Switzerland

Le franc fort empoisonne le Bongénie

Cinq ans presque jour pour jour après la brutale chute de l’euro de janvier 2015, quand la parité avait été atteinte durant quelques instants, le franc fort est à nouveau d’une brûlante actualité. Jeudi, un euro s’échangeait autour de 1,08 franc dans les bureaux de change. La cherté de la devise nationale empoisonne des secteurs entiers de l’économie. La Banque nationale suisse est désormais scrutée de près par les États-Unis, ce qui entrave sa marge de manœuvre. Le tourisme d’achat, désormais facilité par des liaisons en train et en tram jusqu’au cœur d’Annemasse, inquiète les commerçants. Fortement représentée à Genève, l’industrie horlogère pâtit aussi, tout comme le tourisme. Associé du groupe Brunschwig et actif dans l’entreprise depuis près de quarante ans, Pierre Brunschwig dévoile les résultats de cette entreprise familiale et en détaille les aspérités.

Comment s’est déroulée la marche des affaires, en 2019?
Le groupe Brunschwig (magasins Bongénie Grieder et ses quatre entreprises associées) va boucler son exercice avec une progression du chiffre d’affaires de 2,5%. Et en gagnant de l’argent.

Et le montant de ces revenus?
Environ 170 millions de francs.

Comment expliquez-vous cette performance alors que le commerce de détail est en crise?
Nous sommes arrivés à ce résultat grâce à une forte hausse des ventes en lignes, qui ont progressé de 50%. Ce canal représente aujourd’hui 5,5% de notre chiffre d’affaires.

Tout va bien, alors?
Non. Nos difficultés, comme celles de l’ensemble du commerce de détail, proviennent de la cherté du franc. Jeudi matin, le franc s’échangeait à 1,0745 pour un euro. Il y a six mois, un euro valait environ 1,10 franc.

Mais ce franc fort ne vous permet pas d’acheter davantage de marchandises?
Non, pas forcément, car très souvent, nous achetons en francs suisses à des fournisseurs de la zone euro. Nous ne profitons donc que très modérément de la force du franc suisse.

Comment vous en sortez-vous?
Les gens nous connaissent. Le Bongénie existe depuis 1891. Avec mon frère Nicolas et notre cousine Anne-Marie, c’est la quatrième génération qui est aux commandes. Et une cinquième génération se prépare. Nous nous appuyons sur la notoriété de nos enseignes et assurons un service personnalisé.

Mais comment l’assurer à l’heure d’internet?
Si un client détecte un défaut, il nous en parle et peut surtout se rendre dans nos magasins sans passer par la case poste. C’est apprécié.

Que prévoyez-vous en 2020?
Nous rénovons et adaptons nos points de vente en permanence, cette année. Nous allons rénover deux étages dans notre magasin de Lausanne (place Saint-François) et un des deux magasins que nous exploitons dans le centre de Chavannes. De plus, dès avril, nous accueillerons une nouveauté sur le marché helvétique avec l’arrivée d’un corner Watchfinder au rez-de-chaussée de notre magasin dans les Rues-Basses.