Switzerland

Forte pression pour rouvrir les chantiers

«Avec le virus, monter des échafaudages est irresponsable. On n’arrive pas à respecter les mesures pour se protéger de l’épidémie. On envoie les ouvriers au casse-pipe.» Camille Layat est syndicaliste au SIT. Mercredi matin, elle et ses collègues ont mené une intervention à l’entrée d’une entreprise de pose d’échafaudages. Son syndicat réclame l’arrêt total de ce type de travaux. Non sans peine.

Le virus a un mérite, celui d’unir les patrons et les syndicats genevois sur une même position: l’arrêt des chantiers. Car, selon eux, il n’est pas possible de faire respecter les mesures pour éviter les contaminations. Le Conseil d’État a d’abord fait sienne cette doctrine, mais il a dû faire marche arrière mercredi dernier pour se conformer à celle du Conseil fédéral. À Berne, on estime que le bâtiment peut travailler, pour autant que des mesures sanitaires soient prises.

Depuis la semaine dernière, la reprise du travail est donc à l’ordre du jour dans le canton et suscite des tensions. Notamment dans cette entreprise d’échafaudages visitée par le SIT. «Mardi matin, une vingtaine d’employés ont été rappelés par le patron, raconte Camille Layat. Une dizaine d’entre eux ont refusé de travailler car les mesures sanitaires n’étaient pas respectées.» Elle évoque des transports réalisés avec plusieurs ouvriers dans le même véhicule ou l’absence de produits désinfectants. «En outre, comment voulez-vous que les ouvriers se tiennent à deux mètres de distance sur la passerelle d’un échafaudage? interroge Camille Layat. Et comment éviter de ne pas toucher les mêmes outils et les mêmes pièces de montage?»

Les syndicats ne sont pas seuls au front. Le patronat se plaint aussi des pressions qu’exercent les maîtres d’ouvrage sur les entreprises afin qu’elles reprennent le travail. Les intérêts financiers, on l’imagine, sont immenses.

Laurent Stucki dirige une entreprise d’étanchéité et de ferblanterie à Carouge. La plupart de ses ouvriers sont au chômage technique. «Bien sûr, que nous aimerions travailler. Mais nous devons garantir la sécurité de nos employés. Or, personne ne semble vouloir prendre la responsabilité des risques que cela comporte et tout est reporté sur nous.»

Si certains petits travaux pourraient être réalisés, ce n’est pas le cas de la plupart qui nécessitent de travailler en équipe, surtout sur les toits. Les déplacements à plusieurs en camionnette sont aussi limités. Quant aux réfectoires, ils ne sont pas adaptés car trop petits. «On nous dit de faire des tournus, mais on ne peut pas faire manger des ouvriers à 10h et les autres à 14h.»

Baisse de rendement

Selon lui, tous ces désagréments liés aux mesures sanitaires à respecter peuvent diminuer le rendement jusqu’à 25%. Qui paiera? «C’est toute la question, répond le patron. Selon les contrats usuels, l’entreprise pourrait demander un dédommagement au maître d’ouvrage en raison du caractère exceptionnel de l’épidémie, mais tout cela est encore difficile à chiffrer et la situation reste floue. Par ailleurs, qui endossera la responsabilité d’un mort lié au virus? Personne n’a le courage de le dire.»

Laurent Stucki déplore vivement la position du Conseil fédéral. «Il méconnaît le travail du bâtiment et cela m’enrage de voir qu’on fait travailler les ouvriers alors que les cols blancs font du télétravail à la maison.»

Pour l’heure, toutefois, l’ouverture des chantiers se fait au compte-gouttes. Les maîtres d’ouvrage doivent les annoncer à l’Office des autorisations de construire (OAC) et certifier que les mesures sanitaires seront respectées. Jusqu’à mardi soir, l’OAC a enregistré 170 annonces de réouverture. «La quasi-totalité concerne des petits travaux du second œuvre, comme des travaux de peinture», indique sa directrice, Saskia Dufresne.

Cette dernière a mobilisé une douzaine d’inspecteurs et réalisé une quarantaine de visites. «Nous avons déjà fermé trois chantiers avec effet immédiat. Nous sommes sévères, tout en agissant avec bon sens.»

Aucune reprise de gros chantiers n’est encore intervenue. Sans doute car cela nécessite de gros efforts de coordination entre les corps de métier. Mais la tension n’en reste pas moins vive. Étant donné les intérêts financiers en jeu, chacun, entreprises ou responsables de la commande, cherche à se couvrir au mieux pour ne pas devoir éponger les pertes au moment du décompte final.

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