Switzerland

La cérémonie d'hommage à George Floyd débute

Une large foule s'est rassemblée en début d'après-midi à l'université chrétienne North Central pour rendre un premier hommage public à l'Afro-Américain de 46 ans, mort asphyxié le 25 mai lors de son interpellation.

La cérémonie a notamment commencé par une émouvante interprétation de «Amazing Grace» après que le maire de Minneapolis s'est agenouillé, en pleurs, devant le cercueil. Prenant la parole, le frère du défunt, Philonise Floyd, a dénoncé sous les applaudissements «la pandémie de racisme et de discrimination» qui l'a emporté.

Le révérend Al Sharpton, figure du mouvement de défense des droits civiques, prononcera un éloge funèbre dans cette grande ville de l'Etat du Minnesota.

Espoir d'un «jour nouveau»

«Je peux voir le soleil commencer à se lever sur un jour nouveau pour la façon dont est assuré le maintien de l'ordre», a-t-il déclaré jeudi matin, optimiste, sur la chaîne MSNBC, après avoir rencontré la veille la famille de la victime.

Heureux de voir «Blancs et Noirs» se mêler dans les cortèges «au péril de leur santé en pleine pandémie», il espère voir le mouvement s'inscrire dans la durée, de façon «pacifique mais poignante».

Une autre cérémonie à la mémoire de George Floyd est prévue samedi à Raeford, dans son Etat natal de Caroline du Nord, avant ses funérailles lundi à Houston, au Texas, où il a grandi avant de rejoindre Minneapolis. La dernière cérémonie des obsèques, mardi, sera restreinte aux proches de l'ex-vigile.

Pas d'incident majeur

Filmée par une passante, la lente agonie du père de famille, immobilisé au sol pendant près de neuf minutes sous le genou du policier blanc Derek Chauvin malgré ses supplications - «Je ne peux pas respirer» - a provoqué un climat de tension que les Etats-Unis n'avaient plus connu depuis les années 1960 et le mouvement pour les droits civiques.

Des manifestations dégénérant parfois en pillages et violences se sont déroulées quotidiennement dans tout le pays pour dénoncer les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales exacerbées par la pandémie de Covid-19.

Alors que l'émotion dépassait les frontières des Etats-Unis, plusieurs grandes villes américaines ont décrété des couvre-feux nocturnes pour tenter de contenir les débordements. Jeudi, ils ont été levés à Los Angeles et Washington.

La police a procédé au total ces derniers jours à près de 10'000 arrestations dans le pays, selon une estimation reprise par les médias américains. Mais après plus d'une semaine de débordements, la nuit de mercredi à jeudi s'est avérée plus calme dans l'ensemble, sans incident majeur à déplorer, les manifestants ayant obtenu une première «victoire» sur le plan judiciaire.

Faits requalifiés

Comme ils le réclamaient, le procureur enquêtant sur la mort de George Floyd à Minneapolis a requalifié les faits en homicide volontaire, inculpant Derek Chauvin de «meurtre non prémédité» - un chef passible de 40 années de réclusion - et de complicité les trois autres agents présents.

Témoin de la scène, un ami du quadragénaire afro-américain a affirmé au New York Times que ce dernier, père de deux enfants, n'avait à aucun moment cherché à «résister» à son arrestation, «de quelque façon que ce soit».

«Il ne faisait qu'appeler à l'aide car il était en train de mourir», a confié Maurice Lester Hall, à jamais marqué par «la peur» et les larmes sur le visage de son ami.

«L'ORDRE PUBLIC!»

Accusé par l'opposition démocrate d'avoir jeté de l'huile sur le feu en menaçant d'avoir recours à l'armée pour mater la rue, Donald Trump continue à vouloir se montrer ferme.

«L'ORDRE PUBLIC!», a-t-il encore tweeté jeudi au petit matin en lettres capitales dans ce qui sera certainement l'un des thèmes de sa campagne de réélection jusqu'à la présidentielle du 3 novembre.

L'un de ses anciens ministres lui a porté mercredi un coup frontal en l'accusant de vouloir «diviser» l'Amérique. «De mon vivant, Donald Trump est le premier président qui n'essaye pas de rassembler les Américains, qui ne fait même pas semblant d'essayer», a écrit dans une tribune pour la revue The Atlantic l'ex-ministre de la Défense Jim Mattis, qui avait démissionné pour protester contre le retrait des troupes américaines de Syrie.

Son successeur à la tête du puissant Pentagone, Mark Esper, a lui-même pris ses distances mercredi avec le président en se disant opposé à l'idée de déployer l'armée dans les grandes villes des Etats-Unis pour juguler le vaste mouvement de protestation actuel. (ats/nxp)

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