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L’invité de la rédaction : Des banques soucieuses du climat, ça existe!

«C’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe!» Ce cri de dépit d’un esclave noir éclopé a permis à Voltaire de contribuer à l’abolition de l’esclavage. Si ces temps sont aujourd’hui bien révolus, c’est l’avenir de la planète qui réclame des mesures. Mais là, les stratégies divergent.

Pour faire simple, il y a deux attitudes face à l’urgence climatique. D’un côté, divers mouvements – souvent très jeunes – réclament une rupture immédiate, sans concession. En gros, il suffirait de tirer la prise pour enrayer pollution, réchauffement, empreinte carbone, etc. C’est porteur car facile à communiquer et, apparemment, simple à exécuter.

Malheureusement, cette attitude radicale méconnaît la réalité. Désinvestir d’une entreprise pétrolière ne stoppe pas son activité. Cotée en Bourse, une telle société va seulement voir son actionnariat changer. L’investisseur à souci éthique sera juste remplacé par un autre qui n’a pas de telles préoccupations. Et l’entreprise continuera ses activités comme avant…

Il y a une autre approche, certes moins rapide, mais à terme sûrement plus efficace. Au lieu de pratiquer l’exclusion, les banques soucieuses du climat motivent les entreprises polluantes à modifier leurs activités vers une société pauvre en carbone. Ainsi, les Principes de l’ONU pour une banque responsable, dont UBS est membre, poussent les banques à aligner leurs activités sur les 17 Objectifs de développement durable (ODD) et sur l’accord de Paris.

Comment cela se traduit-il dans les faits? À fin 2019, les clients d’UBS avaient investi 3,9 milliards de dollars dans de nouveaux Impact Investments, qui contribuent à la réalisation des ODD. D’ici à fin 2021, ce seront 5 milliards. Soit la moitié du budget vaudois ou deux tiers de celui de Genève. C’est un début. Et il faudra des critères toujours plus stricts, mais aussi réduire sévèrement le financement de firmes qui portent atteinte au climat.

Des faits: depuis 2018, notre banque a baissé de presque moitié (41%) ses crédits aux entreprises à forte intensité de carbone. Aujourd’hui, son exposition à ces avoirs ne représente plus que 0,8% (ou 1,9 milliard) du total de son bilan. Finis les financements de nouvelles centrales à charbon, de plateformes pétrolières ou d’extraction de sables bitumineux.

Plus encore: il faut inciter les responsables à réduire l’impact carbone de leur entreprise. Désormais, une cinquantaine de firmes pétrolières et gazières appliquent le programme «Climate Aware», qui lie la rémunération de leurs dirigeants au respect d’objectifs de réduction des émissions de CO2.

Mais agir tout seul ne suffit pas. Il faut s’unir: le groupe Climate Action 100+ fédère déjà 450 institutions (soit plus de 40’000 milliards de dollars d’avoirs investis) et s’engage pour accélérer la transition climatique.

Bien sûr, c’est moins spectaculaire que des manifestations de rue. Mais c’est à ce prix que l’on pourra plus sûrement changer le monde et favoriser le climat.

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