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Mal embarqué, le LUC capitule à Genève. Il va devoir réagir sans tarder

Pour Chênois, cela devient une heureuse habitude, pour le LUC une satanée manie. Si l’équipe genevoise attaque ce derby tambour battant, le champion en titre l’aborde à côté de ses pompes. Certes, un lever de rideau ne dévoilera jamais le dénouement d’une intrigue mais il peut conditionner le jeu des acteurs.

Samedi, le gain du premier set, poutzé 25-17, a galvanisé le locataire de Sous-Moulin et déstabilisé son hôte lausannois. «Je n’y comprends rien, se désole Max Giaccardi. C’était déjà pareil la semaine précédente. Les gars se ratent, réagissent bien et finissent par capituler.» Logique, dans l’autre camp, on jubile. «On ne pouvait pas mieux jouer», assure Charly Carreño.

Voilà, ce quart de finale des play-off est engagé et Chênois a pris les choses en main. Le duel sera athlétique mais avant tout stratégique et psychologique. Sur ce plan, le coach espagnol fait merveille. Sa science du jeu se double d’une parfaite gestion des ressources humaines. Il peut, pour cela, s’appuyer sur la complémentarité de son contingent et la force de caractère de ses joueurs, à commencer par les jeunes Robin Rey et Yann Prönnecke, tous deux épatants samedi.

Libero courage

Du passeur, d’une froide lucidité dans tous ses choix tactiques, Charly Carreño dit que son «mental est exceptionnel». Du libero, resté stoïque sous le feu des services adverses (36!), il ne peut que louer le courage. L’après-midi du match, Yann Prönnecke avait assisté à l’enterrement de Tobias, son meilleur ami. Il avait appris son tragique accident une semaine plus tôt, juste après le match contre le LUC. Il y a des victoires tristes, des joueurs en peine et le jeu qui continue. «Émotionnellement, ça a été un match compliqué pour moi. J’ai eu des coups de moins bien mais je crois que je m’en suis bien sorti», confie l’inconsolable.

Des émotions, il y en a eu sur le terrain. Des coups d’éclat, des coups de barre. Du suspense aussi avec l’âpre épilogue du deuxième set, conclu sur une cinquième balle décisive. Une action à l’image du match avec cette réception bâclée de Prével, l’inspiration géniale de Rey et le smash canon du Croate Stojavljevic, le nouveau renfort (très apprécié) de Chênois. «En attaque, les Genevois nous sont supérieurs, surtout si on ne parvient pas à contrecarrer leur jouerie», maugrée le coach de Dorigny. Max Giaccardi a fini par sortir son pointu Jokela, pas assez performant à son goût, mais il a aussi un peu perdu son ferrailleur français, le premier à se taper sur les doigts.

Prével plaide coupable

«Je m’en veux, peste Adtrien Prével. Mon taux de réussite en attaque est misérable et j’ai commis beaucoup trop d’erreurs. Cette défaite, elle est pour moi! Samedi prochain, il faudra se montrer plus agressif dès l’entame de la partie. On l’a vu dans la troisième manche, Chênois est prenable. A nous de lui mettre la pression, de le pousser à la faute» Le top-scorer enrage mais ne baisse pas les bras, ce n’est pas le genre du personnage. «Une telle défaite, ça fait mal pendant cinq minutes mais moralement, on n’est pas abattus», confirme Jonathan Kaeser, le second oppo. Il y a deux ans, le LUC s’était aussi écroulé à Sous-Moulin en demi-finale des play-off avant d’enlever le titre. Un succès fondateur pour Max Giaccardi, un souvenir à oublier pour Charly Carreño.