes qui étaient sur la programmation cette année de revenir en 2021. Je ne l'ai pas affirmé dès le départ, car il y a plein d'incertitudes dans le milieu de la musique concernant les tournées. Au départ, tout le monde vous dit: «Pas de problème, on décale!» À mesure que les mois passent, on vous annonce que l'artiste veut peut-être aller en studio ou décaler sa tournée en automne. J'ai bien fait d'être prudent. (Rires.) Aujourd'hui, je peux dire que les 80% de la programmation du Stravinski est confirmée pour l'année prochaine. Même si rien n'est jamais sûr!

Comme vous avez déjà plusieurs confirmations, allez-vous annoncer vos artistes tout au long de l'année?

C'est une grande question que l'on a aujourd'hui. Tout est en train de changer. Je pense à deux artistes qui sont déjà confirmés pour l'année prochaine. Le management a pratiquement déjà annoncé la tournée et on nous a demandé si on ne voulait pas le dire en primeur. On s'est dit qu'avant l'été, ce n'était pas le moment le plus approprié. En revanche, je n'exclus pas de le faire en automne.

Vous avez peur pour l'année prochaine?

Je suis un éternel optimiste. On va faire des choses, c'est certain. Maintenant, nous sommes juste dans une situation spéciale qui demande à être évaluée chaque jour. Il y a trois mois, personne ne pensait qu'on en serait encore là. Il est de notre responsabilité d'imaginer toutes les possibilités pour l'année prochaine. La première étape est de se sauver, la deuxième d'imaginer le futur. Montreux est un festival urbain, c'est un avantage. On a de multiples petites scènes. Quelles que soient nos dispositions, nous allons quand même pouvoir faire des choses.

Racontez-nous votre premier Montreux Jazz.

C'était un concert de B.B. King au Casino, en 1991. J'avais 16 ans et j'étais sur une autre planète. J'avais un groupe de jazz, rock et blues à l'époque et je considérais Montreux comme la Mecque. J'avais été invité par le père de mon guitariste qui était luthier. Il nous avait dit qu'il fallait absolument que l'on voie un concert de B.B. King et il avait raison. Le show m'a complètement épaté. Quelques mois plus tard, j'ai eu la chance de rencontrer Claude Nobs. On a parlé musique et il a écouté une de nos démos. C'est là que mon histoire avec le festival a commencé. L'été suivant, j'ai pu aller au chalet faire les réceptions des artistes et rentrer dans l'équipe du staff du festival.

Quel est le moment le plus incroyable que vous avez vécu à Montreux?

J'ai des frissons rien qu'en y pensant. La jam de Prince en 2007. Il ne devait normalement pas venir. Il y a eu une annulation de concert et il a décidé de remplacer l'artiste alors qu'il avait ses 21 shows à Londres au même moment. Il nous a grillé la priorité de l'annonce de sa venue et là, on comprend qu'il veut créer une histoire avec Montreux. Lors de son concert, il a commencé par 45 minutes de jazz, juste pour montrer à tout le monde qu'il avait amplement sa place, suivi de deux heures de show. Il s'en est ensuite allé au Montreux Jazz Café et a terminé par cette jam de malade. J'étais derrière lui toute la journée pour gérer. Avec lui, on ne sait jamais ce qui va se passer. On était tous tellement fiers de notre travail, car on savait qu'une mini erreur aurait pu changer toute la soirée.

Quelle est la demande la plus drôle que vous avez reçue d'un artiste?

Je réfléchis, car ça me choque rarement. Je vais éviter de dévoiler son nom. (Rires.) Je me rappelle qu'il s'agit d'un artiste majeur très orienté sur l'écologie. Et quand on reçoit les instructions, on nous demande de l'eau Fiji, qui vient donc des îles Fiji. Cela m'a fait rire. J'ai refusé et j'ai donné de l'Henniez. Nous aussi on essaie d'être éco!

Le moment qui vous a le plus ému?

En 2018, lorsque Rag'n'Bone Man a dû annuler son concert à la dernière minute. On avait construit une histoire avec lui depuis que je l'avais entendu à Eurosonic en janvier 2016. Puis, il est venu jouer en conférence de presse et au Miles Davis Hall. Il a ensuite explosé et est parti en tournée pendant deux ans. Il devait clôturer ses deux années sur la route chez nous. Quand on m'a appelé à 18h pour m'annoncer l'annulation, j'étais vraiment mal. Je sais à quel point il voulait vivre ce moment. Lorsque je suis rentré dans sa loge, il était seul et en larmes. Il était tellement touché de ne pas pouvoir faire ce concert. Il s'est excusé à plusieurs reprises, même si aucun son ne sortait de sa bouche. Quelque part, cela nous a rapprochés encore plus et je lui ai proposé de lui donner carte blanche pour l'année suivante au festival. Il a tout de suite accepté et a organisé une soirée incroyable. Il s'est vengé!

Quel artiste êtes-vous fier d'avoir vu?

Stevie Wonder, en 2014! C'était l'artiste qui n'était jamais venu au festival. Claude Nobs en parlait tout le temps. Il se trouve qu'il a joué l'année qui a suivi le décès de Claude. Honnêtement, ce n'était pas facile à assumer. Mais quel moment! On a cette ADN de musique afro-américaine au Montreux Jazz et il nous manquait un artiste à l'appel: Stevie. D'accord, il nous a fait languir pendant 45 minutes. J'étais dans tous mes états. Mais il a fini par monter sur scène et s'amuser pendant 2h30.

Un musicien ou une musicienne vous a déçu?

Ce n'est pas l'artiste qui m'a déçu, mais la performance. La même année que Stevie Wonder on a fait venir Pharrell Williams. On était très content de l'avoir, mais c'était le début de sa tournée. J'ai entendu que le show n'était pas complètement prêt et qu'ils ont accéléré la tournée par rapport au succès. On a eu une petite déception à la fin du show, car c'était hyper court. J'attendais beaucoup plus. Je me disais qu'on allait peut-être entendre «Happy» dans une version différente, qui allait partir en jam. J'aurais voulu qu'il se lâche plus. Je souligne qu'il est revenu quelques années plus tard avec N.E.R.D. et que c'était très bien!

Qui rêvez-vous de voir ou revoir au Montreux Jazz?

J'adorerais revoir Radiohead. Je rêve aussi de grandes formations, de groupes un peu intouchables, comme Muse il y a quatre ans. Juste les trois gaillards en acoustique. Je me rappelle également d'une discussion qu'on avait eue avec Bono. Il était venu au Apollo Theater à Londres avec un groupe de gospel aider de jeunes artistes pour The Jazz Foundation of America. On était dans les loges et il m'a dit: «C'est un truc que j'aimerais faire chez vous: venir avec un groupe de gospel.» L'idée est géniale! Avec ou sans U2, je suis preneur!

Votre mot d'ordre pour le festival, c'est l'originalité?

J'ai toujours envie d'avoir quelque chose en décalage. Par exemple, de voir Woodkid qui fait le 50e du Jazz avec une structure complètement barrée ou encore de découvrir Lady Gaga avec Tony Bennett. J'aimerais revoir Alicia Keys dans une nouvelle configuration. On oublie le gros show à l'américaine! On peut aussi penser à monter une scène différente. J'ai plein d'idées à ce sujet. On a un très joli lac devant nous, on pourrait faire quelques trucs sympas.

Fabio Dell'Anna

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