Switzerland

L’Éclair, groove électrique pur sucre

De Londres à Seattle en passant par la rade, le jeune sextet assume avec bonheur son goût de la «library music». Rencontre.

Genève, 22 mai 2020. Bains des Pâquis. Le groupe L'Eclair. Photo: Laurent Guiraud/Tamedia

Genève, 22 mai 2020. Bains des Pâquis. Le groupe L'Eclair. Photo: Laurent Guiraud/Tamedia

Laurent Guiraud/ Tamedia

Des claviers qui hululent, des guitares qui stridulent, des congas, des bongos, la basse et la batterie qui balancent. En dub jamaïcain, façon funk sixties ou prog seventies, dansant ou languissant, qu’importe le rythme et la facture, L’Éclair frappe toujours au bon endroit.

La biographie du sextet genevois tient en quelques mots: au début des années2010, ils avaient 16ans lorsque la dernière vague du revivalisme rock garage battait son plein. Ils ont grandi en suivant tous les concerts possibles au bout du lac, se sont mis à jouer ce même rock à l’ancienne, ont écouté tout ce que le web permet d’écouter, ouvrant plus grand encore leurs oreilles. Pour finir dans le groove électrique pur sucre de L’Éclair.

Aux antihéros de la pop

L’équipage va comme ceci: trois percussionnistes dirigent le train, Quentin Pilet aux bongos, Alain Sandri aux congas, Yavor Lilov à la batterie. Ajoutez-y la «dino» basse d’Elie Ghersinu, la guitare «broken wah» de Stefan Lilov et les «international keys» – claviers cosmopolites – de Sébastien Bui. Tout L’Éclair tient dans ces sobriquets évocateurs d’une sono chamarrée trouvant dans le passé de la pop largement de quoi nourrir le présent.

En 2019, l’album «Sauropoda» frappait puissamment le pas. Mise en boîte signée Benoît Erard, ingénieur du son sans qui le super groove aurait petite mine. En mai2020, un nouveau chapitre voit le jour. Format EP quatre titres, intitulé «Noshtta» (en cyrillique), la nuit en bulgare, pays d’origine des frères Lilov, esquisse des thèmes non moins évocateurs: «Dallas», «Atlantis», «Carousel», ainsi qu’un hispanophone «Cebando», allusion au maté, boisson argentine que les musiciens consomment abondamment en tournée.

Corpus anonyme

D’un opus à l’autre, une constante se dessine, l’illustration sonore. Ici un tableau, le sauropode déhanchant sous le soleil du Jurassique. Là une balade nocturne en forêt. Ce qui inspire L’Éclair? Quentin Pilet et Stefan Lilov, instigateurs du groupe avec le frère de ce dernier, Yavor, répondent en bloc: la «library music». Le terme renvoie au développement du cinéma parlant à la fin des années20 et connaît sa grande époque au tournant des années70. Pas de stars ici. Mais des hommes de l’ombre, des instrumentistes hors pair, capables de tout jouer, en alignant les sessions d’enregistrement seize heures d’affilée, pour produire quantité de bandes-son libres de droits, pour le cinéma, la radio, la télévision, les pubs. Des décennies plus tard, nos jeunes mélomanes aux oreilles affûtées s’échangent les originaux et discutent avec le plus grand sérieux les moindres détails de ce corpus anonyme. Personne n’a entendu parler de Keith Mansfield, compositeur pour les programmes de la BBC? Stefan Lilov et sa clique l’adorent, lui et ses collègues d’Angleterre, de France ou d’Italie.

«Ces musiciens sont des antihéros. Ils n’ont jamais vécu dans des manoirs avec des gargouilles, ressemblent plus à des mathématiciens ou des citoyens lambda. Pourtant, ils ont créé ce que tout le monde repique aujourd’hui.» J Dilla, Madlib, MF Doom et autres as du sampling, voilà qui parlera clairement aux amateurs de hip-hop. «Tous leurs sons viennent de là, rappellent Quentin Pilet. La «library music» fait partie de notre imaginaire collectif, sans qu’on sache qui sont les auteurs. Comme ces musiciens étaient salariés et jouaient non-stop, ils pouvaient expérimenter. Ils figurent parmi les pionniers dans l’utilisation des synthétiseurs.» Faudrait-il refaire l’histoire de la pop à l’aune de la «library music»? L’Éclair approuve: «Il reste des faces cachées à faire découvrir. Nous, on lutte pour ça.»

Surtout, restons agréables

Fournir sa propre musique pour illustrer émissions de variétés et reportages animaliers, L’Éclair y songe sérieusement depuis que le Covid-19 a obligé la fermeture des salles de concert. Cependant, la formation genevoise, contrairement aux illustres inconnus qui l’ont précédée, met son nom à l’affiche. L’Éclair est un formidable groupe de live, dont la réputation va grandissant. À Londres, la BBC les diffusent régulièrement et Gilles Peterson, fameux producteur discophile, créateur de label également DJ, parmi les rares aujourd’hui à pouvoir propulser de nouveaux artistes, les a mis sur sa liste. Tandis que la radio de Seattle KEXP, célèbre pour ses vidéos de minilives, a filmé le groupe en action.

«Notre ambition reste simple: nous voulons être agréables à écouter. Nous ne cherchons pas la complication, au contraire. Et pour être simples, rien de tel que la «library music» comme inspiration.»

«Noshtta» L’Éclair (Bongo Joe)

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