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La petite entreprise du couple Fillon est jugée dès ce lundi par la Chambre correctionnelle de Paris

C’est un procès qui n’aurait jamais dû avoir lieu, du moins selon les normes traditionnelles de la justice française. Ce lundi, François Fillon comparaîtra devant la Chambre correctionnelle du Tribunal de Paris pour «détournement de fonds publics», et sa femme, Penelope, pour complicité et recel du même délit. Il encourt une peine maximale de 10 ans de prison et une amende de 100'000 euros.

Quand l’affaire avait éclaté dans les pages du «Canard enchaîné», on était le 24 janvier 2017, trois mois jour pour jour avant le premier tour de l’élection présidentielle. Il était inconcevable que, dans un délai si bref, une information judiciaire puisse déboucher sur une mise en examen. Cela ne s’était jamais vu, car la justice est lente et que jamais, jusqu’alors, elle n’avait pris la responsabilité d’interférer dans un processus électoral aussi important. Cette fois-ci, elle le fit. François Fillon a perdu l’élection. Avec elle l’impunité présidentielle. Il arrive demain devant ses juges.

De tous les faits qui lui ont été reprochés, que retient l’accusation? D’abord d’avoir fait de sa femme une assistante parlementaire fictive, rétribuée par l’Assemblée nationale sur deux périodes entre 1998 et 2013. Il y a des suspicions d’emplois fictifs plus anciens qui remontent aux années 1980, quand François Fillon était le plus jeune élu du parlement et tout fraîchement marié à Penelope, mais ils sont prescrits.

Tout commence donc en 1998, lorsque François Fillon engage Penelope pour un salaire mensuel de 20'700 francs français, qui deviendront par la suite 3000 euros. C’est à l’époque trois fois plus que ce que gagne sa secrétaire. Que fait Penelope Fillon? «Je me concentrais sur trois choses, a-t-elle expliqué aux juges d’instruction: le courrier que mon mari recevait à son domicile, recevoir des personnes qui voulaient le voir et préparer des fiches pour les manifestations locales.»

Activités invisibles

Le problème, c’est que les enquêteurs n’ont retrouvé aucune trace de ces activités, malgré les nombreuses archives saisies au domicile des époux et qui remontent jusqu’aux années 1980. «Tout se faisait par oral, et les documents ont été détruits», explique la défense. Ce qui n’a pas été détruit, en revanche, ce sont les fiches de paie, avec toutes les «primes d’ancienneté» ou «indemnités de précarité» envisageables, mais en revanche aucune trace «ni de congés annuels, ni de congé maternité, ni d’arrêts maladie», s’étonnent les juges d’instruction. En somme, on trouve toutes les pièces justifiant l’argent reçu, mais aucune attestant du travail fourni.

Quoi qu’il en soit, le système fonctionne bien. En mai 2002, quand François Fillon est nommé ministre des Affaires sociales, il cède son siège de député à Marc Joulaud et veille à ce que celui-ci garde Penelope comme assistante. Sans gêne, François Fillon fixe lui-même le salaire: 5200 euros net par mois, soit plus que ce que gagne le député! «J’ignorais que sa rémunération précédente était d’environ 3000 euros», a même confessé le piteux Marc Joulaud aux enquêteurs.

Trois ans plus tard, en 2005, François Fillon perd son maroquin de ministre et se replie au Sénat. Difficile d’engager sa femme, puisqu’elle est déjà assistante d’un autre. Qu’importe, ce sera sa fille Marie, puis son fils Charles: un poste rétribué 2700 euros net par mois, censément à plein temps, alors que Marie est en formation d’avocate et Charles à l’université. Entre Penelope et les enfants, ce sont ainsi 7900 euros net qui complètent mensuellement le revenu familial à cette période.

«Elle s’ennuie»

En mai 2007, tout s’arrête – et pour cause: François Fillon est nommé premier ministre. Salaire mensuel de 21000 euros, avantages en nature considérables, cette période bénie dure cinq ans. Mais, en 2012, quand les socialistes arrivent au pouvoir, il faut tout reprendre. De retour à l’Assemblée nationale, François Fillon engage de nouveau sa femme comme assistante parlementaire et il demande à un ami très fortuné, Marc Ladreit de Lacharrière, de lui trouver un emploi, car «elle s’ennuie». Propriétaire de la «Revue des deux mondes», Lacharrière fait engager Penelope comme «conseiller littéraire» pour un revenu de 5000 euros par mois. Là encore, à part trois notes de lecture, pas trace de ses activités. Quand le scandale éclate en 2017 et pour éviter un procès public, Ladreit de Lacharrière plaidera coupable et reconnaîtra qu’il s’agissait d’un emploi en bonne partie fictif. Il a été condamné pour cela à 8 mois de prison avec sursis pour abus de biens sociaux.

Malgré cette condamnation, les époux Fillon s’estiment innocents et demandent la relaxe. On notera que les faits qui leur sont reprochés prennent fin en décembre 2013, quand Penelope Fillon démissionne à la fois de son poste de conseiller littéraire et de celui d’assistante parlementaire. Il se trouve que c’est précisément le moment où la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique est créée, le 13 décembre 2013. Simple coïncidence ou signe que François et Penelope Fillon avaient compris que les anciennes mœurs n’avaient plus cours? Ce sera désormais au tribunal de trancher.

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