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«Je ne peux pas respirer»

Jean-Cosme Delaloye commente la mort de George Floyd, Noir américain mort le cou écrasé par le genou d’un policier.

«Je ne peux pas respirer». Depuis le début de la pandémie de coronavirus, l’Amérique blanche dont je fais partie vit avec cette phrase terrifiante dans un coin de sa tête. Pour elle, ces quelques mots évoquent le virus qui attaque le système respiratoire, les soins intensifs bondés et la perspective d’une intubation pour tenter de combattre une infection qui a déjà fait plus de 100’000 morts aux États-Unis.

L’Amérique noire, elle, vit depuis beaucoup plus longtemps avec cette phrase prononcée lundi soir à Minneapolis par George Floyd. L’Afro-Américain de 46 ans est mort après avoir supplié le policier blanc qui l’étouffait avec son genou sur son cou. «Je ne peux pas respirer.» Comme le 17 juillet 2014 lorsque Eric Garner, un Afro-Américain, avait en vain supplié des policiers new-yorkais blancs de le laisser respirer, George Floyd n’a pas été entendu. Ce Noir, qui n’était pas armé, a payé de sa vie le fait d’avoir été assis dans une voiture stationnée dans un quartier où la police menait une enquête.

«Je suis témoin de ces inégalités depuis des années»

Quelques heures avant cette tragédie, une femme blanche a été filmée à Central Park à New York en train d’appeler la police et d’affirmer qu’elle était menacée par un Afro-Américain. L’homme noir qui filmait la scène avait seulement demandé à la femme de tenir son chien en laisse.

Les tensions raciales semblent avoir été exacerbées par la pandémie, qui frappe majoritairement les Afro-Américains aux États-Unis. Selon une étude publiée début mai, les Noirs représentent 13% de la population américaine mais 60% des victimes du Covid-19. L’origine de cette disproportion est structurelle. Souvent issus des classes inférieures, ils n’ont pas accès à la santé ni les moyens de rester confinés.

Je suis témoin de ces inégalités depuis des années. En 2012, j’avais couvert le mort de Trayvon Martin. Le jeune Noir avait été abattu par un milicien blanc qui patrouillait dans un quartier de Floride où vivaient principalement des familles blanches. Les «délits» de Trayvon Martin? Être venu voir son père et avoir porté un capuchon. La liste de Noirs tués par des Blancs en raison de leur couleur de peau aux États-Unis, est longue et s’est encore rallongée en février avec le meurtre d’Ahmaud Arbery en Géorgie.

Inégalités et risques accrus

Je tourne depuis 2014 des films dans les quartiers noirs et pauvres de Paterson, une ville de la banlieue de New York, et je vois cette réalité qui s’est transformée en fatalité pour les jeunes Noirs: violence, contrôles au faciès, arrestations par des policiers souvent blancs et comparution devant des juges eux aussi souvent blancs. Cela m’a permis de comprendre que mon fils de 14 ans avait bien moins de risques de dire un jou «Je ne peux pas respirer!» que ses amis noirs.

Les relations raciales étaient loin d’être parfaites sous la présidence de Barack Obama. Mais à l’époque de la mort de Trayvon Martin, l’Amérique avait un président qui l’avait consolée en disant: «Si j’avais un fils, il ressemblerait à Trayvon Martin.» Aujourd’hui, elle est dirigée par un homme qui, la veille de la mort de George Floyd, relayait des tweets racistes et sexistes d’un ancien candidat au Congrès.

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