Switzerland

«J'en ai choisi neuf car, à dix, cela devient un licenciement collectif»

Alors que Johan Djourou et Alex Song ont livré leur version du processus de licenciement éclair dont ils ont été victime et que le FC Sion faisait dimanche les titres du Daily Mail, Christian Constantin a profité du SonntagsBlick pour en remettre une couche. Dans un article fleuve, le président du FC Sion qualifie ses anciens joueurs d'«imbéciles» («Dummkopf») et détaille pourquoi seulement neuf salariés ont été licenciés.

«J'ai expressément choisi neuf joueurs car le renvoi de dix employés nous fait basculer vers un licenciement collectif; ce qui rend le procédé plus compliqué. Ensuite, j'ai procédé en fonction de l'âge et de la durée du contrat.» L'aveu est une petite bombe. Car même s'il ne valide pas la préméditation, il confirme que CC a appliqué une stratégie indépendante de la seule position de ses joueurs face au chômage partiel.

Un collectif qui s'effrite

Face à l'ultimatum, reçu via WhatsApp le mardi 17 mars, l'effectif du FC Sion a en effet au moins tenté de réagir de manière collective. «Nous étions tous dans le flou et nous ne savions pas ce que ce papier impliquait. Nous voulions plus de précisions, des explications, un coup de téléphone du président ou du directeur sportif, explique Johan Djourou dans une interview accordée à France TV. C'est important de le souligner: tous les joueurs de l'effectif ont refusé au début. Nous en avons tous discuté sur le groupe WhatsApp de l'équipe et tout le monde était d'accord pour refuser.»

Sauvetages arbitraires

Cette unité ne résistera pourtant pas à la poignée d'heures accordées aux joueurs pour se décider. Certains changent d'avis, loin de l'influence du groupe. D'autres réalisent qu'ils s'exposent médiatiquement à refuser une mesure qui va massivement toucher la population suisse. Et puis, comme le suggère le SonntagsBlick, le club tend la main à quelques éléments pour qu'ils changent d'avis. En résumé, la séquence se referme sur certains et en libèrent d'autres selon des critères totalement arbitraires.

«Je pense que certains salaires étaient élevés et que le club a voulu faire des économies en ayant peur des répercussions liées à cette crise», estime Johan Djourou. La réponse du boss de Tourbillon, toujours dans le SonntagsBlick. «En sa qualité de meneur, Kouassi devait être dans la liste. Il ne pense qu'à l'argent. Quant à Djourou, il a soutenu Kouassi, ce qui était juste stupide de sa part.»

Une logique qui pourrait bien se retrouver remise en question par la justice. «Mon avocat va s'en occuper, c'est parti à la FIFA. On va défendre nos droits», avait déclaré Alex Song dans l'After de RMC samedi.

M.A.

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