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Éditorial – Grand Conseil Vaudois: Voici mon «registre des intérêts»

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Éditorial – Grand Conseil VaudoisVoici mon «registre des intérêts»


La rumeur l’annonçait depuis le congrès PLR Vaud d’Aigle l’automne dernier. Le député et futur conseiller national Alexandre Berthoud avait ensuite précisé au parlement qu’il la déposerait. Mais c’est finalement l’UDC Cédric Weissert qui a joué le porteur d’eau motionnaire, surfant sur la belle vague collaborative de l’Alliance vaudoise. Il faut, ont signé vingt élus de cette dernière,
un registre des «intérêts» qui lient les journalistes à des partis ou des associations, au nom du «principe de transparence». Et tout le monde sait qu’en la matière, la droite a toujours été pionnière.

Le registre des intérêts des députés est effectivement un document passionnant qui permet d’éviter toute dérive démocratique, de connivence, de corruption. Celui de Cédric Weissert nous apprend qu’il est cadre bancaire à la Banque Cantonale Vaudoise, président du HC Écublens, membre de la SICOL, de l’Association des employés de banque diplômés (AEBD), de la Commission de recours en matière d’impôts communaux et de taxes, de la Commission thématique des affaires juridiques 2017-2022 du Grand Conseil, suppléant de la Commission d’urbanisme pour la commune d’Écublens, et du groupe de concertation politique du plan directeur intercommunal (PDi) de l’Ouest lausannois, conseiller communal d’Écublens. Intéressant, non?

«Enfant, j’ai joué au tennis avec un conseiller d’État radical élu.»

Si vous lisez mes éditos ou mes profils sur les réseaux sociaux, vous en saurez probablement bien plus sur moi que sur Cédric Weissert. On pourrait aussi ajouter à mon «registre des intérêts» que j’ai cofondé le UHC Eagles, été membre de l’Association des buveurs d’orge, aujourd’hui dissoute. Ah oui, en plus, en marge des votations fédérales de dimanche, j’annonce que j’ai une carte de donneur d’organes et de sang. Dans mes relations ou activités troubles, j’aime bien mâcher du mastiha grec que m’a fait goûter un jour un partisan communiste et, enfant, j’ai joué au tennis avec un conseiller d’État radical élu.

Cette motion vise «des éditeurs dont les médias perçoivent des aides publiques cantonales (…) ou qui sont soumis à des obligations de service public en raison de la perception d’une concession ou d’une subvention». Alors, pour rassurer tout le monde sur mon indépendance, j’ai signé et appliqué un contrat qui stipule en ses points 5.1 alinéas a) à e) l’interdiction d’être affilié à un parti, d’exercer un mandat politique ou d’être membre d’un conseil d’administration, ne serait-ce qu’à titre bénévole. Le surlendemain de la publication du classement mondial de la liberté de la presse, où la Suisse a encore perdu quelques rangs, il y a peut-être mieux à faire que de dresser un inventaire inutile des accointances médiatiques où l’on n’apprendra pas grand-chose.

Claude Ansermoz est diplômé de l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille (ESJ) et travaille au sein de «24 heures» depuis 2003. Il a dirigé la rubrique Suisse, avant de devenir correspondant à Paris pour couvrir l’élection présidentielle de 2007. Il prend la rédaction en chef du titre en octobre 2017.

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@Cansermoz

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