Switzerland

Greta Thunberg à Lausanne: «Ce n'est que le début»

Environ 10'000 jeunes venus de toute la Suisse sont réunis vendredi à Lausanne pour une nouvelle manifestation pour le climat. L'activiste suédoise Greta Thunberg, qui s'était déjà déplacée l'été dernier dans la capitale vaudoise, est à nouveau de la partie.

C'est le collectif suisse de la Grève du climat qui a convié tous les militants du pays à participer à cette manifestation nationale à Lausanne, afin de marquer le premier anniversaire du mouvement. Un an après, les grévistes du climat critiquent toujours l'inaction des gouvernements et des responsables économiques. Peu avant le départ du cortège, les militants ont d'ailleurs entonné un «Joyeux anniversaire» pour symboliser cette première année de lutte contre le réchauffement climatique.

Toutes les générations sont représentées dans la foule, même si les jeunes sont largement majoritaires. À noter que la police a dû intervenir en début de rassemblement pour demander à des militants anticapitalistes encagoulés de ne pas perturber la manifestation.

Le défilé est parti de la place de la Gare vers 10h50. Les militants ont entamé leur marche en criant un slogan qui accompagne régulièrement ce genre de manifestation: «Et un, et deux, et trois degrés: c'est un crime contre l'humanité.» Sur leurs pancartes et banderoles, on pouvait notamment lire «Pas deux planètes comme elle», «Stop capitalisme» ou «I have a green dream» («J'ai un rêve vert»).

Greta Thunberg figure dans la première partie du cortège, mais pas tout devant. Selon la police lausannoise, 10'000 personnes participent à cette marche.

Le black block était également présent.

Discours à la Riponne

Un parcours de 2,6 km était prévu dans les rues de la ville jusqu'à la place de la Riponne. Greta Thunberg y a prononcé un discours. L'égérie de la lutte contre le réchauffement climatique a fait une courte intervention vers 12h45 devant la foule rassemblée sur la place de la Riponne. «Bonjour Lausanne! Ça va bien?» a-t-elle commencé en français avant de poursuivre en anglais. Greta Thunberg s'est dite «honorée» d'être à Lausanne et «reconnaissante» de toute cette mobilisation pour le premier anniversaire du mouvement en Suisse.

Elle a une fois de plus dénoncé l'inaction des gouvernements et des politiques. «Il n'y a aucun signe d'action. Ça doit changer», a-t-elle clamé, rappelant au passage qu'elle en était à son 74e vendredi de grève du climat. «Et ce n'est que le début [...] Ils n'ont encore rien vu.» Elle a promis qu'elle porterait le message clair des jeunes la semaine prochaine lors de son déplacement au Forum économique de Davos (WEF).

Avant elle à la tribune, la militante environnementale et féministe kenyane Njoki Njoroge Njehû a fustigé le WEF de Davos. Elle s'en est prise à tous les milliardaires du monde, les accusant de piller la planète.

Minute de silence pour l'Australie

Mais le temps fort et le moment le plus poignant de cette journée de mobilisation restera peut-être la minute de silence sollicitée par une grand-maman de 73 ans. Invitée par le collectif suisse de la Grève du climat, elle a voulu rendre hommage aux victimes humaines et animalières des incendies en Australie. Noire de monde, la place de la Riponne s'est tue d'un seul coup pendant une longue minute.

Par ailleurs, Roger Federer a de nouveau été quelque peu égratigné. Encouragée par les organisateurs, la foule a entonné un «Roger Federer ne te laisse pas faire/Credit Suisse t'utilise/Pour détruire la terre». Les organisateurs ont par ailleurs profité de rappeler le prochain grand rendez-vous: la grève générale pour le climat – «Strike for the Future» – le 15 mai prochain.

Déjà en août dernier

Greta Thunberg était déjà venue à Lausanne en août dernier. La jeune femme, qui vient de fêter ses 17 ans, avait participé durant une semaine au sommet Smile For Future à l'Université de Lausanne. Un sommet qui s'était déjà achevé par une marche dans les rues de la capitale vaudoise.

Dixième mobilisation

Au niveau suisse, il s'agit de la dixième mobilisation en faveur de l'environnement depuis une année, la septième à se dérouler un vendredi sous la forme d'une «grève» du climat depuis celle du 18 janvier 2019. Au plus fort de la mobilisation, le 2 février et le 15 mars, quelque 10'000 personnes avaient défilé à Lausanne. Sur l'ensemble du pays, les manifestations pour le climat ont réuni jusqu'à 50'000 (selon la police) et 66'000 (selon les organisateurs) personnes.

Après Lausanne, Greta Thunberg devait prendre le chemin de Davos. Comme en 2019, la Suédoise a été invitée à participer au Forum économique mondial (WEF). (nxp)