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États-Unis: Trump près d’une nouvelle victoire à la Cour suprême

Amy Coney Barrett, une fervente catholique opposée à l’avortement, devrait faire son entrée à la Cour suprême prochainement, le Sénat à majorité républicaine devant valider sa nomination dans la soirée.

À huit jours des élections, Donald Trump, engagé de toutes ses forces dans la bataille, s’apprête à enregistrer une immense victoire avec la confirmation attendue lundi d’une magistrate conservatrice de son choix à la Cour suprême.

Sauf surprise, le Sénat doit donner dans la soirée son feu vert à l’entrée d’Amy Coney Barrett, une fervente catholique opposée à l’avortement, au sein du temple du droit américain, qui comptera ainsi six juges conservateurs sur neuf, dont trois nommés par le milliardaire new-yorkais.

Ce succès indéniable du président républicain, propre à galvaniser les électeurs de la droite religieuse, est toutefois terni par une nouvelle dégradation de la situation sanitaire, qui continue de plomber sa campagne de réélection.

En déplacement dans l’État-clé de Pennsylvanie, Donald Trump, sur la défensive, a dû jurer qu’il «n’avait pas» capitulé face au virus, après des propos ambigus d’un de ses proches. «Nous sommes définitivement en train de tourner la page», a-t-il encore assuré.

La veille, des déclarations du chef de cabinet de la Maison Blanche ont renforcé le sentiment d’une administration impuissante, voire dépassée par la situation. «Nous n’allons pas contrôler la pandémie, nous allons contrôler le fait qu’on puisse avoir des vaccins», avait déclaré Mark Meadows sur CNN.

Les démocrates s’étaient saisis de ces propos pour accuser l’administration républicaine de baisser les bras devant un virus qui a fait plus de 225’000 morts aux États-Unis et contaminé plus de 8,6 millions de personnes, dont près de 90’000 samedi, un record.

«Pathétique»

Joe Biden est aussi revenu sur ces déclarations lors d’un arrêt surprise lundi dans un bureau de vote de Chester, en Pennsylvanie.

«Ce qu’il faut en retenir, c’est que Donald Trump est le pire président qui soit — la pire personne qui soit — pour nous diriger pendant cette pandémie», a déclaré le rival démocrate du président. «Je pense qu’il n’a aucune idée de ce qu’il faut faire, ou qu’il s’en moque simplement».

L’ancien vice-président de Barack Obama avait déjà accusé Donald Trump d’avoir «agité le drapeau blanc de la défaite» face au virus.

«Il a agité le drapeau blanc toute sa vie», a rétorqué lundi le président. «Il ne quitte pas son sous-sol. C’est un candidat pathétique».

Depuis le début de la pandémie, le démocrate mène une campagne limitée, avec des interventions en petit comité, souvent virtuelles, qui contrastent avec l’omniprésence de Donald Trump sur le terrain.

Ce dernier l’a surnommé «Joe l’Endormi» et laisse souvent entendre qu’il pourrait souffrir, à 77 ans, d’une forme de sénilité.

Un balbutiement dimanche soir a suscité les railleries du président. «Quatre ans de plus avec George…, George…», a commencé Joe Biden devant des caméras avant d’enchaîner: «Si Trump est réélu, nous nous retrouverons dans un autre monde.»

«Il ne pouvait pas se souvenir de mon nom», n’a pas tardé à tweeter Donald Trump.

Le démocrate est connu pour ses gaffes à répétition. Ancien bègue, il assume également un défaut d’élocution. Jusqu’à présent, ni ses lapsus, ni sa campagne en sourdine ne l’empêchent de faire la course en tête dans les sondages.

«Défaire»

Malgré les efforts de Donald Trump pour compenser son retard, la confiance semble s’éroder dans son camp.

Un de ses plus solides alliés, le chef des sénateurs républicains Mitch McConnell, a, à son tour, évoqué dimanche le risque d’une défaite à la Maison Blanche et au Congrès.

«Une grande partie de ce que nous avons fait au cours des quatre dernières années sera défait, plus ou moins rapidement après le prochain scrutin», a-t-il lancé à ses troupes, lors d’un vote de procédure sur la candidature de la juge Barrett.

«Mais sur ce point, ils ne pourront rien faire pendant très longtemps», a-t-il ajouté. Les sages de la Cour suprême sont en effet nommés à vie et la magistrate, âgée de 48 ans, peut espérer siéger pendant de longues années.

Elle doit auparavant obtenir l’approbation du Sénat lors d’un vote solennel en séance plénière prévu lundi après 19 heures (minuit en Suisse).

Compte tenu de la majorité républicaine dans cette enceinte (53 voix sur 100), les démocrates qui dénoncent une procédure «illégitime» aussi près du scrutin du 3 novembre n’ont quasiment aucune chance de l’empêcher.

La Maison Blanche, qui avance à grande vitesse depuis le décès de la magistrate progressiste Ruth Bader Ginsburg le 18 septembre, se préparait à organiser sa prestation de serment dans la foulée.

La magistrate pourrait participer à sa première audience dès le 2 novembre, la veille de l’élection présidentielle. Elle siégera donc théoriquement en cas d’examen d’éventuels recours contre les résultats du scrutin.

Surtout, la Cour suprême tranche aux États-Unis les débats de société les plus épineux, de l’avortement au port d’armes en passant par les droits des minorités sexuelles. Pendant son audition, la juge Barrett s’est bien gardée de révéler ses vues sur ces sujets brûlants.

AFP/NXP

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