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Déconfiture de la Fondation de Beaulieu: Argent du canton utilisé correctement mais gouvernance floue, selon la COGES

Déconfiture de la Fondation de BeaulieuArgent du canton utilisé correctement mais gouvernance floue, selon la COGES

Le rapport de la Commission de gestion du Grand Conseil vaudois a été dévoilé ce vendredi.

Publié aujourd’hui à 16h43

Aujourd'hui, le site de Beaulieu a été repris en main de la Ville de Lausanne exclusivement, avec la création d'une société anonyme (archives).

Aujourd'hui, le site de Beaulieu a été repris en main de la Ville de Lausanne exclusivement, avec la création d'une société anonyme (archives).

Keystone/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

La Commission de gestion du Grand Conseil vaudois a rendu ce vendredi son rapport sur la débâcle de la Fondation de Beaulieu. Elle conclut que l’argent du canton, près de 70 millions de francs, a été correctement utilisé. Elle souligne en revanche une gouvernance floue.

«A notre connaissance, il n’y a eu ni scandale ni malversations sur l’argent cantonal», explique à Keystone-ATS Monique Ryf, présidente de la Commission de gestion (COGES). Les deux crédits de 30 millions (1999) et de 36,8 millions (2009) de francs ont été «utilisés à ce pour quoi ils étaient destinés» s’agissant de Beaulieu, site historique de foires et congrès de Lausanne, affirme-t-elle.

Ces deux sommes avaient été approuvées par le Grand Conseil. Les 30 millions de dotation de capital en 1999 ont été utilisés pour le remboursement des dettes de la Société coopérative de Beaulieu, mais la Fondation de Beaulieu (FdB) n’a ensuite pas trouvé la capacité de financer les nouveaux investissements nécessaires. Les 36,8 millions de 2009 ont, eux, servi à la reconstruction des Halles sud, certifie la COGES.

CEP refusée en 2020

Le travail d’investigation de la COGES fait suite au refus par les députés vaudois de mettre sur pied une Commission d’enquête parlementaire (CEP) en septembre 2020. Le mandat de la COGES ne concerne que l’utilisation des crédits cantonaux dans cette affaire.

Après le remboursement des dettes, la FdB n’a pas trouvé ensuite «la capacité de financer les nouveaux investissements nécessaires», note cependant le rapport de la COGES. Quant aux 36,8 millions, ils «s’inscrivaient dans une stratégie d’investissements de 100 millions, non concrétisée, qui prévoyait aussi la rénovation des Halles nord et des travaux d’entretien lourds du bâtiment principal», ajoute-t-il.

La vétusté du site et l’ampleur des travaux ont en outre aussi été sous-évaluées, poursuit le rapport. La COGES s’étonne d’ailleurs de l’absence d’état des lieux des bâtiments au moment du rachat à la Société coopérative de Beaulieu par la FdB qui lui a succédé.

«Gouvernance complexe et mélangée»

Au final, le rapport pointe du doigt une «gouvernance floue» et clairement «perfectible». La vision stratégique pour Beaulieu reposait sur un modèle d’affaires «très positif et trop optimiste» s’agissant de la tenue de foires, de congrès, de manifestations et d’expositions, «alors tous les signes conjoncturels montraient un déclin de la fréquentation», relève Monique Ryf. La remise en question du Conseil de fondation (CdF) a été trop tardive, celui-ci peinant à repenser le modèle économique, écrit la COGES.

L’échec du projet de la haute tour Taoua en 2014 a aussi forcé à une réorientation stratégique vers davantage de diversification des activités et des acteurs, «mais la structure et la gouvernance du CdF n’ont pas été adaptées aux nouvelles missions que s’appropriait la FdB qui passait d’exploitante d’un parc immobilier à opérateur en charge d’accueillir les événements».

Ici, la COGES dénonce une gouvernance «complexe et mélangée» entre des autorités de la Ville de Lausanne et du Canton de Vaud qui a montré toutes ses limites, paralysant la prise de décision et expliquant un management flou, résume le rapport.

Personne n’a osé tirer la prise du Comptoir suisse

Chaque partie s’est renvoyé la responsabilité de l’avenir du site, vitrine tant pour la Ville que le Canton. «Aucune autorité n’a osé porter la responsabilité de la mesure la plus drastique, à savoir ‘tirer la prise de Beaulieu', sous-entendu du Comptoir suisse», écrit la COGES.

Celle-ci revient aussi sur «la complexification et l’opacité de la comptabilité ainsi que l’organisation développée par le secrétaire général de l’époque, limitant le suivi par les représentants du CdF». Elle estime toutefois qu’ils auraient pu «se montrer plus insistants et persévérants dans leurs demandes», relavant au passage qu’«un certain flou» régnait aussi concernant les interactions entre l'Etat et ses représentants au CdF. Un manque de curiosité qui pourrait également être imputable à l’organe de révision, le même de 1999 à 2017, qui malgré la situation, n’a relevé aucun manquement, interpelle le rapport.

Enquête pénale

Pour rappel, une enquête pénale contre l’ancien secrétaire général de la FdB (2001-2017), blanchi dans un premier temps, a été rouverte au printemps 2020 à la demande du Tribunal cantonal pour déterminer un éventuel cas d’escroquerie. Il fait face à de nombreux soupçons: surfacturation, opacité dans les comptes ou mandats attribués à des proches sans appels d’offres.

Aujourd’hui, le site de Beaulieu a été repris en main de la Ville de Lausanne exclusivement, avec la création d’une société anonyme, et la FdB donc dissoute.

ATS

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