Switzerland

Le Montreux Tattoo fait une croix sur 2020

«The party is over.» Sur sa page Facebook, Philippe Aillaud met le clap de fin en anglais au Montreux Tattoo, convention qui a réuni quelque 160 tatoueurs et 10'000 personnes au 2m2c (Centre de Congrès) de Montreux depuis 2015. Après cinq éditions, lui et son compère Grégoire Laurent ont pris cette décision «à contrecœur» à la suite d’une succession de déconvenues. Tout du moins pour 2020.

Premier écueil, la saturation du calendrier. Le Montreux Tattoo, prévu traditionnellement l'avant-dernier week-end de septembre (soit une semaine avant la convention de Londres, pour attirer les tatoueurs asiatiques en tournée européenne), aurait dû se dérouler en même temps que le Montreux Acrobaties (le week-end des 19 et 20 septembre).

«Cela veut dire une quarantaine d’animations et plusieurs dizaines de milliers de personnes dispersées en ville, des accès bouchés, nous offrant une manifestation payante et eux non: ça faisait une trop grosse concurrence, explique Philippe Aillaud, cofondateur et co-organisateur de Montreux Tattoo. Nous pouvions occuper le 2m2c, où nous avons toujours été très bien accueillis et avec qui c’est un plaisir de travailler, mais ça compliquait trop les choses.»

Les deux compères ont bien pensé à déplacer au week-end suivant, mais là ce sont les championnats du monde de cyclisme à Aigle qui posent problème: «Tous les hôtels seront pleins jusqu'à Montreux. Or nous devons loger nos tatoueurs qui viennent de loin, reprend Philippe Aillaud. Sans compter les incertitudes liées aux travaux prévus au 2m2c, qui ne nous permettent pas de fiabiliser nos sponsors. Au final, cela faisait un peu trop d’épées de Damoclès au-dessus de la tête et nous avons préféré renoncer. Le risque financier était trop grand.»

Direction Lausanne?

Le plan B se nomme Palais de Beaulieu. C’est même le seul qui puisse proposer les 5000 m2 équipés nécessaires pour un événement comme le futur ex-Montreux Tattoo. «Nous sommes en discussion, mais il y a d’autres contraintes, selon Grégoire Laurent, autre co-organisateur. En premier lieu, la taxe lausannoise sur les divertissements –j’ai envie de dire la taxe contre les divertissements!– de 14%.»

La course contre la montre pour trouver des sponsors et des solutions en tout genre a donc commencé. «On peut monter cet événement en quatre mois, même s’il ne s’agit pas d’un déplacement de l’événement de Montreux, mais bien d’en créer un nouveau. Pour cela, il faut que nous soyons fixés d’ici à fin mai. Notamment pour prévenir les tatoueurs exposants.» L’avenir proche ou lointain reste donc incertain. 2020 sera-t-elle une année de transition avant un retour à Montreux? Philippe Aillaud n’en sait rien: «Tout est ouvert. Aller à Lausanne et revenir à Montreux, rester à Lausanne, voire ni l’un ni l’autre...»