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Switzerland

Le Canton défend «son» projet de biogaz

La grande salle de Poliez-le-Grand était bondée la semaine passée. Près de 70 opposants à un projet de centrale de production de biogaz ont sacrifié une matinée pour assister à une audience d’instruction de la Cour de droit administratif et public, comprenant la visite du site. Un moyen pour eux de souligner le mécontentement et les inquiétudes qui les avaient incités ce printemps à formuler, lors de la mise à l’enquête du projet, une vingtaine d’oppositions comportant plus de 150 signatures.

Également présents dans la salle du village, une dizaine de représentants des services de l’État résolus, eux, à défendre les huit autorisations spéciales et la dérogation accordées au projet. De quoi créer des tensions et provoquer des réactions dans la salle; vite recadrées toutefois par la juge: «Silence! Nous sommes ici à une audience de tribunal, pas dans un théâtre.»

«Silence! Nous sommes ici à une audience de tribunal, pas dans un théâtre»

Une juge de la Cour de droit administratif et public

Pour les services cantonaux, l’emplacement retenu, à 200 m du centre du village, est le seul possible si l’on veut éviter le mitage du territoire. Une ligne directrice qui justifie les concessions accordées, au grand dam de certains. «Sachant que ce projet est dans la droite ligne de la stratégie énergétique du Canton et que le site est imposé par le SDT (ndlr: Service du développement territorial), nous avons procédé à une pesée d’intérêts et accordé l’implantation d’une des cuves à moins de dix mètres de la lisière forestière», a ainsi expliqué à la juge l’inspecteur forestier.

Variante à plusieurs

Promoteur de ce projet qu’il essaie de faire aboutir depuis huit ans et qu’il a déjà été contraint de déplacer plusieurs fois, l’agriculteur Philippe Mermoud soupirait au sortir de l’audience: «La variante actuelle est davantage le projet du Canton que le nôtre!»

Dans l’espoir de débloquer la situation et de ne pas se fâcher définitivement avec tous ses concitoyens, il soutient d’ailleurs une autre proposition, imaginée cet été par un collègue agriculteur voisin. «Ce projet serait installé à l’extérieur du village et éviterait ainsi tous les griefs des opposants. Il a été envoyé au Canton pour étude, mais ce dernier n’a pas répondu.» Et pour cause: «Nous n’entrerons pas en matière tant que le projet actuel existe», a annoncé la représentante du SDT à la juge qui la questionnait sur cette nouvelle variante.

La tâche s’annonce ardue pour la Cour. La jurisprudence par rapport à ce type d'installation est en effet restreinte et, surtout, le projet diffère passablement du concept standard de production de biogaz agricole. Il ne repose pas en effet sur un seul agriculteur possédant des vaches, mais sur un collectif, ou une coopérative à créer.

Cette particularité pourrait toutefois relancer les études: «Puisqu’il y a plusieurs agriculteurs impliqués, il me semble que l’étude des implantations possibles devrait couvrir tous leurs domaines et pas seulement celui du porteur du projet», a fait remarquer l’avocat des opposants. La cour a accédé à la requête et ordonnera donc parmi diverses mesures d'instruction complémentaires, la production de la liste des agriculteurs potentiellement membres de la future société coopérative.

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