Switzerland

Luigi Di Maio lâche la direction de M5S

Le chef du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, anti-système) Luigi Di Maio, membre de la coalition gouvernementale italienne de centre-gauche, a démissionné mercredi de la tête de son parti, à quatre jours d'un scrutin régional clef.

«Je suis ici aujourd'hui pour présenter ma démission comme chef du parti», a déclaré Luigi Di Maio, ministre des Affaires étrangères, lors d'un rassemblement de membres du M5S.

Cette décision intervient juste une élection régionale cruciale prévue dimanche en Emilie-Romagne (nord-est), où une victoire de l'extrême droite pourrait entraîner la chute du gouvernement formé par le M5S et le Parti démocrate (gauche).

Direction collégiale

Luigi Di Maio, 33 ans, arrivé à la tête du M5S en septembre 2017, a convoqué les ministres «5 Etoiles» en milieu de matinée et devrait s'exprimer en fin d'après-midi.

Selon les médias, il pourrait annoncer la mise en place d'une direction collégiale du mouvement contestataire, né il y a dix ans du rejet de la vieille classe politique discréditée par les scandales de corruption.

Cette annonce interviendrait à quatre jours d'une élection régionale cruciale prévue dimanche en Emilie-Romagne (nord-est).

Législatives anticipées

Une victoire de l'extrême droite dans cette région historiquement ancrée à gauche, dont Bologne est le chef-lieu, pourrait entraîner la chute du gouvernement formé par le Parti démocrate et les «5 Etoiles», et provoquer des législatives anticipées ardemment souhaitées par le chef de la Ligue (extrême droite) Matteo Salvini.

Luigi Di Maio est contesté à l'intérieur du M5S par des élus qui estiment qu'il ne peut concilier les postes de ministre et de chef de parti.

Des voix discordantes se sont aussi fait entendre sur la gestion du Mouvement parmi des parlementaires dont plusieurs ont déjà fait défection ces derniers mois.

Certains parlementaires critiquent aussi la gestion qui est faite des fonds que chacun d'eux doit verser au mouvement, en restituant une partie de son traitement équivalente à 2150 francs euros par mois.

Conséquences des rumeurs

Premier parti d'Italie lors des dernières législatives de mars 2018, où il avait obtenu 32% des voix, le M5S s'est effondré à 19% lors des européennes de mai dernier. Il est aujourd'hui crédité d'environ 15% des intentions de vote derrière le Parti démocrate à 18%, avec lequel il gouverne, et la Ligue à 33%.

Ces rumeurs de démission de Luigi Di Maio ont entraîné en début de matinée une hausse à 170 points du «spread», le très scruté écart entre les taux d'intérêt allemand et italien à dix ans. Il était redescendu à 166 points en fin de matinée.

La Bourse de Milan était elle en berne, perdant 0,44% à 23.740 points, tirée vers le bas notamment par les banques. (afp/nxp)