Switzerland
This article was added by the user . TheWorldNews is not responsible for the content of the platform.

La rédaction: Avançons non masqués, mais avec bon sens

La rédactionAvançons non masqués, mais avec bon sens

L’Europe a levé lundi l’obligation du port du masque dans les avions. Inquiets, certains pays ne suivent pas. Exemple entre Paris et Berlin.

«Nous vous rappelons que sur ce vol Berlin-Genève le masque est encore obligatoire.» Dimanche soir, en rentrant de la capitale allemande, j’ai cru déceler des trémolos dans la voix de l’hôtesse de l’air qui faisait cette annonce pour la dernière fois. Depuis lundi, le ciel est bleu, la vie est belle: on vole sans masque dans les avions au sein de l’Union européenne et tout le monde applaudit.

Tout le monde? Pas mes amis qui sont rentrés deux semaines plus tôt sur un vol bondé Stockholm-Genève – déjà sans masque, les Suédois – et qui, bien que couverts, ont attrapé le Covid. Pas sûr non plus que le personnel de cabine soit ravi de partager un vol long-courrier de huit ou dix heures dans un espace exigu avec des passagers qui toussent et qui reniflent…

«Les malheureux touristes […] qui avaient osé le simple masque chirurgical étaient fusillés du regard.»

Même musique dans le train ou dans le métro. Quelques jours plus tôt, j’étais dans le TGV Lausanne-Paris. Le personnel accompagnant, toujours lui, nous rappelait que le masque n’était certes plus nécessaire en Suisse mais encore obligatoire dès la frontière. Nous voilà donc tous, dans le même wagon depuis une demi-heure, à couvrir docilement notre nez et notre bouche une fois passés la gare de Vallorbe. Dans le métro parisien, le vent de la révolte soufflait, et les regards méfiants des masqués croisaient ceux des non-masqués, qui, avant l’annonce libératrice du Conseil de défense sanitaire français, se croyaient déjà tout permis.

Outre-Rhin, ce week-end, l’ambiance était carrément à la délation. L’Allemagne, méfiante depuis le début de la pandémie, n’a pas suivi la décision de l’Agence européenne de la sécurité aérienne. Les masques FFP2 resteront obligatoires dans les transports publics et dans les avions jusqu’au 23 septembre. Les Berlinois suivent les ordres à la lettre. Les malheureux touristes français assis à côté de moi dans la S-Bahn et qui avaient osé le simple masque chirurgical étaient fusillés du regard, quand on ne leur tendait pas avec insistance un FFP2 réglementaire…

Un joli désordre

Nous sommes, pour beaucoup d’entre nous, vaccinés, les hôpitaux ne sont plus sous tension, le Covid est derrière nous, nous dit-on. Alors, du «avançons masqués», la consigne générale est devenue: «Faites comme bon vous semble.» Ce qui donne lieu à un joli désordre. Il y a ceux qui ne lâchent rien, comme l’Allemagne, ceux qui ne veulent pas effrayer les touristes cet été, comme la Grèce, l’Italie ou l’Espagne, et qui tirent le masque jusqu’au 15 juin. Et si vous planifiez vos vacances estivales plus loin que l’Europe, ce sera au cas par cas, selon les pays et les compagnies aériennes.

Il m’arrive de mettre un masque dans un wagon ou un bus bondé. Je le laisserai sans doute dans l’avion. Nous ne sommes plus qu’une poignée à le faire. Après deux ans de restrictions, nous voulons souffler, c’est normal. Mais peut-être que, face aux recommandations des épidémiologistes qui nous annoncent déjà un retour de bâton cet automne, le bon sens devrait, de temps en temps, l’emporter.

Virginie Lenk est journaliste à la rubrique internationale depuis 2019, spécialiste de l'environnement. Elle a travaillé auparavant à la RTS.

Plus d'infos

Vous avez trouvé une erreur? Merci de nous la signaler.