Switzerland

Le sexe oui, la boxe non: le noble art reste zen

Le déconfinement poursuit son cours, les portes se rouvrent les unes après les autres, le retour à la vie s’organise. Mais pas pour tout le monde. En Suisse, alors que le football professionnel a choisi vendredi de reprendre ses championnats, alors que le sport amateur et associatif retrouve ses droits, d’autres doivent encore ronger leur frein. On pense notamment à tous les sports de combat, à commencer par la boxe, dont la pratique reste pour l’heure proscrite en raison des contacts serrés qu’elle impose.

Au moment où, par exemple, les salons destinés au sexe tarifé vont rouvrir, on pourrait voir dans l’interdiction de boxer une incohérence, voire une injustice. Élégants, responsables, les gens du noble art ont choisi de ne pas hurler au scandale. S’il ne cache pas une «grande frustration», s’il consent «qu’il y a des choses difficiles à admettre», Domenico Savoye, co-président de Swiss Boxing, invite au «pragmatisme et à la sérénité».

«En boxe, il y a bien sûr des contacts rapprochés, avec un échange de transpiration voire de salive entre les combattants, donc la décision ne me paraît pas complètement illogique, déclare celui qui dirige aussi le Boxing Club de Martigny (réouverture à la mi-août). Comme nous approchons de toute façon de la fin de saison, les nuisances ne sont pas si énormes. Ceux qui souffrent le plus, ce sont les quelques entraîneurs qui vivent de cette activité. Sinon, même si je perçois pas mal d’impatience chez les jeunes et certains parents, la solidarité l’emporte nettement sur la fronde.»

«Aucune rancœur contre le système»

Cabal Crenn, patron de Fight-District à Lausanne, veut lui aussi positiver plutôt que se plaindre. «On a parfois eu l’impression qu’il y avait des plans pour tous les domaines, sauf le nôtre, regrette-t-il quand même, mais j’ai accueilli les dernières annonces du Conseil fédéral comme une bonne nouvelle. Dès le 8 juin, nous pourrons organiser des entraînements avec une trentaine de personnes, ce qui était impossible jusqu’ici. On verra à quel point les gens ont envie de revenir en nombre, après cette pause.»

En fait, le souci principal de Cabal Crenn concerne les quelques boxeurs pros qui officient sous sa houlette. «C’est plus compliqué de tenir un boxeur, lorsqu’il n’y a pas de but précis à l’horizon, explique-t-il. Or dans les circonstances actuelles, les promoteurs ne sont pas prêts à prendre le risque de mettre sur pied des réunions qu’ils devraient peut-être annuler par la suite.»

Bref, l’automne sera rude. «Avec de la chance, on pourrait imaginer des réunions en décembre», estime Mehdi Ben Hamira. L’architecte et poids lourd de 27 ans ne panique pas. «C’est dur de devoir attendre, mais je préfère ça plutôt que d’affronter une deuxième vague à la fin de l’été, déclare le poulain de Cabal Crenn. J’éprouve de la frustration envers cette situation, mais je n’ai aucune rancœur contre le système. Il n’y a pas de sentiment d’injustice ni d’inégalité de traitement, puisque tous les combattants sont logés à la même enseigne, dans tous les pays.»

Quid de l’ouverture imminente des salons érotiques? «Ils ont sans doute estimé que l’acte sexuel, contrairement à un combat de boxe, durait moins de quinze minutes, rigole Ben Hamira. De nouveau: je préfère que nous soyons vigilants maintenant. Et je prends ce coup dur comme une possibilité de souffler, de se recentrer et de repartir avec une nouvelle motivation.»

On vit les choses avec philosophie

Au Club pugilistique de Carouge, on a aussi décidé de vivre les choses avec philosophie. Si la salle est fréquentée par quelques personnes qui s’entretiennent individuellement ou par petits groupes, elle restera fermée au public tout l’été.

«Pour la sécurité de chacun, il est plus prudent de patienter, attendons la reprise fin août-début septembre, en espérant que le virus ne revienne pas, dit Giorgio Costantino, l’entraîneur en chef, notamment du champion du monde Patrick Kinigamazi. J’aime le sport, mais sans la santé, on ne fait rien. Que sont deux ou trois mois d’entraînement, dans une vie? Il faut prendre le temps. Quand on agit dans l’urgence, on se casse la gueule.»

Le fringant sexagénaire sait de quoi il parle. Très tôt, les gens de la boxe apprennent à encaisser les coups. Sans faire de cinoche, sans se plaindre.

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