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En Afghanistan, le retour massif des réfugiés d’Iran fait craindre le pire

Sur un fauteuil en bois installé sur la pelouse, entouré – à distance – de deux responsables de sa communication, le gouverneur de la province de Hérat, Abdul Qayum Rahimi, tente de donner à l’entretien une atmosphère officielle. Impossible de recevoir à l’intérieur. Les réunions se font dans le vaste jardin qui entoure ses bureaux. Le thé, offert selon la coutume aux invités, est servi dans des gobelets en carton: les traditionnelles tasses en verre pourraient, si elles sont mal nettoyées, propager le coronavirus. «Nous sommes sur la ligne de front», commence sans préambule le dignitaire, l’air grave. La province de Hérat est en effet le premier foyer afghan du Covid-19.

Hérat, frontalière de l’Iran, accueille des taux record de migrants: plus de 100'000 rien qu’au cours du mois de mars. Des Afghans qui s’étaient réfugiés dans le pays voisin, fuyant la guerre et la pauvreté… Mais qui, depuis que l’Iran est devenu l’un des principaux foyers du coronavirus, s’empressent de rentrer dans leur pays d’origine.

«Nous sommes démunis»

«Ce sont des Afghans, nous nous devons de les accueillir, poursuit M. Rahimi. Mais la vérité, c’est que nous sommes totalement démunis face à cette vague d’arrivées… et de porteurs potentiels du coronavirus.»

Ali, la trentaine, a entrepris le voyage depuis Téhéran avec sa femme et leur fils de 3 ans. «En Iran, depuis que l’épidémie s’est propagée, nous subissons encore plus de discriminations que d’habitude», explique le jeune homme. «Là-bas, les réfugiés afghans vivent dans des conditions insalubres et beaucoup ont peut-être contracté le virus… Mais les hôpitaux refusent de nous prendre en charge! Ils donnent la priorité aux Iraniens. Ici, il paraît que le coronavirus ne s’est pas encore propagé… Et même si nous l’attrapons, nous pourrons, si Dieu le veut, être admis à l’hôpital», conclut Ali.

Sauf que, selon les humanitaires, c’est justement ainsi que l’épidémie se propage à grande vitesse en Afghanistan. Les conditions de retour de ces dizaines de milliers de réfugiés – souvent pas autobus bondés, puis à pied dans d’immenses groupes qui font la queue au poste-frontière – sont très propices à la contamination. «En théorie, il faudrait soumettre chaque migrant à un test de positivité, mais c’est matériellement impossible», regrette Nicholas Bishop, un responsable de l’Office international pour les migrations.

La majorité poursuit ensuite sa route vers d’autres régions du pays. «Selon les chiffres officiels, il n’y aurait que 174 cas dans le pays… Mais puisque seule une infime fraction de la population est dépistée, le chiffre réel est certainement bien supérieur», avance Julien Raickman, de Médecins sans frontières.

Or, le système sanitaire du pays n’est pas en mesure de contrer une épidémie. De nombreuses zones sont contrôlées par des groupes armés comme les talibans ou la faction afghane du groupe État islamique… Et même dans les zones gouvernementales, la plupart des cliniques manquent d’équipement et de personnel qualifié.

Il n’existe par exemple qu’une soixantaine de machines d’assistance respiratoire fonctionnelles en Afghanistan… Pour quelque 35 millions d’habitants. Ces machines sont réparties entre l’hôpital français et l’hôpital afghan-japonais… Deux structures privées à Kaboul auxquelles, de toute manière, la plupart des Afghans n’ont pas les moyens d’accéder.

À Hérat, les mosquées, écoles et restaurants sont censés être fermés, mais ces mesures sont largement ignorées. «Si je ferme, je devrai mettre la clé sous la porte», soupire Hamed, gérant d’un petit troquet dans le centre-ville. «Je préfère encore avoir le coronavirus!» À la mosquée bleue, l’une des plus grandes du monde musulman, les fidèles continuent d’affluer.

Sur le tard, le gouvernement central a institué samedi dernier un confinement de trois semaines à Kaboul. Mais peu d’Afghans respectent cette nouvelle règle et semblent conscients de la dangerosité du virus. Ahmed, chauffeur de taxi, reprend une phrase lancée par nombre de ses compatriotes: «Nous avons survécu à 40 ans de guerre… Nous survivrons bien à un petit virus!»

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