Switzerland

Des mobilités pas si douces

Marc Moulin
Rubrique Genève

C’est le divorce, sur la Voie verte. Des pétitions réclament une séparation accrue entre cyclistes et piétons, les seconds gênant les premiers qui tendent à voir dans le nouvel axe un itinéraire express. Bref, entre les mobilités douces, le ton se durcit.

Les pétitions ont le mérite de lancer un débat nécessaire alors que la Voie verte juchée sur le toit du CEVA doit se prolonger à travers tout le canton, que d’autres sont en gestation et que prolifèrent de nouvelles formes de mobilité, souvent définies a priori douces, bien que dotées d’une propulsion électrique plus ou moins forte.

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Veut-on par exemple consacrer un site prisé comme la rive gauche de l’Arve aux Vernets à des déferlantes de vélos électriques pouvant atteindre 45 km/h et les faire cohabiter avec des enfants ou des personnes âgées en balade? On voit bien que les piétons, plus vulnérables car moins rapides, seront expulsés. Impensable. Dans le même temps, la revendication de vitesse et de sécurité des pendulaires à deux-roues est légitime. On a trop longtemps vu les aménagements cyclables comme relevant du pur loisir, sans contrainte horaire.

C’est faux et c’est tant mieux pour la planète. Faute de pouvoir toujours dissocier les flux à l’infini, il s’impose de rendre les chaussées plus sûres pour les pédaleurs pressés qui, même dépourvus de carrosserie, souhaitent arriver à leurs rendez-vous vivants et à temps. Voilà qui implique de rendre les engins armés de tôle plus inoffensifs en milieu urbain.