Switzerland

L’Italie déplore le manque de solidarité européenne

Arrivés de Tirana dimanche, 10 médecins et 20 infirmières albanais ont été déployés dès lundi dans les hôpitaux de Bergame et de Brescia, la ligne du front italien de la guerre contre le coronavirus. Un exemple de solidarité d’autant plus généreux que l’Albanie est un pays pauvre qui doit lui aussi faire face à l’épidémie et qui a subi un grave tremblement de terre le 26 novembre dernier. Mais également une formidable occasion de changer l’image du pays des aigles.

À tort ou à raison, l’Albanie est décrite comme un narco-État qui inonde la péninsule et l’Europe de marijuana et de cocaïne, où la corruption est omniprésente dans les institutions et dans le système judiciaire. Une situation qui a conduit l’Europe à bloquer le processus d’examen de la candidature de Tirana pour entrer dans l’Union. Tout en faisant perfidement remarquer que le patient zéro albanais est arrivé d’Italie, le premier ministre, Edi Rama, utilise le soft power, le pouvoir doux, de la solidarité envers «le grand frère italien» pour réaffirmer la vocation européenne de Tirana… et sonner une nouvelle fois à la porte de Bruxelles.

Longue tradition cubaine

Le 26 mars, ce sont 35 médecins et 15 infirmiers cubains qui ont atterri à Milan pour prendre service à Crémone, autre foyer de l’épidémie. La diplomatie de la médecine est une longue tradition cubaine. C’est Fidel Castro qui a fondé la Brigada Henry Reeve, forte de 55000 médecins, intervenus dans 67 pays. Les Cubains sont connus pour apporter autant de posters du Che que de caisses de médicaments. La santé et l’éducation sont, depuis le début de la révolution castriste, le meilleur argument qu’ils opposent à ceux qui dénoncent le manque de démocratie de leur régime.

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C’est de Wuhan que sont arrivés à Milan, le 13 mars dernier, neuf médecins chinois et 31 tonnes de fournitures sanitaires. Leur expérience du Covid-19 est inestimable pour les médecins transalpins. Même si, en invitant publiquement les autorités italiennes à être beaucoup plus inflexibles sur les mesures de confinement, ils ont involontairement souligné les différences entre un État démocratique et une dictature.

Cargaisons chinoises

Depuis, des cargaisons de fournitures chinoises arrivent pratiquement tous les jours dans la péninsule. Une diplomatie des masques et des respirateurs pulmonaires destinée à faire oublier le retard que Pékin a pris pour révéler au monde l’épidémie. Dans cette nouvelle narration, l’Empire du Milieu devient le pays qui fournit des centaines de millions de masques et non plus le berceau du «virus chinois», comme Donald Trump continue d’appeler le Covid-19.

En outre, à l’heure où les gouvernements européens regrettent d’avoir délocalisé certaines industries stratégiques, offrir du matériel sanitaire permet de maintenir les filières commerciales ouvertes. Et l’Italie est fondamentale pour la Chine car elle est la tête de pont de la route de la soie, l’autoroute commerciale que combattent certains pays européens et les États-Unis.

Treillis militaires et attitudes martiales: c’est une brigade de 120 médecins militaires que Vladimir Poutine a envoyée en Italie. L’avant-garde d’un pont aérien de 15 avions-cargos Iliouchine 76 remplis de matériel sanitaire destiné à la région de Bergame et envoyé, selon les mots du maître du Kremlin, «from Russia with love».

«Vladimir Poutine a attendu de voir les réactions de l’Europe, explique Alexander Baunov, analyste du think tank moscovite Carnegie Center. Il croyait que l’Europe allait venir en aide à l’Italie. Mais quand il a vu que Bruxelles ne se coordonnait pas et que les différents États agissaient chacun pour soi, il a compris qu’il y avait une brèche, dans laquelle la Russie et la Chine se sont engouffrées.»

Abonnés absents

Si Russie et Chine ont pu mettre en jeu leur stratégie de soft power sur l’échiquier géopolitique mondial dévasté par la pandémie, c’est parce que l’Europe et les États-Unis sont depuis le début de la crise aux abonnés absents. Donald Trump a longtemps nié la gravité de la crise sanitaire et son slogan «America First» a le mérite de la clarté. L’Amérique ne veut plus être ni le gendarme ni le bon Samaritain du monde.

L’Europe, elle, a perdu une occasion de se trouver une âme en ne démontrant aucune solidarité au plus fort de l’épreuve que traversait la péninsule. Elle a dix jours pour s’accorder sur les instruments financiers qui permettront la reconstruction. «Sinon, a averti Giuseppe Conte, on se débrouillera seuls.» Le premier ministre italien appelle l’Union européenne «à ne pas commettre d’erreurs tragiques» face au coronavirus, «sinon l’édifice européen tout entier risque de perdre sa raison d’être». Ce qu’espèrent la Russie et la Chine.

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