Switzerland

La neige attendue n’y changera pas grand-chose

Peu de neige, pas de froid. Les stations de ski vivent un drôle d’hiver auquel il va falloir s’habituer. Et si celles des Alpes en pâtissent, que dire de leurs cousines jurassiennes? À l’exception d’Espace Dôle (lire l’encadré), leurs responsables n’ont aucune peine à compter les jours d’ouverture d’une saison qui touche à sa fin alors qu’elle n’a même pas commencé pour certains. Les chutes de neige annoncées mercredi et jeudi n’y changeront pas grand-chose.

«Il faudrait 40 centimètres, 30 si la neige est bien humide, pour pouvoir faire tourner nos installations», concède Sylvain Berney, vice-président de Téléski du lac de Joux SA à L’Abbaye. L’estimation vaut aussi pour les tire-fesses du Brassus, de L’Orient et de Vaulion. Et c’est également la quantité espérée du côté de Sainte-Croix/ Les Rasses. «On a besoin de 20 centimètres de neige fraîche au minimum pour pouvoir sortir les machines», précise Christophe Burgy, responsable technique des remontées mécaniques. Compléter le manque avec de l’or blanc artificiel? Impossible, car les températures annoncées sont trop clémentes pour en produire. La situation se complexifie davantage avec un sol pas vraiment gelé et un soleil de plus en plus présent à l’approche du printemps.

«On n’y arrivera pas»

À Saint-Cergue, on ne se pose, du reste, plus la question. Chutes de neige abondantes ou pas, les deux ski-lifts n’ouvriront pas. «On n’y arrivera pas. Le sol est gorgé d’eau et il faut qu’il se refroidisse pour que la neige tienne», estime Thierry Genoud, président de Télé-Dôle, propriétaire des installations. Il faudrait trop d’effort pour si peu de jours d’exploitation. La clôture de la saison était prévue le 8 mars.

Sur l’autre flanc du Marchairuz, on refuse toutefois de croire que la saison puisse s’achever avant le 15 mars. «Même s’il faut bien reconnaître qu’après les relâches, les gens ont envie de passer à autre chose, on fera tout ce qu’on peut pour ouvrir», reprend Sylvain Berney. Ouvrir, et non rouvrir, car à l’exception du baby-lift de L’Abbaye qui a tourné huit jours (la dernière fois le 9 février), les ski-lifts combiers ont été réduits au chômage technique total, à l’instar de ceux de Vaulion, de la Combette à Baulmes, de Saint-George, de Saint-Cergue et de Mauborget. «C’est triste, mais ce n’est pas une première. Nous sommes confrontés à pareille situation tous les quinze ou vingt ans», note Sylvain Berney, citant en exemple l’hiver 2000-2001.

Adoucir la perte

Dans la région de Sainte-Croix, les pistes ne sont guère plus blanches, mais l’état des lieux est à peine moins noir. Le téléski de la piste éclairée du Mont-des-Cerfs a pu tourner trois ou quatre jours. Aux Rasses, les pistes situées entre 1100 et 1600 mètres d’altitude ont accueilli des skieurs dix jours. Cinq pendant les vacances de Noël et un pendant les relâches.

Devant pareille statistique, il est facile de comprendre qu’une ouverture cette semaine adoucirait la perte mais ne sauverait en aucun cas une saison très compliquée. À Saint-Cergue, où l’on vit un premier hiver sans ski depuis 1989-1990, la Commune veut se battre pour maintenir les installations dans le village. «La question de la conservation des pistes revient chaque année mais elle n’est pas plus insistante cet hiver, souligne le syndic Pierre Graber. Les pistes seront toujours exploitées en 2021.»